Déplacé de près de deux mois en raison de la pandémie, le Tour de France sera lancé ce samedi à Nice, au moment où le coronavirus refait surface. Se rendra-t-il à Paris, comme prévu, le 20 septembre ? Après un faux diagnostic de COVID-19, Hugo Houle, seul Canadien au départ, est prêt pour la « grande aventure ».

Simon Drouin Simon Drouin
La Presse

Hugo Houle, prêt pour la « grande aventure »

PHOTO DAVID RAMOS, GETTY IMAGES

Hugo Houle durant la Ruta del Sol, le 20 février 2020

Depuis Nice, la voix de Hugo Houle a été enterrée par des cris de joie. Un directeur sportif d’Astana rentrait d’Italie après un aller-retour de 10 heures pour cueillir le nouveau maillot de champion d’Espagne de Luis León Sánchez, fraîchement manufacturé. Juste à temps pour la présentation officielle des coureurs du 107e Tour de France, jeudi.

Comme ses sept coéquipiers, Houle est monté sur la scène avec un masque devant un parterre clairsemé de VIP. Il a relevé ses lunettes fumées quand l’animateur, lui aussi le visage couvert, a annoncé le nom du seul Canadien parmi les 176 cyclistes qui prendront le départ de la première étape, ce samedi.

Non, ce n’est pas un Tour comme les autres. Avec près de deux mois de retard, il est lancé au moment où la France redoute une deuxième vague de COVID-19. La région Alpes-Maritimes vient d’être déclarée zone rouge après une résurgence des cas d’infection.

La semaine dernière, Houle était cloîtré chez lui à Monaco, à quelques kilomètres de Nice, après avoir reçu un diagnostic positif au nouveau coronavirus. Deux tests nasaux subséquents, en plus d’une analyse sanguine, ont déterminé que le premier résultat était erroné.

De quoi semer la confusion au moment où les équipes craignent l’exclusion du Tour si deux de leurs membres sont déclarés positifs sur une période de sept jours. La règle a été assouplie à la dernière minute : seuls les coureurs sont dorénavant concernés, une contre-vérification rapide sera menée et l’organisation de l’épreuve aura une marge de manœuvre avant de prononcer le retrait d’une formation.

Bulle mouvante

Les cyclistes et membres du personnel évolueront dans une bulle mouvante. Ce qui ne changera pas grand-chose à leur quotidien habituel, aux dires de Houle, si ce n’est l’obligation de porter le couvre-visage dans les aires communes à l’hôtel ou dans les zones de départ, où le public sera tenu à distance.

« Honnêtement, je me sens bien moins à risque quand je suis dans la bulle avec l’équipe que chez moi, où je dois sortir pour faire l’épicerie ou aller au restaurant. »

— Hugo Houle, au téléphone

Contrairement à d’autres formations, Astana n’isolera pas ses coureurs dans les chambres d’hôtel. Le Québécois de 29 ans partagera les siennes avec l’Espagnol Omar Fraile, vainqueur d’étape en 2018.

Après son baptême de l’an dernier, où il a pris le 91e rang, le natif de Sainte-Perpétue s’alignera pour la deuxième fois dans la plus grande course cycliste au monde. En théorie, il ne devait pas y être.

Quand Astana a planifié le déploiement de ses effectifs dans ce calendrier condensé et chamboulé, Houle a exprimé sa nette préférence pour le Tour d’Italie, dont le départ est prévu le 3 octobre. Il tient à accompagner son ami et meneur Jakob Fuglsang, qui a lui-même réclamé sa présence.

Inscrit comme réserviste pour le Tour, il n’a reçu l’appel que la semaine dernière. « C’est vraiment une chance que j’ai d’être là une deuxième fois. Peu importe depuis combien d’années on est professionnel, la sélection finale est toujours très, très délicate. On l’a vu cette année, avec tous les Canadiens et Québécois qui étaient en lice. »

Un rôle transformé

Après avoir été l’ombre de Fuglsang l’an dernier, Houle servira cette fois les intérêts du Colombien Miguel Ángel López, qui découvre le Tour à 26 ans.

Son rôle d’équipier s’en trouvera transformé.

PHOTO DAVID RAMOS, GETTY IMAGES

Hugo Houle conduit le peloton lors de la deuxième étape de la Ruta del Sol, en Espagne, le 20 février 2020.

Cette année, je risque d’avoir plus de liberté. Je vais pouvoir “faire” les départs et aller dans les échappées.

