Après un début de campagne calamiteux, l’équipe cycliste Israel-Premier Tech a retrouvé de la vigueur grâce à un doublé de Jakob Fuglsang et Michael Woods au Mercan’Tour Classic Alpes-Maritimes, mardi, en France.

Publié le 31 mai
Simon Drouin
Simon Drouin La Presse

Le duo danois et canadien a profité de sa supériorité numérique dans le dernier groupe de cinq coureurs, à 7 km de l’arrivée, pour signer une victoire providentielle dans le contexte d’une relégation potentielle l’an prochain.

« Le début de saison n’a pas été simple, on n’a pas eu beaucoup de grosses performances, si bien qu’on est limite au niveau des points pour le classement WorldTour, ce qui est un peu le sujet de l’heure », a noté Hugo Houle, coéquipier de Fuglsang et Woods.

Après une démonstration de force de Groupama-FDJ, mené par Thibaut Pinot dans le dernier col de Valberg, Woods a attaqué le premier, préparant un contre de Fuglsang. Cette manœuvre a placé David Gaudu, isolé, dans une position délicate. Le grimpeur de Groupama, pour qui le Québécois Antoine Duchesne s’était sacrifié plus tôt, a été forcé de chasser avec Woods sur son porte-bagages.

Gaudu n’a fait que perdre du temps sur Fuglsang, ouvrant la voie à une première victoire du Danois depuis son succès au Tour de Lombardie en 2020. Après avoir déposé le Français, Woods a franchi la ligne 31 secondes plus tard. Ce doublé a procuré plus de 200 points UCI à la formation israélo-québécoise qui se bat pour rester dans le WorldTour.

Chris Froome a contribué à la récolte en terminant 11e (15 points), lui qui ne s’était pas montré à ce niveau depuis son grave accident en 2019.

« Évidemment, avec la victoire de Jakob Fuglsang et la deuxième place de Woodsy, c’est une super journée pour l’équipe, a témoigné Froome à l’arrivée. On n’aurait pas pu demander beaucoup plus aujourd’hui. On avait un plan et c’était de durcir la course, en particulier dans les trois dernières montées. Les gars ont fait un travail fantastique. »

« Notre début de saison a été difficile, avec beaucoup de maladies, a rappelé le quadruple vainqueur du Tour de France. Les gars sont maintenant en bonne santé et on commence finalement à mettre des résultats au tableau. »

Cette épreuve de troisième catégorie (1,1), qui en est à sa deuxième présentation, n’est pas Liège-Bastogne-Liège. Sa liste de partants n’était pas la plus relevée. Mais son dénivelé positif de près de 5000 mètres, soit l’équivalent d’une étape de haute montagne, témoigne de sa dureté.

En plein cœur d’un stage en altitude à la station Isola 2000, pas très loin de là, Houle n’avait pas de très bonnes jambes pour ce Mercan’Tour. « Pourtant, ça allait bien au camp, mais je n’étais pas terrible aujourd’hui, a admis celui qui a pris le 35e rang, à 15 minutes du vainqueur. Honnêtement, je n’avais pas de sensations, pas de force. C’était une mauvaise journée, ça arrive. »

Tout le contraire de sa formation, pour qui ce rebond est prometteur en prévision du Tour de France. « C’est bon pour le moral, surtout celui de Jakob et Mike, pour les courses importantes à venir. Ça tire toujours vers le haut quand il y a de bonnes performances comme ça. Ça va donc permettre, je l’espère, de repartir sur la bonne voie pour le reste de la saison. »

Houle a souligné l’apport de son coéquipier québécois James Piccoli, qui a provoqué une première sélection dans l’avant-dernier col, et de son ami Duchesne, qui a roulé pour maintenir l’échappée à une distance raisonnable.

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James Piccoli

Duchesne, nouveau papa depuis le début du mois, faisait son retour à la compétition. Il a effectué son propre camp en altitude en traversant les Alpes depuis sa résidence près d’Annecy, avec son ami Pinot. Ils ont franchi plusieurs cols au programme du prochain Tour auquel le Saguenéen d’origine souhaite évidemment participer. Sa présence auprès de Pinot et sa prestation au Mercan’Tour sont en tout cas de bon augure.

Woods a lui aussi repris sur d’excellentes bases. « Je ne pense pas qu’on aurait pu la jouer mieux que ça aujourd’hui, s’est-il réjoui. Le but était de gagner. Finir premier et deuxième est assez sympa. C’est ce dont on a besoin en ce moment. C’est un bon début de préparation pour le Tour. »

Après ce hors-d’œuvre prometteur, les coureurs québécois doivent se retrouver au Tour de Suisse du 12 au 19 juin. Fuglsang y visera la victoire avant de s’aligner au grand départ du Tour de France à Copenhague, dans son pays natal.

Pour sa part, Froome, entraîné par le Montréalais Paulo Saldanha, tourne ses yeux vers le Critérium du Dauphiné. « Je vois une grande progression ces derniers mois, a affirmé le Britannique de 37 ans. Pour le moment, je prends les choses une semaine à la fois. Je me concentre à créer un élan et à essayer de redevenir moi-même. Je n’y suis pas, mais clairement un pas plus proche. »