Presque 11 heures à pédaler sur place tout en grimpant le dénivelé du mont Everest (8848 mètres). Voilà le défi réalisé par l’athlète de vélo de montagne Léandre Bouchard vendredi dernier.

Agence Sportcom

Avant ce défi, l’Olympien des Jeux de Rio comptait déjà à son actif deux sorties de cinq heures sur le simulateur Zwift, où des cyclistes de partout dans le monde peuvent rouler ensemble de façon virtuelle. La semaine dernière, il s’est attaqué au parcours de l’Alpe du Zwift en compagnie des ex-athlètes Catherine Fleury (vélo de montagne) et Elliott Doyle (cyclisme sur route), respectivement étudiants en médecine et en pharmacie, dans le cadre de ce Everesting.

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Saisie d'écran de l'arrivée virtuelle de Léandre Bouchard à l'Alpe du Zwift vendredi dernier.

« Je voulais que ce soit moins long, alors j’ai décidé d’aller un petit peu plus vite qu’Elliott et Catherine. La crise sanitaire nous fait faire de petites folies ! », a dit Bouchard, interviewé à la septième heure de sa randonnée-marathon.

Rester motivé

Si nous n’étions pas en temps de pandémie, Bouchard serait en train de mettre la touche finale à sa préparation pour la Coupe du monde de vélo de montagne de Nove Mesto (République tchèque), originalement prévue dans deux semaines. Cette épreuve aurait été pour lui la dernière chance d’amasser des points de l’Union cycliste internationale afin d’être retenu pour les Jeux olympiques de Tokyo.

La semaine dernière, c’était au tour de l’étape de la Coupe du monde de vélo de montagne du mont Sainte-Anne prévue à la fin août d’être annulé.

Le cycliste garde tout de même espoir qu’il accrochera à nouveau une plaque à son guidon avant la fin de 2020.

Une petite saison en début d’automne ?

« Il nous reste les deux dernières Coupes du monde en septembre, en plus de celles qui ont demandé un report de dates pour septembre ou octobre. On espère avoir une petite saison en début d’automne. Au moins, j’ai pu y goûter un petit peu en Espagne en février où j’ai fait de bonnes courses. J’ai vu que j’avais bien progressé cet hiver. »

La situation actuelle a évidemment eu un impact sur son plan concocté par son entraîneur de toujours, Jude Dufour.

« Nous y allons de façon générale, comme si j’étais au mois de décembre et je garde ma motivation avec des défis. Un challenge comme aujourd’hui (vendredi), ça me trottait dans la tête, mais en temps normal, ce n’est pas l’idéal. Là, nous avons une cause derrière ça, alors je suis content d’utiliser mes qualités de sportif pour faire quelque chose d’utile tout en me dépassant. »

Avant la mise sur pause du calendrier, Bouchard luttait contre l’Ontarien Peter Disera pour le seul billet canadien masculin disponible au moment du dernier classement des nations, lequel déterminait le nombre de places accordées aux pays.

« Ça ouvre de nouvelles possibilités. J’étais très confiant de performer à la première Coupe du monde, mais les choses sont différentes. Il y a tellement de questions en suspens, alors tout ce que je peux faire, c’est de me concentrer sur mon entraînement, mais on se doute que les critères de sélection vont peut-être changer un petit peu. J’aurai d’autres occasions pour montrer mes raisons d’être choisi », de conclure l’athlète de 27 ans.