Quelques minutes après leur victoire de 21-17 aux dépens des Stampeders de Calgary qui a concrétisé leur place en séries, plusieurs joueurs de la défense des Alouettes étaient réunis autour de John Bowman dans le petit vestiaire de l’équipe au stade Percival-Molson, hier.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

Après un bref discours du vétéran, les joueurs de l’unité ont trinqué et ont bu un petit verre de rhum des plus mérité.

Déjà amputée de plusieurs joueurs réguliers, la défense des Alouettes a perdu deux autres morceaux, hier. Le secondeur Tevin Floyd et le demi de coin Ryan Carter sont tombés au combat à leur tour et ont respectivement été remplacés par les Canadiens D.J. Lalama et Dominique Termansen.

Lalama, Termansen, Jarnor Jones et tous les autres membres de l’unité du coordonnateur Bob Slowik n’ont pas donné le moindre point à Bo Levi Mitchell et à l’attaque des Stampeders en deuxième demie. Le quart des Stamps avait pourtant lancé pour 313 verges en première demie ! Il a fini la rencontre avec 464.

La grande différence aura été les quatre revirements réussis par la défense montréalaise. Presque tous les joueurs ont contribué : Patrick Levels, Bo Lokombo et Henoc Muamba ont provoqué des échappés ; Jones, Termansen et Greg Reid fils ont récupéré ces échappés ; enfin, le plaqueur Ryan Brown a réussi une interception.

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John Bowman était heureux de savoir qu’il renouerait avec les éliminatoires après une absence de cinq ans.

En plus de ces jeux, le spécialiste des retours Mario Alford a inscrit un touché de 85 verges à son premier match avec les Alouettes, ce qui a redonné le « momentum » à son équipe.

« Je suis extrêmement fier de notre défense. Elle a accordé beaucoup de verges en première demie, mais elle a blanchi les Stampeders en deuxième demie et ça en dit beaucoup au sujet de ce groupe de joueurs, ainsi que de Bob Slowik et de ses adjoints. On a eu plusieurs blessés. C’était spécial de voir comment notre défense a joué », a résumé l’entraîneur-chef Khari Jones.

Vernon Adams fils a connu un match sans éclat, complétant 18 de ses 29 passes pour 206 verges et aucune passe de touché. Il n’a toutefois commis aucune erreur majeure.

« La défense a joué avec tellement de combativité [hier]. Plusieurs joueurs ont dû quitter le match, notamment Henoc [Muamba], qui est revenu au jeu et qui a réussi plusieurs jeux importants. Jarnor Jones, Greg Reid, tous les joueurs en ont fait. Je leur lève mon chapeau », a dit Adams fils.

Du bon « coaching »

En plus des joueurs défensifs mentionnés précédemment, notons que le bloqueur à gauche Tony Washington a également quitté la partie d’hier, blessé à une jambe. On ne compte plus le nombre de réservistes qui ont dû contribuer chez les Alouettes cette saison.

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Le bloqueur à gauche Tony Washington a quitté la partie d’hier, blessé à une jambe.

Cela démontre deux choses en particulier. D’abord, la profondeur de l’équipe a été grandement améliorée par rapport aux dernières années. Ensuite, les entraîneurs font de l’excellent travail en préparant bien leurs joueurs de soutien.

« J’ose espérer qu’on y est pour quelque chose, mais pour finir, nos joueurs croient en cette équipe, et nous, les entraîneurs, croyons en eux. Nos réservistes qui sont lancés dans la mêlée réussissent tous des jeux, comme Termansen, Jones ou Lalama [hier]. Ces joueurs s’entraînent avec nous tous les jours et on a confiance en eux », a expliqué Jones.

« Notre mentalité est que tous nos joueurs peuvent et doivent faire le travail. On aime tous se présenter au travail et on se fait tous mutuellement confiance. Nous sommes avec cette équipe pour une raison, on sait tous bien jouer au football », a dit Lalama, un as des unités spéciales qui a très bien fait comme secondeur, hier.

Lalama a également eu de bons mots pour Slowik, qui a apporté les ajustements nécessaires une fois de plus durant la mi-temps.

« C’est un entraîneur formidable. Il nous place dans de bonnes positions pour réussir des jeux, mais il nous laisse également jouer notre style de football. Il n’est pas le type d’entraîneur à vouloir constamment tout imposer. »

Bowman reste prudent

C’était la première fois depuis 2009 que les Alouettes remportaient leurs deux matchs de la saison contre les Stampeders. Leur victoire a également confirmé qu’ils disputeraient un premier match éliminatoire depuis 2014, à la grande joie des 18 454 spectateurs présents, hier.

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Les Alouettes ont toujours huit points de retard sur les Tiger-Cats de Hamilton au sommet de la division Est.

« Les Stampeders occupent le premier rang dans l’Ouest et on sait tous quel genre d’équipe ils forment. Alors, les avoir vaincus à deux reprises cette saison est vraiment un bel exploit », a noté Khari Jones.

« C’est la première fois en cinq ans qu’on participera aux éliminatoires, c’est donc une très belle sensation. Même si j’aurais aimé mieux jouer [hier], c’est un bel exploit pour l’équipe », a commenté Adams fils.

Doyen du club, John Bowman était visiblement heureux de savoir qu’il renouerait avec les éliminatoires après une absence de cinq ans. Mais après avoir trinqué avec ses coéquipiers, le vétéran de 14 saisons pensait déjà au prochain match des siens.

« Ce n’est pas terminé, on va essayer de terminer en première position jusqu’à ce que ce soit impossible mathématiquement. On sera de retour au travail dès demain, puis de retour à l’entraînement, mardi, comme si rien ne s’était produit aujourd’hui. »

Les Alouettes ont toujours huit points de retard sur les Tiger-Cats de Hamilton au sommet de la division Est. S’ils terminent deuxièmes, ce qui est une quasi-certitude, ils accueilleront la demi-finale de l’Est au stade Percival-Molson, le 10 novembre. Bowman ne voulait pas entendre parler de ce rendez-vous, hier.

« Je ne me préoccupe pas de novembre pour l’instant. Je vais me concentrer sur le 12 octobre, car c’est la date de notre prochain match à Winnipeg. »