Car le Conseil mondial de la Fédération internationale de l'automobile (FIA), réuni jeudi à Paris en session extraordinaire, s'est dit «convaincu» que l'équipe de Ron Dennis avait eu à sa disposition des «informations confidentielles concernant Ferrari et a donc enfreint l'article 151c du Code sportif international.»

Agence France-Presse

Car le Conseil mondial de la Fédération internationale de l'automobile (FIA), réuni jeudi à Paris en session extraordinaire, s'est dit «convaincu» que l'équipe de Ron Dennis avait eu à sa disposition des «informations confidentielles concernant Ferrari et a donc enfreint l'article 151c du Code sportif international.»

Cet article condamne «toute conduite frauduleuse ou tout acte préjudiciable à l'intérêt de la compétition ou à l'intérêt général du sport automobile.»

Mais Dennis a manifestement réussi à convaincre le Conseil mondial -auquel le patron de la Scuderia Jean Todt assistait en tant que partie prenante et non comme membre- que son équipe n'avait pas profité de ces informations acquises frauduleusement par un de ses employés -Mike Coughlan, le concepteur des monoplaces MP4-22 de Fernando Alonso et Lewis Hamilton- qui agissait, selon lui, à titre strictement personnel.

Soulagé

«Il n'y a pas suffisamment de preuves que ces informations aient été utilisées à l'encontre du règlement du Championnat du monde de F1 de la FIA. Nous décidons donc de n'infliger aucune pénalité», a ainsi conclu le Conseil mondial après avoir entendu durant plusieurs heures Ron Dennis.

«La punition est à la hauteur du crime (commis)», s'est félicité un Dennis manifestement soulagé après le verdict.

En revanche, ce verdict a provoqué la colère de Ferrari qui juge «incompréhensible que la violation du principe fondamental de l'honnêteté sportive n'ait pas eu comme conséquence logique et inévitable l'application d'une sanction».

«La décision de jeudi rend légitime un comportement malhonnête en F1 et crée un très grave précédent», souligne la Scuderia.

En fait, la décision de la FIA sauve le Championnat car McLaren-Mercedes, qui est en tête du classement des constructeurs avec 27 points d'avance sur Ferrari après 10 des 17 Grands Prix de l'année, et ses pilotes -Hamilton domine le plateau devant Alonso à 2 longueurs- risquaient l'exclusion.

«Exclusion en 2007 et 2008»

Néanmoins, le Conseil mondial a tenu à souligner que cette sanction n'était pas totalement écartée puisqu'il était avéré, à ses yeux, que McLaren-Mercedes disposait effectivement d'informations confidentielles sur son principal adversaire.

«Si à l'avenir il est démontré que les informations concernant Ferrari ont été utilisées au détriment du Championnat, nous nous réservons le droit de convoquer de nouveau McLaren-Mercedes devant le Conseil mondial où l'écurie encourra une exclusion non seulement du Championnat 2007, mais aussi du Championnat 2008», prévient la FIA.

Mais si la décision de la FIA jeudi met un terme au moins provisoire au feuilleton sur un plan sportif, le volet judiciaire, lui, est toujours en cours d'instruction.

Car la FIA s'était saisie du côté sportif du dossier après que Ferrari eut porté plainte devant la justice criminelle italienne et la justice civile britannique pour des faits d'espionnage industriel.

La Scuderia accuse en effet Stepney, un ancien chef mécanicien licencié depuis le début de l'affaire, d'avoir transmis des documents confidentiels concernant la monoplace F2007 utilisée par Kimi Räikkönen et Felipe Massa cette saison à Coughlan, lui-même suspendu par McLaren-Mercedes.