L'Allemand Sebastian Vettel (Red Bull) a remporté dimanche à Valence le Grand Prix d'Europe de Formule 1, neuvième épreuve de la saison, devant les deux McLaren de Lewis Hamilton et Jenson Button.

Michel Marois
Michel Marois LA PRESSE

Vettel, parti de la pole position, s'est imposé sans coup férir dans une course relativement morne qu'il a menée du début à la fin. Sa deuxième victoire de la saison lui permet de remonter à la troisième place du classement général.

Dur retour à la réalité...

Il a suffi d'une seule course pour que la F1 réussisse à nous faire oublier le spectaculaire Grand Prix du Canada. Hormis le départ et le spectaculaire accident de Mark Webber, ce GP d'Europe à Valence s'est résumé à une longue procession.

Pire encore, les commissaires ont faussé les résultats en ratant complètement la sortie de la voiture de sécurité lors de l'accident. Une première voiture est tombée en panne et la deuxième a mis de longues secondes à intervenir, ratant le passage de Vettel et entrant en piste juste au moment où Hamilton déboulait.

L'Anglais, qui n'a pas voulu laisser partir Vettel, a été pénalisé pour avoir dépassé la voiture de sécurité et son passage aux puits a enlevé les derniers soupçons de suspense que la course gardait encore.

La bévue de commissaires a aussi gâché la course des Ferrari. Fernando Alonso croyait pouvoir bien faire devant ses partisans et il était très bien parti, mais il a été l'une des grandes victimes de la confusion, perdant cinq places pour se retrouver coincé derrière un groupe de concurrents moins rapides, mais impossibles à doubler sur un tel circuit.

Cela a encore été pire pour Massa, forcé d'attendre derrière son coéquipier dans la ligne de puits, qui a perdu une dizaine de places et ne s'en est jamais remis.

Furieux et frustrés, Alonso et son équipe ont vite baissé les bras avoir appris que la plupart des voitures qui les précédaient étaient sous enquête pour avoir roulé trop rapidement dans la phase de neutralisation. Après la course, l'Espagnol en avait surtout contre le «traitement de faveur» accordé à Lewis Hamilton, «seulement» condamné à un passage dans les puits qui ne lui a fait perdre aucune place, alors que lui s'est retrouvé neuvième.

Cela dit, l'Espagnol a eu droit à une petite leçon, en fin de course, quand le Japonais Kamui Kobayashi est revenu sur lui après un ravitaillement tardif. Le pilote de l'équipe Sauber n'a pas perdu une seconde pour passer à l'attaque et il a non seulement doubler Alonso à l'avant-dernier tour, mais aussi Alguersuari dans le tout dernier virage pour enlever une superbe septième place.

Webber s'en remettra-t-il?

Victime d'un accident spectaculaire alors qu'il avait déjà perdu ce Grand Prix d'Europe, Mark Webber doit s'ennuyer de son printemps de rêve. Il y a à peine un mois, l'Australien était en tête du Championnat du monde après deux victoires et quatre positions de tête.

En tête du Grand Prix de Turquie, il s'est accroché avec son coéquipier Sebastian Vettel et si c'est l'Allemand qui a écopé sur le coup, on peut se demander aujourd'hui si ce n'est pas Webber qui a le plus perdu dans l'affaire.

Déjà ébranlé psychologiquement - on raconte dans les paddocks que Vettel est favorisé par la direction de Red Bull - Webber devra maintenant se remettre d'un vol plané terrifiant dont il est bien chanceux d'être sorti sans blessures graves.

Le prochain Grand Prix, en Grande-Bretagne sur le circuit de Silverstone, est fait sur mesure pour Webber. Il n'aura aucun droit à l'erreur.

Avec AFP