Sebastian Vettel (Red Bull) a trois jours, d'ici au Grand Prix d'Australie dimanche, pour profiter pleinement de son statut de champion du monde de F1, avant que le reste du paddock, son coéquipier Mark Webber et Fernando Alonso (Ferrari) en tête, ne tente de le détrôner.

Mis à jour le 26 mars 2011
Joris Fioriti AGENCE FRANCE-PRESSE

«Si tu cours pour Ferrari, il n'y a pas d'autre but que de se battre pour le Championnat», l'a averti sans sourciller Fernando Alonso.

«Au final, tu peux gagner, ou perdre. Cela dépend de ton niveau de compétitivité, et de beaucoup d'autres facteurs. Mais nous devons être à ce niveau. Et je suis sûr que nous y serons jusqu'au dernier moment», a poursuivi l'Espagnol.

La Scuderia et son double champion du monde n'ont toujours pas encaissé la défaite de 2010. Une erreur de stratégie avait permis à Vettel de remporter la course et d'être sacré à Abou Dhabi, dernière épreuve de la saison, un Grand Prix qu'Alonso avait pourtant débuté dans la peau du leader au général.

L'autre grand perdant de l'an passé, Mark Webber, est dans le même état d'esprit. L'Australien, qui devançait également son coéquipier avant l'ultime bataille, avait tout perdu lors d'un arrêt aux puits mal calculé - calcul qu'avait copié Ferrari.

«Ma recette pour cette année? Faire un saison similaire, mais avec un résultat final légèrement différent», a ironisé Webber, finalement troisième du classement 2010, derrière Vettel et Alonso. Et l'Australien de rappeler «l'hiver plutôt doux», sans chaos, vécu par Red Bull, qui a certes parcouru «moins de kilomètres» que Ferrari, une équipe «sensationnelle à l'histoire phénoménale».

«Nous ne sommes qu'une compagnie vendant des boissons, a souri Webber. Nous battre contre de tels gars est gratifiant. Mais Red Bull a encore placé la barre haut cette année. Remporter les deux championnats serait parfait. Même si nous avons vu en 2010 qu'au final, cela peut aller dans les deux sens.»

 

Kangourou

McLaren, qui faisait partie lors du dernier exercice du trio de tête des constructeurs (2e), aura plus de mal à s'y maintenir.

«Les essais d'hiver n'ont pas été bons pour nous. Nous ne connaissons pas le vrai niveau de notre voiture. (...) Tout ce que nous savons, c'est que nous ne sommes pas aussi rapides que les Red Bull et les Ferrari», a reconnu Jenson Button.

À l'inverse, des écuries comme Lotus Renault ou Mercedes paraissent en progrès constant.

«Mercedes a réalisé un énorme pas en avant cette année par rapport à la précédente. Ce week-end, c'est à nous (pilotes) de le prouver», a affirmé Michael Schumacher, rayonnant, pour qui Mercedes peut «se battre» pour «la deuxième place» derrière Red Bull.

«Cette année, mon objectif réel serait de lutter pour le podium et si les choses vont bien, pour une victoire. Mais est-ce que cela me met dans une position de jouer le championnat? Non», a toutefois corrigé le septuple champion du monde, aux 42 printemps.

Pas de quoi effrayer Vettel, optimiste avant un GP d'Australie où il a pourtant abandonné trois fois en autant de participations. «J'aime le tracé et leur trophée est chouette, si tu montes sur le podium. Je ne sais pas si c'est encore le cas, mais avant il y avait un kangourou sur la coupe. C'est quelque chose que tu peux avoir seulement ici», a déclaré l'Allemand.

«Cette année, je viens en champion, a-t-il rappelé. Je veux continuer à gagner. C'est pour ça qu'on a travaillé tout l'hiver. Alors, je veux vivre un bon week-end, pour décrocher un trophée avec un satané kangourou.» Un premier souhait de Vettel qui ne sera pas exaucé: le marsupial a disparu de la coupe.

Photo AFP

Contrairement ce que croit Sebastian Vettel, il n'y a pas de kangourou sur le trophée remis au gagnant du GP d'Australie. On présume que l'Allemand n'en fera pas trop de cas s'il monte sur la plus haute marche du podium, dimanche.