Pour une septième année consécutive, de nouveaux champions seront couronnés au Super Bowl, le 5 février, à Indianapolis. Les Packers ont choisi un bien mauvais moment pour disputer leur pire match de la saison, corrigés 37-20 par les Giants de New York, hier à Green Bay.

Mis à jour le 16 janv. 2012
Miguel Bujold LA PRESSE

On dit souvent qu'il est plus difficile de rester au sommet que de s'y rendre, et on vient de le constater à nouveau. Grands favoris pour remporter un deuxième titre de suite, les Packers ont commis quatre revirements -cinq si on compte l'échappé de Greg Jennings, une décision qui a inexplicablement été renversée -, tandis que les Giants n'en ont commis qu'un seul.

Contrairement à son habitude, Aaron Rodgers a été incapable d'élever son niveau de jeu lorsqu'il le fallait en deuxième demie, et les receveurs des Packers ont échappé huit passes. Une équipe amorphe, déconcentrée, et qui n'avait plus la fameuse soif de vaincre. Dans un sport où une seule performance ordinaire vous élimine, les Packers étaient cuits.

Précisons tout de suite que les Giants n'ont rien volé. Tom Coughlin et ses joueurs sont arrivés au Lambeau Field fin prêts, ne commettant à peu près aucune erreur d'exécution. Menés par Eli Manning - qui fait maintenant partie des cinq meilleurs quarts de la ligue -, les G-Men ont offert toute une leçon de football aux Packers.

Manning a profité d'une solide protection; Hakeem Nicks (7 attrapés, 165 verges, 2 touchés) et les autres receveurs n'ont eu aucune difficulté à se démarquer; et en plus de provoquer tous ces revirements, la défense a limité chacun des receveurs des Packers à 45 verges ou moins.

Les Giants doivent-ils maintenant être considérés les favoris pour tout gagner? En tout cas, il s'agit certainement de l'équipe la mieux équilibrée du carré d'as.

Victoire épique des Niners

La majorité des observateurs s'attendait à une finale opposant les Packers aux Saints de La Nouvelle-Orléans dans la Conférence nationale, moi le premier. Ce seront plutôt les Giants et les 49ers qui s'affronteront, dimanche prochain (18h30), à San Francisco.

Comme les Giants, les Niners ont causé une surprise parce qu'ils ont nettement remporté la bataille des revirements (5-1) contre les Saints. On peut faire parler à peu près tous les chiffres lorsqu'on analyse les statistiques au football. Mais il y en a une qui ne ment pas, celle des revirements.

Les Saints ont effacé un déficit de 17 points et semblaient être venus à bout des 49ers et de leur imposante défense, une unité qui s'améliore de match en match. Tirant de l'arrière par trois points avec moins de deux minutes à disputer au quatrième quart, Alex Smith a plutôt orchestré une série victorieuse qui s'est finie par un touché de Vernon Davis, qui a joué le match de sa vie (7 attrapés, 180 verges, 2 touchés).

Smith a lancé trois passes de touché et n'a jamais paniqué dans la victoire de 36-32 de ses Niners. Après sa victoire contre Drew Brees, il n'y a plus personne qui rit de lui.

Les Saints, eux, n'ont rien fait pour se débarrasser de cette étiquette d'équipe qui ne joue bien qu'à domicile, dans le confort et le bruit de leur Superdome. Une équipe de «dôme», répètent justement certaines personnes. Difficile de les contredire. N'oublions pas leur élimination surprise de l'année dernière, à Seattle.

Les Corbeaux à Foxborough

Autre preuve que les revirements représentent presque toujours le facteur décisif dans un match de football: le revers des Texans de Houston, à Baltimore. Les Ravens seraient-ils toujours en vie si les Texans n'avaient pas passé l'après-midi à leur donner le ballon (quatre revirements et aucun pour les Corbeaux)? Non.

Les Texans ont perdu parce que T.J. Yates (trois interceptions) a voulu jouer au héros. Et que dire du jeu de Jacoby Jones en début de match? La meilleure façon de redonner tout le «momentum» à l'adversaire que de perdre un botté de dégagement de la sorte.

Les vieux Ravens ne sont plus donc qu'à une seule victoire du Super Bowl. Le problème, c'est que ce match aura lieu à Foxborough (dimanche, 15h). Contre les puissants Patriots, Joe Flacco et l'attaque devront absolument mieux faire que dans leur victoire de 20-13 d'hier. Sinon, son club rentrera à Baltimore bredouille.

Tom Brady a égalé un record de la NFL en réussissant six passes de touché au cours d'un match éliminatoire, samedi soir. Le monsieur est en forme. Ce n'est peut-être qu'une impression, mais Brady est peut-être un peu tanné d'entendre parler de Rodgers et de Brees.

Ray Lewis et Ed Reed veulent gagner un championnat avant la retraite. Brady est âgé de 34 ans, et qui sait pendant combien de temps encore Belichick sera sur les lignes de touche? La finale de la Conférence américaine promet, mes chers amis.

La meilleure chose qui soit ressortie du massacre des Broncos de Denver, écrasés 45-10 par les Patriots? On entendra parler un peu moins de Tim Tebow pendant deux ou trois semaines. Alléluia!