L'Américain Boris Said a profité de la déroute des favoris pour remporter le NAPA 200, dimanche, sur le circuit Gilles-Villeneuve de l'île Notre-Dame, devant l'Italien Max Papis et le Québécois Jacques Villeneuve.

Michel Marois
Michel Marois LA PRESSE

Said a remporté un sprint final supplémentaire de deux tours - provoqué par une neutralisation et un drapeau rouge en fin de course - en s'imposant par la plus petite des marges. Il s'agissait de la première victoire en carrière dans la série Nationwide pour le pilote de la Ford #09 de l'équipe PFC.

«C'est incroyable, a-t-il déclaré en descendant de sa voiture. Max est un ami et j'aime bien courir avec lui parce que c'est toujours propre, même si on l'appelle "Mad Max". Je croyais qu'il m'avait battu dans la dernière chicane, mais il a raté son freinage et j'ai pu revenir.

«Remporter la victoire ici, sur ce circuit où je suivais les Grands Prix de F1, est évidemment merveilleux. C'est incroyable, vraiment. Je croyais pleurer, mais finalement non. Peut-être si ma femme avait été là...»

Papis croyait lui aussi avoir fait le plus difficile en prenant la tête dans le dernier virage, mais il n'a pu contenir le retour de son rival. «Je n'en croyais pas mes yeux quand j'ai vu sa voiture revenir à la hauteur de la mienne, a-t-il expliqué. Je criais "Go, Go, Go!", mais cela n'a pas suffi. La deuxième place est quand même satisfaisante. Je connais Jacques depuis longtemps, Boris aussi, je suis donc heureux d'être ici avec eux.»

Villeneuve s'est maintenu aux avant-postes pendant toute la course et aurait pu se mêler à la lutte pour la victoire. «J'avais sans doute la voiture la plus rapide, avec Marcos Ambrose, mais je n'ai pu rouler en tête quand ça comptait. À la fin, j'étais trop loin de Max et de Boris pour tenter ma chance.»

Villeneuve, qui a dominé les premiers tours avec l'Australien Ambrose, a perdu ses meilleures chances en effectuant un ravitaillement d'essence à quelques tours de l'arrivée. Les autres meneurs sont restés en piste et ont pu rallier l'arrivée. Tous, sauf l'Américain Robby Gordon, qui croyait prendre sa revanche après une défaite amère en 2007, mais qui est tombé en panne d'essence à la relance en tours supplémentaire.

Les favoris en panne

Déjà vainqueur du NAPA 200 en 2009, l'Américain Carl Edwards a bien failli doubler la mise. Au volant de la Ford #60 du Roush Fenway Racing, Edwards a largement dominé la deuxième partie de l'épreuve et semblait sûr de sa victoire, mais la rupture d'une pièce de la suspension arrière à mis fin à ses espoirs au 65e tour.

L'autre favori, Marcos Ambrose, qui avait vu la victoire lui échapper de justesse à chacune des trois premières présentations du NAPA 200, a encore excellé en début d'épreuve, et il semblait en mesure de rivaliser avec Edwards. Il a toutefois été trahi par sa mécanique au 45e tour, perdant deux tours sur les meneurs, et il a abandonné quelques tours plus tard.

Quand on lui a demandé s'il serait fidèle à sa promesse de revenir à Montréal tant qu'il n'aurait pas gagné, l'Australien a répondu: «Je vieillis, vous savez... Je vais dormir là-dessus pour y penser. Mais je commence à trouver ça moins drôle. Cela dit, c'est une ville superbe, les amateurs sont merveilleux, j'adore ça ici. Et même si je ne gagne pas, je m'amuse beaucoup!»

Le meneur de la série Nationwide, l'Américain Brad Keselowski, a pris le quatrième rang de la course et consolide sa position.

Des ennuis pour Carpentier et Ranger

Le Québécois Patrick Carpentier, parti du 13e rang, menait une course d'attente et pouvait prétendre au podium, quand il s'est arrêté aux puits au 50e tour.

Pour sa part, le jeune Andrew Ranger a été encore plus malchanceux. Vainqueur de la course en série Canadian Tire plus tôt dans la journée, Ranger partait à l'arrière du peloton et n'a pu éviter une collision, dès le deuxième tour. Revenu en piste avec plusieurs tours de retard, il s'est retiré définitivement un peu après la mi-course.

Le beau temps était de la partie, après deux années de pluie et de temps frais, et le public s'était déplacé en grand nombre sur l'île Notre-Dame pour l'événement. Les amateurs ont toutefois encore dû faire preuve de patience puisque la course a duré plus de trois heures après une série de neutralisations en début d'épreuve.

Une séquence sans ennuis d'une trentaine de tours a amené les pilotes en vue de l'arrivée, mais les derniers tours ont réservé leur lot habituel de rebondissements.