La présentation des Grands Prix cyclistes de Québec et de Montréal cette année ne tient qu’à un fil.

Simon Drouin Simon Drouin
La Presse

Le déplacement du Tour de France, officialisé mercredi par l’Union cycliste internationale (UCI), met en péril la tenue des épreuves québécoises du circuit World Tour, victimes collatérales de la pandémie de COVID-19.

« Le Tour a préséance »

Avec de nouvelles dates du 29 août au 20 septembre, l’événement phare du cyclisme mondial entre en concurrence directe les GPCQM, dont la case horaire du 11 et 13 septembre, protégée en théorie, devient bien hypothétique.

Après une longue discussion mercredi avec le président de l’UCI, David Lappartient, le fondateur des GPCQM, Serge Arsenault, a réitéré que « le Tour avait préséance », de même que les cinq monuments, grandes classiques dont les dates seront déterminées d’ici le 15 mai.

PHOTO PATRICE LAROCHE, LE SOLEIL

Serge Arsenault avant le Grand Prix cycliste de Québec le 11 septembre 2019.

Remerciant le Français Lappartient pour l’égard accordé aux courses canadiennes, M.  Arsenault refuse de lancer la serviette. Il soutient que son équipe, même avec un effectif réduit, continue d’être à pied d’œuvre comme si les épreuves se tenaient comme prévu.

Or pour que ce scénario se matérialise, le PDG admet que toutes les pièces d’un immense puzzle doivent tomber en place. Pour l’heure, il s’agit « d’une infime possibilité », a-t-il convenu.

Selon M.  Arsenault, David Lappartient a évoqué l’hypothèse de devancer les Grands Prix au mois d’août, ignorant la prolongation récente de l’interdiction des grands événements au Québec jusqu’au 31 août.

Une mince fenêtre au début octobre

Le début octobre, avec le dimanche 11 comme date-butoir, est une autre période qui a été analysée. À ce moment-là, des vedettes du Tour de France, comme ceux des Championnats du monde toujours programmés en Suisse du 20 au 27 septembre, seraient disponibles.

Sans fermer la porte – il a consulté les données météo- M. Arsenault ne semble pas chaud à l’idée. Le déplacement en octobre du Grand Prix des Amériques, en 1992, avait conduit au tombeau cette première tentative d’implanter une grande course cycliste internationale sur le mont Royal.

« Je ne suis pas un organisateur de fat bike sur neige, a fait valoir l’organisateur. J’ai dit à David : il faut que tu penses aux coureurs et au public, les deux ingrédients [nécessaires au succès]. S’il fait 4 degrés… »

Il resterait donc les dates originales des 11 et 13 septembre, que M.  Arsenault s’attend à voir au calendrier que l’UCI aura élaboré après discussions avec les équipes, les cyclistes et les organisateurs d’épreuves.

« Il y aura probablement un astérisque à côté de Québec et Montréal, a-t-il cependant prévenu. C’est ce que je vais exiger, dans le sens où ce sera notre décision de le tenir ou non. Mais on va être au calendrier. »

Toutes sortes d'hypothèses

Dans ce monde d’hypothèses, M.  Arsenault imagine que les conditions sanitaires en Europe empêchent la reprise des courses prévue le 1er août et en particulier le Tour de France.

Dans de telles circonstances, si le Québec et le Canada se libèrent des contraintes du nouveau coronavirus et que le transport aérien du peloton depuis une ville d’Europe est techniquement envisageable, les Grands Prix de Québec et de Montréal s’avéreraient des solutions de rechange intéressantes.

« Nous, on est prêts jusqu’au 15 août, a assuré M.  Arsenault. L’équipe va être au travail et si on nous donne le feu vert, les Grands Prix existeront. Mais par respect pour nos investisseurs publics et privés, on ne fera pas un simulacre de World Tour. »

Le PDG sera en contact constant avec les représentants de l’UCI dans les prochaines semaines. La tenue d’autres événements sportifs et culturels, dont le Grand Prix de F1 de Montréal qui lorgnerait aussi le 13 septembre, fera également partie de la complexe équation.

Seules « certitudes » après le Tour et les Mondiaux, le Giro et la Vuelta seront disputés coup sur coup. Milan-San Remo (Italie), le Tour des Flandres (Belgique), Paris-Roubaix, Liège-Bastogne-Liège (Belgique) et le Tour de Lombardie (Italie), soit les cinq monuments, ont reçu une garantie, mais pas encore de date.

Ce calendrier ultra condensé doit s’étirer jusqu’en novembre. Si la COVID-19 ne vient pas encore tout bousculer.