Si pour l'entraîneur-chef des Alouettes de Montréal, Mike Sherman, le football est comme une pièce de théâtre, Johnny Manziel a visiblement manqué de répétitions pour faire son entrée en scène, jeudi soir.

Mis à jour le 27 juill. 2018
Simon Servant LA PRESSE CANADIENNE

Acquis des Tiger-Cats de Hamilton dimanche, c'est installé sur les lignes de côté que l'ancien gagnant du trophée Heisman en 2012 a été témoin de la défaite de 44-23 des Alouettes aux mains des Eskimos d'Edmonton.

Les spectateurs ont eu beau scander qu'ils voulaient voir Manziel, Sherman n'a pas bronché et a refusé de jeter son nouveau quart dans la gueule du loup. Surtout pas après que ce dernier n'eut pris part qu'à quelques entraînements.

«J'ai senti que je ne devais pas envoyer Johnny dans la mêlée. Je n'allais pas mettre sa carrière en jeu après seulement une journée d'entraînement. Quand tu commences à écouter les partisans, ça ne prend pas de temps que tu en deviens un, a mentionné Sherman. C'est comme présenter une pièce de théâtre sur Broadway après seulement une répétition. Ça ne fonctionne pas.»

Fraîchement arrivé à Montréal depuis lundi, Manziel s'est légèrement entraîné avec ses coéquipiers, mais comme les Alouettes (1-5) devaient composer avec une courte semaine de repos entre ses deux parties, il n'avait que quelques journées pour bien assimiler le livre de jeux.

C'est entre autres cet aspect technique qui a freiné les premiers pas de Manziel dans l'uniforme des Oiseaux. Sans compter que les Eskimos (4-2) n'ont eu aucune pitié pour le partant Vernon Adams fils, qui en était à un premier départ cette saison.

«Johnny connaît déjà plusieurs choses en ce qui a trait au football, mais pas sous notre terminologie, a fait valoir l'entraîneur-chef des Alouettes. Il ne possède pas encore ce synchronisme avec les joueurs non plus. Je ne voulais pas l'envoyer sur le terrain et le voir hésiter. Il aurait pu se blesser.»

Malgré des ennuis à l'attaque contre les Eskimos, Adams a été l'homme de confiance de Sherman pendant toute la durée de la rencontre. L'entraîneur-chef n'avait rien promis à Manziel, qu'il connaît depuis son année recrue avec les Aggies de l'Université Texas A&M.

«J'ai discuté avec Johnny et je lui ai dit que j'allais porter attention à la façon dont le match se déroulerait, a affirmé Sherman. Si nous avions eu la victoire dans la poche, que la protection était bonne et qu'il se sentait à l'aise, nous aurions pu essayer des choses. Dans ma tête, il y avait environ 20 pour cent des chances qu'il joue.»

Adams a connu un bon début de match jeudi, aidant les Alouettes à prendre les devants 10-3 au deuxième quart, mais les choses se sont envenimées lorsqu'il a lancé une interception qui a fait basculer la partie.

Souvent pressé par la défensive adverse, Adams a conclu l'affrontement en réussissant 15 de ses 28 passes pour des gains aériens de 217 verges en plus d'inscrire un touché au sol.

Alors que les Tiger-Cats s'amènent en ville vendredi prochain, il est attendu que Manziel effectue un premier départ en carrière dans la Ligue canadienne de football. Sherman n'a toutefois pas dévoilé ses cartes, laissant planer le doute quant à l'identité de son quart partant.

«Je ne prends pas de décision sur le coup des émotions. Nous n'avons remporté qu'une seule victoire et je suis déçu, mais l'issue du match n'influence pas ma décision», a-t-il fait savoir.

Une chose est sûre, les partisans des Alouettes et Manziel devront encore s'armer de patience pendant que l'équipe semble vouloir répéter ses déboires de 2017.