(Le Sappey-en-Chartreuse) À 16 jours du départ du Tour de France, le favori du Critérium du Dauphiné, le Slovène Primoz Roglic, s’est emparé sans attendre des commandes, jeudi, au col de Porte, dès la première arrivée au sommet.

Jean MONTOIS
Agence France-Presse

Roglic, dominateur au récent Tour de l’Ain, a pris ses distances dans les derniers hectomètres de cette courte deuxième étape (135 km) rafraîchie par la pluie dans les dernières minutes. Même si son avantage s’est limité à une poignée de secondes, huit précisément sur un trio de poursuivants composé de deux Français, Thibaut Pinot et Guillaume Martin, et de l’Allemand Emanuel Buchmann.

Antoine Duschesne heureux pour son coéquipier Thibaut Pinot

Le Québécois Antoine Duchesne s'est réjoui pour la performance de son coéquipier Thibaut Pinot, de Groupama-FDJ : « C’est une belle étape pour nous aujourd’hui avec Thibaut qui est deuxième », a dit Duchesne. Il a aussi souligné « le beau numéro » d'un autre coéquipier, le Français Bruno Armirail, qui a été le dernier rescapé de l’échappée du jour qui comptait huit membres. Il a rendu les armes à moins de 10 kilomètres de l’arrivée.

Quant à Duchesne, il a rallié l’arrivée en 117e place avec un peu plus de 24 minutes de retard sur ce parcours de 135 kilomètres entre Vienne et le Col de Porte. Il est 134e au classement général provisoire

Après la pluie, la grêle !

Après la pluie, la grêle s’est abattue avec violence sur les coureurs plus ou moins attardés. Dans une atmosphère de sauve-qui-peut général, les malheureux ont cherché les abris de fortune, sous une tente pour certains ou, pour l’Allemand Tony Martin, une sorte de coque en caoutchouc tendue par un spectateur.

« C’était assez l’enfer et j’ai des bleus partout ! On a fini (l’épreuve) au plus vite », a dit Duchesne, qui croit qu’il ne sera tout de même pas trop courbaturé vendredi.

Principal battu du jour dans le massif de la Chartreuse, Egan Bernal a pris la 10e place à dix secondes.

PHOTO ANNE-CHRISTINE POUJOULAT, AFP

Le Colombien Egan Bernal (portant le maillot blanc) a terminé 10e.

Son équipe Ineos a assuré le train pendant la plus grande partie de la montée, mais le Colombien, vainqueur du dernier Tour de France, s’est retrouvé esseulé à 2,5 kilomètres de l’arrivée.  

L’accélération de Bernal aux 1600 mètres, peu tranchante, a été muselée par un coéquipier de Roglic, Sepp Kuss. Le Colombien Nairo Quintana n’a pas connu davantage de succès dans le dernier kilomètre avant que Roglic décide de prendre les devants et un avantage définitif malgré l’effort méritoire en contre-attaque de Guillaume Martin, lui-même rejoint près de l’arrivée par Pinot et Buchmann.

Rouleau compresseur

La formation de Bernal a appliqué son plan, rouler à la façon d’un rouleau compresseur dans les 11 derniers kilomètres de ce col irrégulier (17,5 km à 6,2 %) et usant. Au rythme imposé par les maillots grenat (van Baarle, Castroviejo, Kwiatkowski surtout, Thomas, Sivakov), les intentions d’attaque de leurs adversaires sont restées lettre morte.

PHOTO ANNE-CHRISTINE POUJOULAT, AFP

Chris Froome (49e de l’étape) s’est voulu rassurant après la ligne, mais il a cédé à 4400 mètres de la ligne sans avoir pu tenir son rôle dans le train de l’équipe Ineos.

Mais, s’il a asphyxié les autres têtes d’affiche de l’équipe Jumbo (Tom Dumoulin et, plus encore, Steven Kruijswijk), le train Ineos n’a pas menacé Roglic. Cet ancien sauteur à skis, qui participe pour la première fois au Dauphiné, a confirmé sa supériorité actuelle dans la droite ligne du Tour de l’Ain (deux succès d’étape, une deuxième place et la victoire finale).

Parmi mes rivaux, c’est Egan (Bernal) que je regarde le plus, puisqu’il est le dernier vainqueur du Tour de France. Mais sur la ligne de départ, nous sommes très nombreux à être en forme et motivés. Il faudra tous les battre tous si on veut gagner !

Primoz Roglic

Pour l’équipe Jumbo, insolente de force, tout semble rouler au mieux avec ses huit victoires depuis le début du mois. En attendant la suite au Dauphiné, surtout si la course ne se décante que dans les tout derniers kilomètres des arrivées au sommet.

Froome acteur passif

Pour leurs adversaires, la solution passe par l’anticipation. Julian Alaphilippe, lâché à 6 kilomètres de l’arrivée, s’est ainsi positionné loin au classement, à près de cinq minutes, afin de disposer d’une latitude supplémentaire pour viser une victoire d’étape.

Pour d’autres attardés, la situation est plus inquiétante : Chris Froome (49e de l’étape) s’est voulu rassurant après la ligne, mais il a cédé à 4400 mètres de la ligne sans avoir pu tenir son rôle dans le train de l’équipe Ineos.

Vendredi, la troisième étape part de Corenc, tout près de Grenoble, pour rejoindre Saint-Martin-de-Belleville (Savoie). La Madeleine, l’un des grands cols alpestres classés hors catégorie (17,3 km à 8,3 %), précède l’ascension finale (14,8 km à 6 %) sur la route menant à Val Thorens.

Avec l'agence Sportcom

Classement de la 2e étape du Critérium du Dauphiné

1. Primoz Roglic (SLO/JUM), les 135 km en 3 h 39 : 40.

(moyenne : 36,8 km/h)

2. Thibaut Pinot (FRA/FDJ) à 8.

3. Emanuel Buchmann (GER/BOR) 8.

4. Guillaume Martin (FRA/COF) 8.

5. Nairo Quintana (COL/ARK) 10.

6. Miguel Angel Lopez (COL/AST) 10.

7. Daniel Martinez (COL/EF1) 10.

8. Mikel Landa (ESP/BAH) 10.

9. Richie Porte (AUS/TRE) 10.

10. Egan Bernal (COL/INE) 10.

11. Sepp Kuss (USA/JUM) 40.

12. Sébastien Reichenbach (SUI/FDJ) 59.

13. Romain Bardet (FRA/ALM) 59.

14. Tom Dumoulin (NED/JUM) 59.

15. Tadej Pogacar (SLO/UAE) 1 : 01.

16. Steven Kruisjwijk (NED/JUM) 1 : 09.

23. Adam Yates (GBR/MIT) 1 : 37.

24. Rigoberto Uran (COL/EF1) 1 : 37.

25. Warren Barguil (FRA/ARK) 1 : 55.

27. Valentin Madouas (FRA/FDJ) 2 : 09.

31. Pavel Sivakov (RUS/INE) 2 : 53.

32. Geraint Thomas (GBR/INE) 2 : 53.

36. Julian Alaphilippe (FRA/DEC) 4 : 41.

49. Chris Froome (GBR/INE) 8 : 32.

64. Bob Jungels (LUX/DEC) 11 : 34.

74. Pierre Latour (FRA/ALM) 15 : 09.

85. Wout Van Aert (BEL/JUM) 16 : 59.

115. Sergio Higuita (COL/EF1) 21 : 42.

145. Dan Martin (IRL/ISR) 25 : 28.

153. Benoît Cosnefroy (FRA/ALM) 30 : 24.