Jenson Button s'est senti obligé d'expliquer que la chance n'avait rien à voir dans sa victoire au Grand Prix de Chine. «De la stratégie aux arrêts aux puits, tout doit être parfait si vous voulez gagner dans de telles conditions, a déclaré le Britannique en conférence de presse.

Michel Marois
Michel Marois LA PRESSE

«Aujourd'hui, nous avons tout eu bon. Ce n'est pas la chance qui nous a emmenés au sommet, nous avons pris les bonnes décisions.»

 

De bonnes décisions, en effet, et c'est encore Button qui s'est retrouvé du bon côté des choix stratégiques de son équipe, tandis que Lewis Hamilton se voyait obligé d'accomplir une autre de ses spectaculaires courses poursuites à obstacles.

 

Button n'a pas le panache de son coéquipier, tout le monde en conviendra, mais il démontre depuis le début de la saison une rare intelligence de la course. Et même lui admettra en son for intérieur que les astres (et les nuages...) l'ont bien aidé depuis le début de la saison.

 

Le voilà solidement installé en tête du Championnat du monde, une dizaine de points devant les principaux candidats au titre mondial, Alonso, Hamilton et Vettel, auxquels il faut maintenant ajouter l'étonnant Nico Rosberg.

 

L'équipe McLaren, qui est aussi maintenant en tête du championnat des constructeurs, a fait un pari audacieux en réunissant les deux derniers champions du monde. En 1988, l'équipe britannique avait déjà fait un pari semblable en associant le «professeur» Alain Prost et l'impétueux Ayrton Senna. Chacun avait remporté un titre mondial au cours des deux années d'une cohabitation très houleuse.

 

Aura-t-on droit à une répétition de ce scénario haut en couleurs?

 

Dans la même veine, on prédisait après le Grand Prix de Malaisie que les choses se corseraient chez Ferrari. Fernando Alonso s'en est assuré en réservant à Felipe Massa l'un de ces coups de poignard qui ont le tour de mettre le feu aux poudres. Il n'avait sans doute pas le choix pour préserver ses chances d'obtenir un bon résultat, mais en passant Massa juste avant un ravitaillement délicat, en condamnant son coéquipier à perdre une grosse poignée de secondes, Alonso a montré qu'il entendait être le patron chez Ferrari.

 

Les ennuis de Schumacher

 

Michael Schumacher a-t-il commis une erreur en revenant à la compétition?

 

Il est encore un peu tôt, certes, mais le septuple champion du monde a vraiment été à la peine à Shanghai, même s'il avait fait les bons choix stratégiques.

 

Alors que la pluie et les conditions précaires d'adhérence auraient dû l'avantager, en raison de son expérience, il a pris une lointaine 10e place, chanceux même que la course ne dure pas un tour ou deux de plus alors que les suivants fondaient sur lui.

 

Schumacher a eu beau féliciter les McLaren («The English team», dans ses mots) et son coéquipier Nico Rosberg, brillant troisième, il cachait très mal sa déception après la course. Plus que tout, on le sentait à court d'explication.

 

L'Allemand a le talent et l'expérience pour corriger le tir rapidement, mais on commence à douter qu'il en ait vraiment la motivation à 41 ans.