Au rythme où il enfile les victoires et les records, Sebastian Vettel rejoindra son aîné et compatriote Michael Schumacher dans les annales de la Formule 1 d'ici quelques années. À seulement 26 ans, le quadruple champion du monde est déjà «l'un des meilleurs pilotes de tous les temps», dixit son patron d'écurie, Christian Horner. Explications de cette réussite.

Sébastien Templier LA PRESSE

Une motivation sans bornes

La détermination de Sebastian Vettel n'est pas une qualité qui saute aux yeux lorsqu'on le rencontre. Il est pourtant de la trempe de ceux qui ne lâchent rien. Une formule qui est loin d'être un cliché. «En Formule 3, il dormait dans le camping-car avec son père au fin fond du paddock. Ils ont toujours eu un objectif commun tous les deux. C'est une motivation qui vient de loin, qui n'est pas surfaite», a expliqué récemment, dans le quotidien L'Équipe, Frédéric Vasseur, qui a dirigé le jeune Vettel au milieu des années 2000 au sein de l'écurie ASM.

L'intelligence au service du groupe

Devant les caméras et les micros, Vettel est très à l'aise, affable et respectueux. Bref, séduisant. L'Allemand a le plus souvent les mots justes. Dans les paddocks, c'est la même chose. Témoin privilégié de son ascension, Frédéric Vasseur louange son intelligence en groupe :  «Il a toujours écrasé ses adversaires parce qu'il est aussi capable de motiver toute l'équipe autour de lui. C'est quelqu'un qui a su créer une dynamique autour de lui. [...] C'est quelqu'un de supérieur à la moyenne en terme d'intelligence et de compréhension du fonctionnement d'une équipe.»

Un talent inné

En piste, la qualité première de Vettel est sa vitesse. C'est un pilote incontestablement doué. Son talent était manifeste dès ses débuts en Formule BMW ADAC et en Formule 3. Comme le fait remarquer l'ancien pilote de Champ Car Patrick Carpentier, «partout où Sebastian Vettel est passé, il a gagné». En 2008, il devient le plus jeune pilote à décrocher la position de tête sur une grille de départ, au Grand Prix d'Italie. Il n'a alors que 21 ans. La même fin de semaine, il remporte la course. Il est alors le plus jeune pilote victorieux d'un GP. La particularité de ces premiers exploits est qu'il les signe au volant d'une Toro Rosso. À partir de cette année-là, plus rien ne stoppera sa progression en F1.

Tout sauf fougueux

Sebastian Vettel est le genre de pilote qui veut tout savoir et tout comprendre concernant sa voiture. «Il est beaucoup plus calculateur que Fernando Alonso, moins spectaculaire, mais plus efficace », précise Patrick Carpentier. Vettel est tout sauf un feu follet en piste. Il n'a pas un caractère sanguin. «Émotionnellement, il est beaucoup plus stable qu'Alonso, rien ne l'affecte. Comme Michael Schumacher», ose avancer Carpentier.

Le meilleur tandem d'ingénieurs

Les succès de Sebastian Vettel sont indissociables du travail colossal réalisé par Adrian Newey, concepteur des Red Bull depuis 2007. Le directeur technique de l'écurie est l'artisan de la voiture la plus rapide et la plus fiable des dernières années. Sans lui, il n'est pas certain que Vettel aurait accumulé autant de titres et de records. Son bras droit, Guillaume Roquelin, joue également un rôle primordial. Cet ingénieur de piste français est l'intermédiaire, par radio, entre le concepteur et le pilote. Ses recommandations sont essentielles. «Tant que Newey et Roquelin seront là, Vettel ira loin», estime Patrick Carpentier. Mais si Vettel possède la meilleure voiture des paddocks, encore faut-il savoir l'exploiter à sa juste mesure.