Il y a eu Matthieu Proulx, Étienne Boulay, puis Marc-Olivier Brouillette. Depuis ce temps, c’était la traversée du désert à la position de maraudeur chez les Alouettes.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

Normalement, les équipes de la LCF souhaitent utiliser un joueur national comme maraudeur puisque c’est ce qu’on appelle une «position canadienne». Or, les Alouettes ne sont jamais parvenus à trouver le bon candidat à cette position depuis les belles années de Brouillette, au début de la décennie actuelle.

L’organisation espère toutefois avoir réglé le problème grâce à l’embauche du Canadien Taylor Loffler. En plus de consolider la position de maraudeur, le joueur de 27 ans ajoutera un élément de robustesse à une tertiaire qui en avait immensément besoin.

«Je suis le maraudeur le plus imposant de la ligue [6 pi 4 po et 225 lb] et les coups d’épaule sont ma marque de commerce. Je pense que je peux aider la tertiaire et la défense en nuisant au jeu des receveurs, qui échappent parfois des passes lorsqu’ils entendent des pas venir vers eux…»

Le porteur de ballon William Stanback est d’accord.

«J’ai joué contre lui la saison dernière et je suis très heureux qu’il fasse maintenant partie de notre équipe! Il ajoute un élément de robustesse et d’intensité à une défense, il n’y a aucun doute là-dessus», a estimé Stanback, qui n’est pas un gringalet, lui non plus.

De l’avis de Mike Sherman, les grandes enjambées de Loffler auront un tout aussi grand impact sur la défense des Alouettes que ses coups d’épaule. «Il peut couvrir beaucoup de terrain dans les zones profondes et ça aidera certainement notre défense», a dit l’entraîneur-chef, hier.

Antécédents de blessures

Loffler a été choisi pour faire partie de l’équipe d’étoiles de la Ligue canadienne à chacune de ses trois premières saisons. Il a totalisé 185 plaqués défensifs, 8 interceptions et a provoqué 7 échappés. Mais curieusement, les Blue Bombers de Winnipeg ne lui ont pas offert de nouveau contrat lorsque le marché des joueurs autonomes s’est ouvert en février.

«Ils ne m’ont soumis aucune offre. Je ne sais pas si c’était pour des raisons de plafond salarial. C’est possible. Toujours est-il que je me sens très choyé de faire partie des Alouettes à présent.»

Si les Blue Bombers ont décidé de laisser Loffler quitter le Manitoba, c’était peut-être parce qu’ils craignaient les blessures. Le maraudeur n’a raté que quatre matchs dans la LCF, mais c’était une tout autre histoire précédemment.

C’est après avoir accepté une bourse d’études de l’Université d’État de Boise que les ennuis ont commencé pour celui qui est né à Regina, mais qui a grandi au Montana et à Kelowna, en Colombie-Britannique.

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE

Taylor Loffler a disputé les trois premières saisons de sa carrière avec les Blue Bombers de Winnipeg.

«Je me suis déchiré un ligament d’un genou avant d’arriver à Boise State, mais l’Université a tout de même respecté son engagement et m’a accordé une bourse d’études.

«J’ai ensuite subi une deuxième déchirure ligamentaire au genou, une sérieuse blessure à l’aine, puis j’ai été opéré aux deux hanches. Je n’ai finalement pu jouer qu’une seule saison sur quatre à Boise et ça n’a pas été facile comme période. Mais je suis tout de même parti de là avec un diplôme en commerce en poche.»

Après quatre saisons marquées par les blessures dans l’Idaho, Loffler est rentré au pays et a tenté sa chance une dernière fois.

«Je me sentais bien physiquement à ce moment et c’est pour cette raison que je suis allé à [l’Université de la Colombie-Britannique]. Ce fut une bonne décision, car tout fonctionne très bien pour moi depuis.»

Période d’adaptation

Les équipes de la LCF n’avaient vraisemblablement pas oublié les ennuis de santé de Loffler lors du repêchage d’il y a trois ans. Classé 11e espoir disponible par le Bureau de recrutement de la LCF, Loffler n’a été que le 19e joueur choisi.

«Il n’y a aucun doute que c’était à cause des blessures, et je le comprends. Je suis convaincu que c’est également pour cette raison que je n’ai jamais reçu d’offre de la NFL. C’est un business et les équipes ne peuvent pas vraiment se permettre de trop miser sur un joueur qui a eu autant de blessures.»

«Je suis reconnaissant d’avoir pu commencer ma carrière à Winnipeg et d’avoir une nouvelle occasion à Montréal.» — Taylor Loffler

À l’exception du centre-arrière Christophe Normand, son coéquipier à Winnipeg en 2016 et en 2017, Loffler ne connaît pratiquement personne chez les Alouettes.

«C’est difficile lorsqu’on rencontre 80 nouveaux joueurs en peu de temps. Ça prend un certain moment avant de trouver une zone de confort avec de nouveaux coéquipiers, mais ça se passe tout de même assez bien jusqu’à maintenant. C’est un nouveau système défensif, alors on est tous dans le même bateau.»

Du renfort pour la tertiaire

Sur papier, la tertiaire des Alouettes est un peu mince actuellement. Le directeur général Kavis Reed a toutefois ajouté une pièce intéressante, hier, en s’entendant avec le demi de coin Ciante Evans.

Joueur de 26 ans, Evans a disputé les quatre dernières saisons dans l’uniforme des Stampeders de Calgary. Il a ensuite tenté l’aventure de l’Alliance of American Football avec les Stallions de Salt Lake.

En 48 matchs dans la LCF, Evans a accumulé 127 plaqués et a réussi 9 interceptions. Il a fait partie de l’équipe d’étoiles de la ligue en 2017 et de celle de la division Ouest en 2018. Evans n’était pas présent lors des deux entraînements d’hier au stade Percival-Molson.