Après une première année ratée, où il a davantage fait rire qu'impressionner, le septuple champion du monde allemand Michael Schumacher doit cette saison se montrer à la hauteur de sa réputation, afin que son retour en Formule 1 ne se transforme pas en un couac retentissant.

Mis à jour le 25 mars 2011
Joris Fioriti AGENCE FRANCE-PRESSE

Le pari de "Schumi" était osé. Effectuer un retour gagnant dans une discipline qu'il a archi-dominée relevait du conte de fée, après trois années de retraite dorée, passées tantôt à jouer au représentant de luxe pour Ferrari, tantôt à s'amuser à moto.

L'Allemand détenait jusque-là tous les records. Sept sacres (1994, 1995, 2000, 2001, 2002, 2003 et 2004) en 16 saisons, de 1991 à 2006, pour 91 succès, 68 pole positions et 1369 points inscrits. Ses nombreux fans espéraient le retrouver instantanément à son niveau d'antan. Il n'en a rien été.

Trois quatrième places comme meilleurs résultats, un total de 72 points grappillés en 2010, la moitié de son coéquipier et compatriote Nico Rosberg (142), des jeunes pilotes tels que Jaime Alguersuari ou Nico Hülkenberg qui lui règlent son compte au gré des courses: dire que Schumacher a déçu relève de l'euphémisme.

«Il est vrai que ma réadaptation a duré plus longtemps que ce que j'espérais, a-t-il reconnu dans une interview à l'agence SID. J'ai toujours su que ça allait être dur et que je n'avais aucune garantie de réussite. Mais je suis le genre de mec que de tels défis poussent encore plus.»

L'Empereur - son surnom du temps de sa splendeur - a en plus épisodiquement montré son pire visage. Comme lorsqu'il a méchamment serré Rubens Barrichello contre un muret à Budapest pour empêcher son ancien faire-valoir chez Ferrari de le dépasser. Les deux hommes ont manqué de peu de s'écraser l'un contre l'autre.

 

À l'avant

Une manoeuvre sans doute oubliée lorsqu'il se dit neuf mois plus tard «plus relâché, plus tranquille, plus patient qu'avant», avant de poursuivre sans rire: «La F1 est devenue plus lente ces dernières années.»

Schumacher a donc été critiqué, moqué, vilipendé. Il a su rester imperturbable. L'argument, maintes fois répété, selon lequel sa Mercedes ne pouvait lui permettre de lutter pour la victoire, est incontestable. Même si Rosberg, lui, est monté trois fois sur le podium l'année dernière.

Un sursaut est donc obligatoire en 2011. Les deux Allemands ont disposé d'un an et d'une intersaison pour aider au développement de la nouvelle flèche d'argent. Leurs efforts semblent avoir porté leurs fruits. Au volant de la W02 (modèle 2011), ils ont signé les meilleurs temps des dernières journées d'essais d'avant-saison.

«Je suis impatient d'arriver en Australie où j'espère figurer en raisonnablement bonne position», a observé Schumi après coup, ajoutant: «Je ne suis pas sûr que tout le monde ait dévoilé toutes ses cartes. Nous le verrons à Melbourne», où se tient dimanche le Grand Prix d'ouverture.

«Nous sommes définitivement dans la bonne direction. Quant à savoir si c'est une voiture gagnante, il faut encore attendre quelques courses, a-t-il estimé. Mais avec cette auto, nous allons pouvoir lutter à l'avant. C'est la bonne nouvelle.»

Une nouvelle de nature même à rassurer ses adversaires. Comme Sebastian Vettel, dont il fut l'idole, qui dit «croire encore en lui»... avant de se reprendre: «Mais je ne souhaite quand même pas qu'il me batte!»

Photo Reuters

Nico Rosberg a régulièrement terminé devant son coéquipier Michael Schumacher l'an dernier, si bien qu'il a inscrit près du double de points que le septuple champion du monde.