Hugo Houle

« Je ne serai pas 100 % du temps à côté de López, comme je le faisais avec Fuglsang, par exemple. Ça rendra la course beaucoup moins stressante pour moi. Je n’aurai pas besoin d’aller frotter chaque jour dans le final. »

Houle ne connaît pas beaucoup López, qui est monté sur le podium du Giro et de la Vuelta en 2018. Ensemble, ils n’ont disputé que Paris-Nice en 2019. Les communications se feront en… italien.

« Je suis nul en espagnol et je suis capable de tenir une conversation sur le vélo en italien », a indiqué celui qui a parfait sa maîtrise de la langue de Dante durant le confinement grâce à des applications. « Lui comprend les deux et il n’est pas très à l’aise en anglais. »

Houle s’attend à ce que la dynamique ne soit pas la même avec son chef de file colombien qu’avec Fuglsang, qui avait abandonné sur chute à la 16e étape l’an dernier.

« Fuglsang analyse beaucoup, le genre à tout calculer au millimètre. Il est très, très professionnel. Aucun détail ne lui échappe. De ce que j’en connais, López est beaucoup plus un gars du moment, qui réagit par instinct. Il est beaucoup plus cool. Il ne se demande pas si son vélo pèse 16,1 ou 16,2 livres… »

Ambitions à Paris

Si López fait partie d’une liste d’une dizaine de prétendants, la victoire finale semble promise à deux armadas paquetées : les Ineos d’Egan Bernal, tenant du titre, et les Jumbo de Primož Roglič, l’homme de l’heure qui a cependant chuté au Critérium du Dauphiné.

« C’est clair qu’ils auront un impact majeur sur la course, a convenu Houle. On ne peut pas le nier. Après, beaucoup de bons coureurs sont capables de les attaquer. Attendons de voir comment ça évolue. On l’a vu à la dernière étape du Dauphiné : quand Jumbo n’est plus là, personne ne peut contrôler. »

PHOTO LUC CLAESSEN, GETTY IMAGES

Hugo Houle lors de la quatrième étape du Tour de Pologne, le 8 août 2020

L’équipe Astana, cocommanditée par la multinationale québécoise Premier Tech, a le profil parfait pour profiter des occasions et chasser des étapes. Fraile, Sánchez, les frères Izagirre, le champion kazakh Lutsenko et même le jeune Colombien Harold Tejada en sont tous capables.

Houle ne s’interdit pas d’en rêver : « Je sais que ça allait très vite au Dauphiné. Je me donne quatre, cinq jours pour voir où je me situe physiquement. »

Samedi matin, à Nice, quand il épinglera le dossard 143 sur son maillot bleu pâle, il sera « prêt pour la bataille » jusqu’à Paris.

« Un grand tour, pour moi, ça reste toujours une grande aventure. Tu sais où ça commence, tu sais où ça finit, mais tu n’as aucune idée comment ça va tourner au milieu. »

En 2020, ce sera plus vrai que jamais.

La Course by Le Tour

La Course by Le Tour, course féminine d’un jour, sera présentée avant la première étape à Nice. Quatre Canadiennes doivent y prendre part : l’excellente Leah Kirchmann (Sunweb), qui figurera parmi les favorites, sa coéquipière Alison Jackson, Sara Poidevin (Rally) et la Québécoise Marie-Soleil Blais (Cogeas). Au menu : deux boucles pour une distance totale de 96 kilomètres, avec la côte de Rimiez (5,8 km à 5,1 %) franchie à deux reprises.

Pas à la télé au Canada

Rappel : le Tour ne sera pas télédiffusé au Canada cette année. FloBikes, un service payant dit de contournement sur l’internet, est le seul détenteur des droits. En français, Randy Ferguson (description) et Audrey Lemieux (analyse) sont au micro. Des lecteurs courroucés ont écrit pour se plaindre des coûts et de la façon de les présenter. Annoncé « à partir de 12,50 $ par mois » (attention, c’est en dollars américains), « résiliable en tout temps », l’abonnement revient plutôt à 150 $ US puisqu’il faut s’engager pour une année. Le « annulez en tout temps » ne s’applique que sur le forfait annuel. Ce n’est vraiment pas clair, même au moment du paiement.

Cinq favoris pour les grands honneurs

En l’absence de Chris Froome et de Geraint Thomas, gagnants de cinq des sept dernières présentations, le 107e Tour de France paraît ouvert comme jamais depuis une décennie. Voici cinq des favoris pour la victoire finale à Paris le 20 septembre… si la COVID-19 ne vient pas troubler la fête d’ici là.

