Il aura fallu très peu de temps pour constater que Tanner Marsh n'est pas trop le genre de quart-arrière qui a froid aux yeux. L'Américain de 23 ans ne craint ni de se faire plaquer, ni de tenter des passes risquées.

Miguel Bujold LA PRESSE

En anglais, on appelle ce genre de quart-arrière un «gunslinger». Des quarts comme Brett Favre ou Ben Roethlisberger, par exemple, qui réussissent souvent des jeux aussi inespérés que spectaculaires, mais qui coûtent aussi des victoires à leur équipe parce qu'ils sont parfois trop téméraires avec le ballon. Marsh avoue qu'il a ce style de jeu.

«Un peu, oui. Mais lorsqu'on est un "gunslinger". il faut être intelligent. Et jeudi dernier, je n'ai pas été intelligent. J'ai lancé plusieurs mauvaises passes», a reconnu hier le gaillard de 6'4 et 218 lb.

Tantôt brillant, tantôt mauvais, Marsh n'a réussi que 43,8% de ses passes dans la victoire de 39-38 des Alouettes sur les Lions de la Colombie-Britannique. Il a surtout commis 6 revirements, dont 4 interceptions, en approximativement 45 minutes de jeu...

«Je suis un jeune joueur, mais je ne peux pas me permettre de commettre des erreurs de débutant, surtout pas dans les rangs professionnels. Je ne peux pas nuire à l'équipe de cette façon», a dit Marsh après l'entraînement des Alouettes.

Les chances qu'une équipe remporte un match au cours duquel son quart-arrière totalise six revirements sont à peu près nulles. Or, Marsh a réussi assez de jeux-clés pour conduire les siens à leur troisième victoire de la saison.

«J'ai beaucoup de choses à améliorer. Je ne peux pas toutes les énumérer, car il y en a trop. Mais on a remporté le match et c'est tout ce qui compte», a noté Marsh, qui a terminé le match avec 329 verges par la passe et 71 au sol.

«Il a établi toutes sortes de records d'équipe [à l'Université Arkansas Tech] et il a récolté près de 500 verges au sol en une saison», a souligné l'entraîneur-chef et DG Jim Popp, qui estime que Marsh possède les outils nécessaires pour connaître une belle carrière.

«Le potentiel est là, mais on ne sait jamais ce que ça donnera tant et aussi longtemps qu'il n'aura pas joué. Il possède le gabarit, le bras et la mobilité pour avoir du succès.»

Assurance et confiance

De toutes les choses qu'il souhaite améliorer, Marsh croit que c'est avant de décocher ses passes qu'il a le plus de travail à faire.

«Je dois être plus précis lorsque je recule pour lancer le ballon. Je suis un peu trop excité, alors je recule trop rapidement et ça nuit au synchronisme avec mes receveurs», a-t-il expliqué.

Cela n'a toutefois pas trop nui à son synchronisme avec Éric Deslauriers, qui, pour la première fois en 7 ans de carrière, a atteint le plateau des 100 verges dans un match, jeudi soir.

En plus de récolter 101 verges, Deslauriers a saisi la passe de 57 verges qui a permis aux siens de surprendre les Lions dans les derniers instants du 4e quart.

«Même s'il n'a que 23 ans, il a beaucoup de confiance et d'assurance. Que ce soit à la suite d'une passe de touché ou d'une interception, il revenait toujours au banc avec la même confiance», a affirmé Deslauriers au sujet de Marsh.

Calvillo: vendredi au plus tôt

Anthony Calvillo a participé à des réunions d'équipe, hier, mais n'était pas présent au stade Hébert. On ne sait toujours pas s'il sera en mesure d'affronter les Argonauts à Toronto le 3 septembre.

«S'il revient au jeu cette semaine, on a déjà pris la décision que ce ne serait pas avant vendredi au plus tôt», a indiqué Popp.

Si Calvillo doit rater un deuxième match d'affilée, Popp a dit que Marsh obtiendrait fort probablement son premier départ en carrière, lui qui est venu en relève à Josh Neiswander contre les Lions.

On ne sait pas plus si Brandon Whitaker (épaule), Josh Bourke (genou) et Kyries Hebert (genou) seront de la formation à Toronto, mais les deux premiers se sont entraînés avec l'équipe, hier. Brandon London (commotion cérébrale) a également pris part à l'entraînement et devrait affronter les Argos.