Blessé à une épaule sur une chute au début des Championnats panaméricains de cyclisme sur piste, le 5 septembre, Hugo Barrette entend rebondir dès la Coupe du monde de Hong Kong, à la fin de novembre.

Simon Drouin Simon Drouin
La Presse

Hugo Barrette est venu saluer Marie-Anik L’Allier et ses collègues de l’agence du même nom, hier matin. Celles qui s’occupent de ses relations publiques et médiatiques étaient heureuses de le revoir à l’occasion de ce rare passage à Montréal. Le cycliste de 28 ans acceptait volontiers les accolades, mais… « Attention à mon épaule ! »

Barrette s’est blessé le 5 septembre lors des Championnats panaméricains de cyclisme sur piste de Cochabamba, en Bolivie. Le champion en titre est tombé sur son épaule gauche en demi-finale du keirin après qu’un concurrent brésilien l’a coupé à l’approche de la ligne d’arrivée, à quelque 80 km/h.

Si la clavicule a tenu le coup, grâce à deux tiges de métal installées après une chute survenue sept ans plus tôt, l’omoplate a cédé. Un mal pour un bien.

« Ça fait moins mal durant la récupération, s’est réjoui Barrette. L’omoplate est coincée entre deux gros muscles ; même cassée, elle demeure relativement stable si tu ne bouges pas trop. »

PHOTO FOURNIE PAR HUGO BARRETTE

Radiographie de l’omoplate cassée d’Hugo Barrette

L’athlète originaire des Îles-de-la-Madeleine a porté une attelle après l’accident. À son retour au Canada, un chirurgien lui a conseillé de s’en défaire pour retrouver de la mobilité dans l’articulation, dont les ligaments étaient passablement abîmés.

Après avoir franchi avec succès les étapes du protocole pour les commotions cérébrales, Barrette a repris l’entraînement une semaine après sa chute. Au menu : ergomètre, musculation du bas de corps et physiothérapie, sous l’œil des spécialistes du centre national de Milton, en banlieue de Toronto.

Il poursuivra ce travail jusqu’au 3 octobre, date à laquelle il doit se soumettre à une radiographie. Si l’os est réparé comme prévu, il pourra alors retourner en piste.

« Ça me donnera exactement deux mois avant la Coupe du monde de Hong Kong, ce qui est beaucoup plus de temps que la dernière fois où j’avais eu un gros accident. »

Des bonds de géant

En 2015, en Colombie, Barrette avait failli se rompre le cou en traversant une rambarde après une chute en prévision des Championnats panaméricains. Ses blessures, beaucoup plus sérieuses, l’avaient mis dans une position précaire en vue d’une qualification pour les Jeux olympiques de Rio. Trois mois plus tard, il avait causé une surprise en terminant deuxième à Hong Kong, son premier podium en Coupe du monde.

Le scénario de cette année est beaucoup moins dramatique. En dépit de son accident en Bolivie, Barrette est pratiquement assuré de sa sélection pour les Jeux de Tokyo en 2020. Son titre continental et sa deuxième place au classement cumulatif de la dernière saison de Coupe du monde l’ont mis dans une position enviable.

N’empêche, il tient à s’élancer sur le vélodrome de Hong Kong, sa piste préférée, à la fin de novembre. Ça fera alors un an qu’il ne se sera pas mesuré à l’élite de sa discipline pendant qu’il est au sommet de sa forme. Aux derniers Mondiaux, en mars, en Pologne, il avait violemment percuté une collègue pendant un entraînement avant le début des épreuves.

Depuis, Barrette sent qu’il a fait des bonds de géant… qui se mesurent à coup d’un ou deux dixièmes sur un tour lancé de moins de 10 secondes.

En juillet, il a quitté le centre d’entraînement de Milton pour se joindre à un groupe plus aguerri à Trinité-et-Tobago, où œuvre son ancien entraîneur Erin Hartwell. Il y côtoie Nicholas Paul, auteur d’un record mondial aux Championnats panaméricains, et son ami Njisane Phillip, quatrième à la vitesse individuelle à 18 ans aux Jeux olympiques de Londres en 2012.

« J’étais dans une forme incroyable parce que j’ai fait six mois d’entraînement juste pour [les Championnats panaméricains]. Finalement, je tombe ! Mentalement, c’est plus dur. […] Ça va bien à l’entraînement, mais il faut que tu le fasses en course et je ne l’ai pas fait. Je ne peux pas dire sans aucun doute que je suis un meilleur athlète. »

Barrette s’estime néanmoins heureux dans les circonstances. « Je tombe à 80 km/h, je me tape l’épaule juste un peu et je n’ai pas de commotion cérébrale. [Dans les circonstances], tu n’as pas le choix d’être positif. »

Genest en or


PHOTO TIRÉE DU COMPTE TWITTER @RC_SPORTS

Lauriane Genest

Le Canada a amassé huit médailles d’or, deux d’argent et cinq de bronze aux Championnats panaméricains de Cochabamba. La Québécoise Lauriane Genest, 21 ans, a remporté l’or au keirin et au sprint par équipes avec sa coéquipière albertaine Kelsey Mitchell. Cette dernière a profité de l’altitude en Bolivie (près de 2600 m) pour établir un record mondial à la vitesse individuelle, où elle a aussi décroché le titre. Ariane Bonhomme, de Gatineau, est montée sur la plus haute marche du podium à la poursuite par équipes avec Allison Beveridge, Georgia Simmerling et Annie Foreman-Mackey.