PHOTO MARCO BERTORELLO, AGENCE FRANCE-PRESSE

Primož Roglič

Primož Roglič

Team Jumbo-Visma / 4e en 2018

Sans égal depuis la reprise des compétitions, le Slovène de 30 ans s’annonçait comme l’indiscutable favori avant qu’une chute à l’avant-dernière étape du Critérium du Dauphiné ne vienne brouiller les cartes. Jusqu’en début de semaine, sa participation était encore remise en doute. Absent du Tour l’an dernier après sa quatrième place en 2018, il a mis derrière lui un Giro un peu mal géré (3e) pour décrocher la victoire à la Vuelta, dernier tour de trois semaines à avoir été disputé. Pas un pur grimpeur, il a lâché Egan Bernal sans se lever de sa selle dans le col de Porte au Dauphiné. Intimidant. En cas de défaillance, son coéquipier Tom Dumoulin est parfaitement capable de gagner le Tour.

+ Son équipe, Team Jumbo-Visma, s’est moquée de la concurrence en haute montagne depuis la reprise. La présence de Dumoulin à ses côtés. Sa force au contre-la-montre lui permet d’aborder l’avant-dernière étape à La Planche des Belles Filles avec sérénité.

- Sa chute au Dauphiné, qui a plombé son entraînement pendant une semaine, et celle de son coéquipier Steven Kruijswijk, forcé de déclarer forfait.

PHOTO CHRISTOPHE ENA, ASSOCIATED PRESS

Egan Bernal

Egan Bernal

Ineos Grenadiers / 1er en 2019

Le Colombien de 23 ans n’a rassuré personne en coinçant un peu dans le col de Porte au Dauphiné. Son abandon avant les deux dernières étapes était-il planifié, attribuable à un souci par rapport à sa forme ou simplement lié à des maux de dos comme l’a dit son coéquipier Geraint Thomas ? Avec la possibilité de s’entraîner en altitude sur les routes de son pays natal pendant la pandémie, il a bénéficié de conditions idéales de préparation comme tous ses compatriotes. En dépit des feux d’artifice des Français et de la présence de Thomas l’an dernier, il n’a jamais laissé de doute sur son statut de favori pour la victoire finale. La non-sélection de Thomas et de Chris Froome lui laisse tout le champ libre cette année chez Ineos. À moins que Richard Carapaz…

+ Confiance acquise avec la victoire de l’an dernier. Grimpeur d’exception pour un tour montagneux à souhait. Encore entouré par des équipiers d’expérience.

- Doutes sur sa forme durant le Dauphiné. Seulement deux cols à plus de 2000 m. Mort tragique du directeur sportif Nicolas Portal, architecte de son triomphe l’an dernier. Grosse pression ?

PHOTO ANNE-CHRISTINE POUJOULAT, AGENCE FRANCE-PRESSE

Thibaut Pinot

Thibaut Pinot

Groupama-FDJ / 3e en 2014

Depuis sa victoire d’étape au Tour de France de 2012, à l’âge de 22 ans, le Français Thibaut Pinot incarne les espoirs de tout un pays qui rêve de voir l’un des siens remporter la plus grande course cycliste du monde. Il a soufflé le chaud et le froid au sujet de son tour national et des aspirations de ses compatriotes envers lui, s’offrant un flirt avec le Tour d’Italie où il a vécu de beaux moments (4e en 2017) et une défaillance crève-cœur (pneumopathie alors qu’il visait le podium en 2018). Après sa prestation brillante de l’an dernier (victoire au Tourmalet, abandon sur blessure ensuite), il semble plus serein que jamais dans son rôle de prétendant. « Je n’ai pas peur du Tour comme j’ai pu l’avoir », a-t-il assuré mercredi à l’AFP.

+ Un seul contre-la-montre, en montée et près de chez lui de surcroît, et un parcours accidenté qui semble tracé pour lui. Le plus fort derrière Roglič en montagne au Dauphiné. Allergique à la chaleur, la douceur de septembre pourrait lui convenir.

- Chute à l’avant-dernière étape au Dauphiné qui a provoqué des douleurs dorsales. Sa deuxième place, alors qu’il était leader à la dernière étape, pourrait laisser des traces. Son mental lui a souvent joué des tours. Santé parfois fragile.

