(Els Cortals) Grêle, chutes, chemin de terre transformé en bourbier… Le Tour d’Espagne a connu dimanche une 9e étape dantesque remportée en Andorre par l’épatant Slovène Tadej Pogacar et conclue par la prise de pouvoir du Colombien Nairo Quintana, nouveau maillot rouge pour seulement six secondes.

Agence France-Presse

Dans cette étape-reine courte et nerveuse (94,4 km), les conditions ont été « extrêmes » de l’avis même des coureurs, entre haute altitude et incursion innovante sur un chemin non asphalté juste avant l’ascension finale. Et c’est le prodige Pogacar (20 ans) qui s’est imposé en solitaire, marquant les esprits dès sa première participation à un grand tour.

« Cette journée a été incroyable », a savouré le jeune Slovène d’UAE-Emirates, vainqueur du Tour de l’Avenir 2018 avant de réussir ses débuts chez les professionnels avec des succès au Tour d’Algarve et au Tour de Californie au printemps.

« En voyant les prévisions météo, j’étais content qu’il pleuve parce que c’est bien pour moi. J’ai essayé de suivre les attaques et ensuite je suis allé plein gaz sur la section en chemin de terre. C’était une étape piégeuse », a raconté Pogacar, plus jeune vainqueur d’étape sur la Vuelta depuis 38 ans, selon le statisticien Gracenote.

Le Slovène a devancé au sommet le Colombien Quintana (Movistar), qui a profité du renoncement rapide du porteur du maillot rouge, le Français Nicolas Edet (Cofidis, 28e de l’étape), pour s’emparer de la précieuse tunique pour la première fois depuis sa victoire finale sur la Vuelta 2016.  

« De la grêle sur la route »

Un autre Slovène, Primoz Roglic (Jumbo-Visma), a pris la troisième place au sommet, en dépit d’une chute sur la portion non goudronnée.

Le Colombien Miguel Angel Lopez (Astana), passé à l’offensive en fin d’étape, est pour sa part parti à la faute dans les ornières du chemin détrempé. Rattrapé par ses rivaux, il a ensuite coincé dans l’ascension finale pour finir à une minute du vainqueur.

« C’était très dangereux, heureusement qu’ensuite il n’y avait pas de descente à négocier. Il y avait de la grêle sur la route et le vélo glissait beaucoup dans la montée », a raconté Lopez. « Au final, nous avons perdu peu de temps, cela aurait pu être pire », a philosophé le Colombien, porteur du maillot rouge pendant trois jours depuis le début de cette Vuelta.

À la veille de la première journée de repos lundi à Pau (Pyrénées-Atlantiques), le classement général est plus resserré que jamais entre Quintana et le Slovène Roglic, deuxième à seulement 6 secondes et grand favori de l’unique contre-la-montre individuel de cette Vuelta, prévu mardi entre Jurançon et Pau (36,2 km). Lopez est troisième à 17 secondes, l’Espagnol Valverde (Movistar) quatrième à vingt secondes.

« La Vuelta est encore longue et l’important est de prendre de l’avance sur Roglic parce qu’il a un avantage avec le “chrono” qui arrive », a conclu Quintana, désireux de vite aller se mettre au chaud.