(Minneapolis) Coup de jeune sur les Jeux et le vélo : les athlètes du BMX freestyle animeront le spectacle lors des prochains Jeux olympiques avec des figures acrobatiques à couper le souffle. Un rêve pour ces cyclistes de l’extrême.

Sabine COLPART
Agence France-Presse

Une cavité aux courbes arrondies, un bloc central équipé d’une rampe, des obstacles sur le contour et un gars athlétique qui joue les équilibristes sur un vélo pas comme les autres pour effectuer des figures tous plus aériennes et tordues les uns que les autres : voilà le monde des « BMX riders ».

À Minneapolis, où se déroulent les X Games, le grand rendez-vous annuel des sports extrêmes et alternatifs, les adeptes du BMX freestyle savouraient leur prochaine entrée dans la grande famille des sports olympiques.

« C’est tellement important, notre sport est un sport “lifestyle”, les gars s’entraînent très sérieusement, ils s’entraînent aussi durs que n’importe quel Olympien, ils suivent des programmes diététiques, ils ont la même passion que n’importe quel Olympien. Il est temps maintenant », se réjouit auprès de l’AFP Jamie Bestwick, un champion de la toute première génération, riche de 14 médailles d’or aux X Games.

« Ça va transcender beaucoup de gens à travers plusieurs générations. Les gens ne vont pas seulement voir aux Jeux les plus incroyables athlètes courir le 100 m le plus rapidement au monde, mais ils vont aussi voir les meilleurs riders de BMX au monde, posant des figures qu’ils voient dans les jeux vidéo. Ça va marquer les esprits, tout le monde en prendra plein les yeux », poursuit le Britannique âgé de 48 ans, toujours friand de compétitions et complètement fan du Tour de France cycliste et du coureur français Julian Alaphilippe.

Les femmes en retrait

C’est en juin 2017, que le Comité international olympique (CIO) a annoncé l’introduction aux JO de Tokyo en 2020 du BMX freestyle avec 14 autres nouvelles épreuves.

Ce n’est donc pas un nouveau sport qui fait son entrée – comme c’est le cas pour le skateboard, le surf ou l’escalade – mais une épreuve supplémentaire au programme du cyclisme.

Il existe 5 épreuves dans le BMX (dont 4 en freestyle), et deux sont au programme olympique : la course, épreuve des JO depuis 2008, et donc une de freestyle.

À Tokyo, le BMX freestyle sera disputé en « park », ce qui consiste donc à réaliser des figures sur des courbes.

C’est en allant en repérages sur le Festival international des sports extrêmes (Fise) à Montpellier, devenue une étape de la Coupe du monde UCI, que le CIO s’est laissé convaincre par l’attraction qu’exerçait la discipline sur le public et son haut niveau technique.

« Quand vous posez un trick pour la première fois, c’est comme si vous étiez au sommet de l’Everest en termes de sensation », raconte à l’AFP l’Australien de 25 ans, Brandon Loupos, titré au X Games en 2018 et passé pro il y a 2 ans.

« C’est fou parce qu’il y a quelques années, je me demandais si j’allais continuer ou pas, j’étais en grande difficulté. Et quand le CIO a fait son annonce, juste après ça j’ai commencé à trouver de nouveaux commanditaires, à rider mieux. Ça a donné une opportunité à notre sport et je suis vraiment reconnaissant de ce que les Jeux ont fait pour nous. Ça grandit de jour en jour et un jour, le BMX freestyle sera le sport le plus populaire dans le monde, j’y crois vraiment », assure Loupos.

Seul bémol, les femmes peinent à se faire une place dans la discipline : aux X Games, il n’y a aucune épreuve féminine.