PHOTO JOSE JORDAN, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Tadej Pogačar

Tadej Pogačar

UAE Team Emirates / 1er Tour de France

Malgré ses 21 ans, le Slovène a été si impressionnant à la Vuelta il y a un an – troisième du général et trois victoires d’étape – qu’il faut le ranger parmi les prétendants sérieux, à tout le moins pour le podium. Quatrième du Dauphiné, il a vaincu nul autre que Primož Roglič à son championnat national de contre-la-montre. En 2019, il a gagné le Tour de Californie, devenant le plus jeune lauréat d’une course par étapes du WorldTour. On le dit confiant, calme et enclin aux offensives. Un futur grand.

+ Ses facultés de récupération. Mélange idéal de puissance contre la montre et d’aisance en montagne.

- Son inexpérience.

PHOTO ALESSANDRO DI MEO, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Miguel Ángel López

Miguel Ángel López

Astana / 1er Tour de France

Le Colombien de 26 ans fera enfin ses débuts attendus au Tour de France après ses podiums au Giro et à la Vuelta en 2018. Son léger recul de l’an dernier interroge (7e en Italie, 5e en Espagne), mais le parcours montagneux devrait lui convenir à merveille. Sans être spectaculaire au Critérium du Dauphiné, il s’est distingué avec une cinquième place, indice que sa forme va crescendo à l’approche du Tour. « Il va être un très bon leader », a prédit son coéquipier Hugo Houle. « Superman » saura-t-il déployer sa cape ?

+ Une solide équipe à majorité hispanophone, qui ne craint pas de secouer le peloton. Sa régularité dans les grands tours. Ses qualités de puncheur en moyenne montagne.

- En découverte sur le Tour.

À suivre aussi

Malgré son record de sept maillots verts, le Slovaque Peter Sagan (Bora) ne semble plus aussi tranchant, lui qui n’a pas levé les bras depuis le 10 juillet 2019 à la cinquième étape du dernier Tour. Le Belge Wout van Aert (Jumbo), irrésistible depuis la reprise avec ses victoires aux Strade Bianche, à Milan-San Remo et à la première étape du Dauphiné, aurait été un rival de choix, mais ses responsabilités auprès de son meneur Primož Roglič l’en empêcheront. Les étapes de sprint pur ne seront pas nombreuses. Caleb Ewan (Lotto), Sam Bennett (Deceuninck), Elia Viviani (Cofidis) et le nouveau champion d’Europe Giacomo Nizzolo (NTT) se partageront-ils les bouquets ? Le Français Julian Alaphilippe (Deceuninck) n’a pas encore gagné en 2020. La première semaine aiguisera son appétit. Une autre tournée en jaune ?

Trois étapes clés

2e étape (30 août)

Nice Haut Pays-Nice (186 km)

Pas d’attentisme : le peloton plongera dans la haute montagne dès la deuxième journée avec cette étape ponctuée de deux cols de première catégorie : la Colmiane (16,3 km à 6,3 %), qui a servi d’arrivée finale pour Paris-Nice, et le col de Turini (14,9 km à 7,4 %), le plus dur des deux. Aucune surprise pour la cinquantaine de coureurs qui résident dans la région, dont le Québécois Hugo Houle, qui roulera sur ses routes d’entraînement. Les 30 derniers kilomètres sont jalonnés de deux autres cols moins longs, terrain parfait pour une attaque irrésistible de Julian Alaphilippe. Attention à la défaillance d’un favori au général…

17e étape (16 septembre)

Grenoble-Méribel Col de la Loze (170 km)

Selon le directeur de l’épreuve Thierry Gouvenou, cette étape est « assurément le moment fort du Tour ». Deux cols classés « hors catégorie » : le classique col de la Madeleine (17,1 km à 8,4 %), par un versant jamais emprunté, et l’inédit col de la Loze (21,5 km à 7,8 %), qui culmine à 2304 m, toit de la Grande Boucle. Route forestière et ancienne piste de ski alpin, la Loze et ses passages à 20 % feront assurément des dommages. Un parfait théâtre pour Nairo Quintana. Le lendemain, 4000 m de dénivelé positif attendent les coureurs, avec le spectaculaire Plateau des Glières pour conclure le passage dans les Alpes…

20e étape (19 septembre)

Lure-La Planche des Belles Filles (contre-la-montre individuel, 36,2 km)

Seul « chrono » de ce 107e Tour de France, sa dernière partie mènera les partants jusqu’au sommet de La Planche des Belles Filles, montée (terrible) qui a déjà marqué les esprits depuis son introduction en 2012 et la victoire de Chris Froome. À la veille de l’arrivée à Paris, Thibaut Pinot passera devant chez ses parents avec l’espoir de devenir le premier vainqueur français en 35 ans. Un terrain parfait pour les grimpeurs-rouleurs slovènes Primož Roglič et Tadej Pogačar. La hiérarchie sera-t-elle bousculée ?

