Rubens Barrichello (Williams), qui a longtemps souffert des consignes d'équipe alors qu'il était chez Ferrari, s'est indigné jeudi à Budapest des ordres donnés par Ferrari à Felipe Massa au dernier Grand Prix d'Allemagne pour favoriser son coéquipier Fernando Alonso.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Je pense qu'on devrait faire quelque chose pour arrêter (les consignes). Ca peut devenir un peu dramatique», a estimé Barrichello en conférence de presse, à trois jours du Grand Prix de Hongrie de Formule 1.

«Quand on court, on veut battre son coéquipier. Je ne me sentirai pas bien si on me disait : "Je te donne cela pour aller plus vite que ton partenaire". Je n'aime pas ça. Je ne l'ai jamais fait. C'est pourquoi j'ai dû réaliser certains changements dans ma vie», a observé Barrichello.

Dans l'ombre de Schumacher pendant six saisons chez Ferrari (2000-2005), le Brésilien devait composer avec des consignes si scandaleusement favorables à Michael Schumacher que sa situation a poussé la Fédération internationale de l'automobile à interdire les ordres d'équipe.

Lors du Grand Prix d'Autriche-2002, Barrichello s'était ainsi effacé dans la dernière ligne droite de la course devant l'Allemand, à la consternation générale.

«Tout le monde m'a demandé : "Mais pourquoi as-tu fait cela"? Parce que dans mon esprit, je n'allais jamais le faire. J'étais en discussion avec l'équipe. Ca a duré 8 tours. Je disais seulement : "Non je ne le ferai pas". Jusque dans les derniers mètres, quand il m'ont dit quelque chose de plus», a-t-il raconté dans l'émission Top Gear, diffusée le 11 juillet sur la BBC.

Le freinage de Felipe Massa, en tête du dernier GP d'Allemage, pour laisser gagner Fernando Alonso, mieux placé au Championnat, suscite une polémique également nourrie en F1.

«Si tu ne gagnes pas le championnat pour un point, tant pis ! Tu avais tes chances, il fallait les saisir. Et si tu le gagnes pour un point mais que quelqu'un t'a laissé passer, à quoi ça rime ?», s'est interrogé Rubens Barrichello jeudi.

«Si je dois être un méchant pour être champion de monde, ça ne m'intéresse pas. C'est ce que mon père m'a enseigné. Et ça me va parfaitement», a ajouté le Brésilien, qui s'est dit «désolé» pour «son ami» Massa, vertement critiqué au Brésil.