Le championnat du monde de F1 débute enfin ce week-end en Australie et on pourra évaluer l'impact des nombreux changements techniques survenus pendant l'intersaison.

Mis à jour le 26 mars 2011
Michel Marois LA PRESSE

Avec un nouveau fournisseur de pneus (Pirelli), le retour du système de récupération d'énergie cinétique (SREC), la légalisation des ailerons arrière mobiles et l'apparition de systèmes d'échappement avancés, les monoplaces seront fort différentes en 2011.

La liste des favoris est toutefois la même et le champion du monde Sebastian Vettel a la faveur des pronostiqueurs pour enlever une deuxième couronne. La nouvelle Red Bull RB7 s'est en effet imposée comme la plus rapide lors des essais hivernaux et personne ne doute que le jeune Allemand va rapidement prendre l'ascendant sur son coéquipier Mark Webber.

Vettel se serait sûrement imposé plus facilement en 2010 si Webber n'avait pas profité de ses nombreux ennuis pour prendre l'avantage au championnat et forcer son équipe à lui accorder le même traitement. Désormais fort d'un titre et d'un contrat de quatre ans qui fait de lui le leader incontesté de Red Bull, Vettel ne se contentera sûrement plus de rouler derrière son coéquipier, comme il l'a fait plusieurs fois la saison dernière.

Alonso est confiant

Fernando Alonso a bien failli priver Vettel de son sacre l'an dernier. N'eût été une erreur stratégique (un ravitaillement trop hâtif l'avait relégué derrière des concurrents beaucoup plus lents pendant presque toute la course) dans le dernier Grand Prix de la saison, à Abu Dhabi, c'est lui qui aurait été couronné.

La bévue a entraîné plusieurs changements chez Ferrari, même le directeur Stefano Domenicali a failli démissionner. La Scuderia semble toutefois avoir retenu la leçon et la nouvelle F150 a été la plus impressionnante cet hiver avec la Red Bull. Incontestable leader chez Ferrari, Alonso profitera sûrement d'un meilleur appui de son coéquipier Felipe Massa, désormais parfaitement guéri des séquelles de son grave accident de 2009.

En principe, on placerait Lewis Hamilton et Jenson Button aux troisième et quatrième rangs sur la liste des prétendants au titre 2011. C'est toutefois sans compter sur la nouvelle McLaren MP4-26, une monoplace décevante jusqu'ici qui semble déjà condamner ses pilotes à une saison difficile.

L'équipe britannique, l'une des plus riches du plateau, a toutefois déjà démontré une rare capacité de récupération et promet de nombreuses améliorations dès ce week-end. Hamilton reste par ailleurs l'un des pilotes les plus rapides, capable d'exploits même au volant d'une monoplace perfectible.

Schumacher continue

Très décevant pour son retour en F1 la saison dernière, le septuple champion du monde Michael Schumacher remet ça cette année avec des ambitions toujours élevées, mais des objectifs plus modestes en début de saison.

La nouvelle Mercedes, toujours aussi belle dans sa robe argentée, a bien progressé tout au long des essais hivernaux, restant toutefois en retrait de ses meilleures rivales. Schumacher et son coéquipier Nico Rosberg vont certes marquer des points et peut-être même monteront-ils régulièrement sur les podiums. Mais ils auront besoin d'un coup de pouce de la chance pour remporter une victoire.

On aurait pu dire la même chose de Robert Kubica et de sa Renault, si le talentueux pilote polonais n'avait pas été victime d'un très grave accident de rallye qui a failli lui coûter un bras et met toujours en doute la suite de sa carrière.

Originale dans sa conception, la R31 a bien fait lors des essais avec l'Allemand Nick Heidfeld au volant. Moins rapide que Kubica, Heidfeld a toutefois l'expérience nécessaire pour bien exploiter le potentiel de cette voiture, au contraire de son coéquipier russe Vitaly Petrov.

Derrière le top 10

Les autres équipes en lice ne devraient en principe se contenter que des miettes. Williams, Sauber, Force India et Toro Rosso ont les moyens pour grappiller des points à chaque Grand Prix, mais il faudrait un miracle pour permettre à l'un ou l'autre de leurs pilotes de monter sur un podium.

Les «nouvelles» équipes, Lotus, Virgin et HRT, amorceront une deuxième saison avec l'objectif très modeste de combler un peu l'écart qui les sépare encore des autres. Du groupe, Lotus semble la mieux préparée et ses pilotes - Jarno Trulli et Heikki Kovalainen - n'ont pas caché leur espoir d'obtenir quelques bons résultats en cours de saison.

L'équipe britannique devra pourtant d'abord se battre pour... garder son nom! La division tourisme du constructeur britannique, propriété d'un autre groupe, s'est en effet associée à Renault (qu'on doit maintenant appeler Lotus-Renault), de sorte qu'il y a maintenant deux équipes «Lotus» en F1.

L'affaire est devant les tribunaux et ne se règlera sans doute pas avant plusieurs mois, sinon des années. Tout le monde ne peut rouler à la même vitesse...