Le jeu des prédictions

Cinq experts et expertes se prononcent sur le résultat final du Tour de France 2020

Louis Bertrand (Commentateur sportif)

1. Primož Roglič (Jumbo)
Le candidat le plus solide et le mieux entouré.

2. Tom Dumoulin (Jumbo)
Peut-être même sur la plus haute marche du podium si Roglič trébuche.

3. Rigoberto Uran (EF)
Il revient de loin, mais dit tenir la forme de sa vie, j’y crois.

Simone Boilard (Cycliste professionnelle pour l’équipe Twenty20)

1. Primož Roglič (Jumbo)
Il a montré qu’il est parmi les plus forts au Criterium du Dauphiné, qu’il aurait sans doute remporté haut la main s’il n’y avait pas eu sa chute.

2. Egan Bernal (Ineos)
Le parcours est très difficile cette année, avec beaucoup de cols et aucun contre-la-montre, ce qui joue en sa faveur. Et il a gagné l’année passée…

3. Thibaut Pinot (Groupama)
Pour les mêmes raisons que Bernal, le parcours lui convient super bien et s’il n’a pas trop de malchances et qu’il ne laisse pas trop son mental le contrôler, il peut être sur le podium.

David Desjardins (Animateur de la balado Radio Bidon et chroniqueur à Vélo Mag)

1. Primož Roglič (Jumbo)
Jumbo-Visma a montré qu’elle a la trempe des grandes équipes, soudées, bien dirigées, et Roglič a montré un niveau de forme outrageusement supérieur sur le Dauphiné.

2. Egan Bernal (Ineos)
Ineos Grenadiers a monté une équipe presque parfaite autour du maillot jaune de 2019. Carapaz pourrait venir brouiller les cartes, mais j’en doute : l’équipe a cette fois un leader clair et des équipiers expérimentés.

3. Thibaut Pinot (Groupama)
Je l’aimerais au sommet du podium, mais je crains que le Français ne soit abonné à la malchance et qu’il soit laissé à lui-même trop souvent face à des escouades (Ineos, Jumbo) qui auront la profondeur pour l’esseuler et le faire craquer.

Simon Drouin (Journaliste à La Presse)

1. Egan Bernal (Ineos)
Ne pas se laisser berner par sa tenue en demi-teinte au Dauphiné. Il a l’air tellement serein.

2. Tom Dumoulin (Jumbo)
Roglič va se planter dans une descente, son coéquipier est prêt à prendre le relais.

3. Daniel Martinez (EF)
Un pari, mais je persiste à croire que ce sera (encore plus) le Tour des Colombiens.

Jean-Luc Gatellier (Journaliste à L’Équipe)

1. Primož Roglič (Jumbo)
C’est le coureur le plus complet du peloton : un grand rouleur-grimpeur avec des qualités de puncheur qui lui permettent de remporter des étapes de montagne au sprint et de récolter des bonifications. Il est soutenu par une équipe du même niveau que celle d’Ineos, voire plus forte, malgré le forfait de Steven Kruijswijk.

2. Egan Bernal (Ineos)
Vainqueur du Tour en 2019 à seulement 22 ans, il est promis à plusieurs succès. Il est plus « pur » grimpeur que Roglič, mais depuis la reprise de la saison, il ne s’est pas montré supérieur à son adversaire. La non-sélection de Froome et de Thomas le libère d’un poids important. Toute l’équipe roulera exclusivement pour lui.

3. Thibaut Pinot (Groupama)
Le Français fonde ses ambitions sur l’ascendant physique qu’il avait pris l’an dernier, dans les Pyrénées, sur Egan Bernal avant d’abandonner la course à deux jours de l’arrivée. Assez solide, son équipe est toutefois inférieure à Jumbo-Visma et à Ineos. Même s’il a fait des progrès dans l’adaptation à la chaleur, les températures plus faibles qu’en juillet sont un avantage pour lui.

Audrey Lemieux (Ex-cycliste professionnelle et commentatrice pour FloBikes)

1. Egan Bernal (Ineos)
Il va creuser son avance dans le col de la Loze à la 17e étape.

2. Thibaut Pinot (Groupama)
Il va remporter l’étape du Grand Colombier avec une attaque dans ce col et maintenir son avance sur ses rivaux au chrono de la Planche des Belles Filles, qu’il connaît très bien.

3. Primož Roglič (Jumbo)
Il va avoir été fort en début de Tour, mais perdra un peu de plumes en haute altitude.