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Paracyclisme: le tandem qui rêve à Tokyo

La pilote Évelyne Gagnon (à l'avant) et sa... (PHOTO TIRÉE DU COMPTE INSTAGRAM @EVGAG)

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La pilote Évelyne Gagnon (à l'avant) et sa coéquipière Annie Bouchard

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Annie Bouchard, 44 ans, est la directrice générale d'un centre communautaire à Baie-Saint-Paul. Évelyne Gagnon, 28 ans, est pharmacienne dans un centre de santé à Québec.

Annie, atteinte d'une maladie dégénérative de l'oeil, s'est lancée dans le paracyclisme en 2012 à la suite des conseils de son ophtalmologiste. « Le dernier sport que j'étais capable de faire par moi-même, c'était le vélo. C'est quand même assez facile. Même si je n'ai personne, je peux m'entraîner à la maison », explique-t-elle.

Évelyne, de son côté, dispute sa 14saison de vélo après avoir fait des courses au Québec et aux États-Unis ou les Championnats canadiens. « J'ai toujours donné la priorité à l'école par rapport au sport », précise celle qui a commencé le tandem en 2014.

Annie Bouchard et Évelyne Gagnon... (PHOTO TIRÉE DU COMPTE FACEBOOK D'ANNIE BOUCHARD) - image 2.0

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Annie Bouchard et Évelyne Gagnon

PHOTO TIRÉE DU COMPTE FACEBOOK D'ANNIE BOUCHARD

Annie et Évelyne n'étaient pas forcément très intimes même si elles se croisaient souvent lors de différentes compétitions. Mais quand chacune a perdu son partenaire au même moment, leur association est allée de soi.

« C'est Annie qui m'a écrit pour me demander si je voulais faire du tandem avec elle l'année suivante, raconte Évelyne. On est allées rouler une fois à l'automne 2016 et l'hiver, on s'est entraînées chacune de notre côté. On s'est revues au printemps et ça a commencé comme ça. À la base, on est très différentes, que ce soit au niveau de l'âge ou de notre parcours en vélo, mais on s'entend quand même assez bien. »

Issue du cyclisme traditionnel, Évelyne connaissait plusieurs athlètes, dont Lyne Bessette et Émilie Roy, qui avaient vécu une expérience de tandem. La transition, quand on devient pilote, s'accompagne de plusieurs ajustements.

« Ce qui change, c'est la communication. Il faut que je lui dise ce qui s'en vient ou quel effort donner à quel moment. La conduite est évidemment différente. Un tandem est plus lourd, plus long, et tu ne peux pas prendre les virages de la même façon. »

- Évelyne Gagnon

« Avec le poids, il faut aussi anticiper le freinage un peu plus, poursuit-elle. Me mettre en danseuse et qu'on le fasse en même temps, c'est ce qui m'a pris plus de temps. »

À l'arrière du vélo, Annie est atteinte d'une rétinite pigmentaire atypique. Elle possède 0 % d'acuité visuelle (« Ce sont les détails et la définition des choses ») et sa vision centrale est déjà à 40 % dans le noir. Même si les premiers symptômes sont apparus très tôt, ce n'est qu'à 21 ans que le diagnostic est officiellement tombé.

« Je vois mieux sur les côtés que dans le centre, qui commence à être affecté. C'est très embrouillé. Je ne vois pas en noir et blanc, mais je vois quand même les couleurs, décrit-elle. La luminosité joue beaucoup sur ce que je peux voir. Quand c'est trop clair, ça m'aveugle et quand c'est noir, ça m'aveugle aussi. C'est l'entre-deux qui est bien. Même quand c'est nuageux dehors, je dois porter des lunettes de soleil. »

Elle aurait pu faire du tandem tranquillement sur les routes de Charlevoix, tous les week-ends, mais ce serait mal connaître la quadragénaire, qui s'entraîne cinq ou six fois par semaine. Elle rigole quand on lui demande ce qui l'a menée à se lancer dans la compétition nationale et internationale.

« Mais c'est parce que je m'ennuyais un peu. Je suis une personne qui aime les défis et tant qu'à faire du parasport, j'ai décidé de le faire à un niveau de compétition. Est-ce que je m'attendais à ce que ça soit aussi gros ? Non, mais c'est ce que j'aime », répond Annie, qui s'est blessée à un ménisque l'hiver dernier.

Un rêve : les Jeux paralympiques

Annie et Évelyne disputent leur troisième saison ensemble. Elles rêvent de participer aux Jeux parapanaméricains, cet été au Pérou, et surtout aux Jeux paralympiques de 2020 à Tokyo. En 2016, le Canada avait envoyé deux tandems féminins aux Jeux de Rio.

« On y croit, c'est sûr, mais je suis assez rationnelle dans la vie. On s'améliore, on a récemment fait des courses en Europe, mais je sais qu'on n'est pas dans le top 3 au monde », souligne Évelyne.

À la mi-mai, Annie et Évelyne ont disputé les deux Coupes du monde en Italie, puis en Belgique. À Ostende, elles se sont retrouvées au sein d'un important plateau de 22 tandems. Après une 15place lors du contre-la-montre, elles ont pris le 9rang lors de la course sur route.

« C'était super intéressant de nous mesurer aux meilleures et de nous situer par rapport à elles. On sait qu'on doit améliorer notre puissance et notre vitesse. »

- Annie Bouchard

« On est un petit tandem dans le sens où l'on pèse 120 lb chacune, ajoute Évelyne. On est contentes de notre neuvième place parce qu'on a quand même gagné le sprint d'un peloton qui comptait huit tandems. »

En attendant d'autres échéances internationales, la paire disputera les Championnats canadiens en Beauce à la fin du mois de juin. Un autre objectif de la saison est l'atteinte du Standard A de Cyclisme Canada, qui ouvre notamment la porte à un programme de financement. L'an dernier, la paire était passée tout près en maintenant une vitesse de 43,18 km/h lors du contre-la-montre du Défi sportif Altergo.

« C'est envisageable, croit Annie. Il y a des choses à travailler, mais il faut aussi trouver un parcours permettant de garder une vitesse moyenne de 43,45 km/h sur un contre-la-montre de 20 à 30 km. Il faut un tracé plat avec pas trop de virages et de demi-tours. »




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