(Montréal) Le Québécois Hugo Houle garde toujours espoir de disputer le Tour de France cette année même si la course cycliste la plus célèbre du monde s’est ajoutée à la longue liste des évènements sportifs annulés ou reportés. La classique devait prendre son envol le 27 juin, à Nice.

Marc Delbès
La Presse canadienne

Houle, de Sainte-Perpétue, est contraint à un confinement strict chez lui dans le sud de la France. Il voyait venir cette décision, surtout après l’annonce du président français Emmanuel Macron, lundi, d’annuler tous les évènements publics réunissant une grande foule jusqu’au moins la mi-juillet. La France prévoit par ailleurs un début de déconfinement à partir du 11 mai.

PHOTO ÉRIK LABBÉ, LE SOLEIL

Hugo Houle arborant ses couleurs lors d'une conférence de presse avec d'autres membres de l'équipe nationale canadienne au Grand Prix cycliste de Québec en 2019.

« C’est une bonne nouvelle en soi, a réagi le coureur de l’équipe kazakhe Astana au cours d’une conversation téléphonique avec La Presse canadienne. Ça donne une chance au Tour de France d’avoir lieu, car il devrait avoir lieu. C’est l’évènement No 1 du cyclisme. S’il y en a un à replacer, je pense qu’en priorité c’est celui-là. »

Le Tour en août ?

Selon ce que Houle a entendu dire, même s’il ne bénéficie pas d’informations privilégiées, la Grande Boucle serait remise fin juillet-début août.

PHOTO D'ARCHIVES CHAMBERLAND, MARTIN, LA PRESSE

Le cycliste Hugo Houle au Grand prix cycliste de Montréal, peu après sa prolongation de trois ans chez Astana en septembre 2019.

« Si le confinement strict est levé le 11 mai, on pourrait alors recommencer à faire du vélo à l’extérieur, probablement seul. Mais ça nous donne suffisamment de temps pour nous entraîner, de disputer des courses de préparation comme le Dauphiné ou le Tour de Suisse et être’top shape’pour un Tour de France à la fin juillet. »

Depuis environ un mois, Houle, à l’instar de tous les autres coureurs en France, n’est pas autorisé à rouler à l’extérieur en vélo. Il garde la forme comme il le peut.

« Je m’adonne à des séances d’entraînement sur une base d’entraînement fixe connectée en ligne. C’est certain que ça affecte mon quotidien comme tout le monde, mais j’essaie de garder un moral positif. »

Plus restreint en France qu’en Belgique

La réalité d’autres coureurs, comme en Belgique ou au Luxembourg entre autres, est différente puisqu’il leur est toujours permis de faire du vélo à l’extérieur.

« Leur quotidien n’est pas autant affecté au niveau de l’entraînement. Même s’il n’y a pas de compétition, ils peuvent garder un très bon niveau de forme en faisant des sorties plus longues que les cyclistes en France, en Espagne ou en Italie. À l’intérieur, on ne fera pas cinq, six heures de vélo quotidiennement. »

Selon certains observateurs, l’annulation du Tour de France en raison de la COVID-19 aurait de lourdes conséquences sur le budget des équipes professionnelles, surtout que la saison a déjà été amputée de plusieurs classiques. Une situation qui n’empêche pas Houle de dormir.

Content d’être chez Astana

« Nous sommes quand même chanceux chez Astana. L’équipe est stable, il ne devrait pas y avoir de problèmes majeurs pour la suite. L’équipe va rester bien ancrée pour les prochaines années, peu importe ce qui arrivera en fonction qu’on reprenne ou non la compétition cette année. »

Une chose est sûre, le Tour de France ne pourra pas être présenté si les frontières de la France avec les pays non européens restent fermées. Houle est d’accord.

Si on fait une course, c’est que les voyages auront repris. Sinon, ça n’a pas de sens d’aller de l’avant avec le Tour si ce ne sont pas tous les coureurs qui peuvent faire le déplacement. Ça voudrait dire que la situation est encore problématique.

Hugo Houle

Dans l’expectative de la reprise des activités, Houle fait contre mauvaise fortune, bon cœur.

« Dans mon cas, ça se passe très bien. J’ai la chance d’être avec ma copine. Ça faisait longtemps que je n’avais pas eu l’occasion de rester aussi longtemps au même endroit sans voyager. Il faut regarder le côté positif, ça me permet de refaire le plein d’énergie et qui sait, peut-être, d’être encore plus performant dans un, deux, trois mois. »