Randy Ambrosie était à Montréal, hier. Le commissaire de la Ligue canadienne n’a cependant pas assisté au match entre les Alouettes et le Rouge et Noir et n’a pas voulu accorder d’entrevues.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

Plusieurs informations continuent de circuler dans le dossier de la vente des Alouettes, qui traîne en longueur et qui s’approche dangereusement de la zone du ridicule. Tandis qu’Ambrosie cherche la bonne solution, d’autres acteurs du dossier semblent se servir des médias pour faire avancer leur cause.

Manifestement, il y a eu un problème avec la candidature des frères Lenkov. Ce n’est pas Amazon ou Bombardier qui est à vendre. Ça ne prend pas des mois pour analyser la situation financière des Alouettes.

En gros, l’équipe fait ses frais lorsqu’elle dispute un match éliminatoire. Sinon, elle perd quelques millions annuellement, à condition de bien gérer ses affaires et de ne pas faire d’excès. Pas besoin de faire des études de marché exhaustives et d’analyser les chiffres jusqu’au jour de l’An pour se faire une bonne idée.

Lors d’un match à Winnipeg qui était diffusé sur TSN, il y a quelques semaines, Ambrosie parlait comme si la vente aux Lenkov n’était plus qu’une formalité. C’était avant même que ceux-ci ne célèbrent la victoire des Oiseaux contre Edmonton, comme si le club leur appartenait déjà, un match qui a eu lieu il y a deux semaines.

Bref, si les Lenkov avaient sérieusement l’intention d’acheter l’équipe et les moyens de le faire sans un appui substantiel d’autres investisseurs, ce serait fait.

Les Lenkov ont-ils besoin d’investisseurs pour les aider ? Très possible. Ont-ils tout simplement voulu vivre dans la peau de propriétaires d’équipe professionnelle sans vraiment l’être durant une semaine ou deux ? Possible aussi. Dans cette saga, plus rien ne nous surprendrait.

Ce qui est clair, c’est qu’Ambrosie et la ligue ont très mal géré le dossier. D’abord en s’obstinant à ne pas annoncer que la famille Wetenhall s’était défaite de l’équipe et l’avait vendue à la ligue jusqu’à ce que la situation devienne intenable. Ensuite en laissant croire que la vente de l’équipe aux Lenkov était pratiquement un fait accompli.

L’interminable feuilleton doit connaître son dénouement le plus tôt possible. La plus belle et inspirante séquence des Alouettes depuis au moins cinq ans est actuellement reléguée à l’arrière-plan. C’est pourtant la seule chose qui peut ultimement sauver cette équipe : des victoires et de l’intérêt.

Enfin, lorsque la LCF aura placé la dernière pièce du casse-tête à Montréal, elle devra se pencher très sérieusement sur la situation des Argonauts à Toronto. Il devait y avoir moins de 3000 spectateurs au BMO Field lors de leur victoire contre Winnipeg, jeudi soir.

Lorsque les deux plus importants marchés d’une ligue qui compte neuf équipes en arrachent autant que le font actuellement les Alouettes et les Argonauts, la situation est extrêmement inquiétante. À moins d’un éventuel partage des revenus entre les neuf équipes, comme on en voit dans la NFL et la LNH, le petit circuit canadien n’est probablement pas au bout de ses peines.