Crise économique oblige, la F1 s'est payé un gros examen de conscience cet hiver. Plus que jamais, les coûts seront réduits au minimum. On n'a pas oublié les amateurs pour autant : les nouveaux règlements sportifs et technologiques adoptés cette année devraient rehausser le spectacle, notamment en favorisant les dépassements.

Stéphanie Morin LA PRESSE

Voici la F1 nouvelle, telle qu'elle apparaîtra à Melbourne le week-end prochain (et telle qu'on la verra au petit écran, faute de pouvoir l'admirer sur l'île Notre-Dame...)

 

Règlements sportifs

La dernière trouvaille de la FIA: le pilote ayant remporté le plus de victoires sera sacré champion, pas celui ayant accumulé le plus de points. Le système de points décroissants demeure en place pour déterminer le reste du classement et pour départager deux pilotes qui termineraient à égalité en tête. Le championnat des constructeurs n'est pas touché par ce changement. Devant la grogne des écuries, la FIA songe à reculer. Improvisation, vous dites?

La ligne des puits reste ouverte lors des sorties de la voiture de sécurité. Les F1 seront équipées d'un système électronique (comprenant un GPS) qui leur indiquera le temps minimum pour ravitailler, selon leur position sur la piste. Si un pilote entre plus tôt aux puits, il sera pénalisé. On veut ainsi éviter de voir des pilotes accélérer pour ravitailler au plus vite. L'an dernier, la ligne des puits était fermée... et les courses devenaient parfois un peu compliquées à suivre.

Le poids des voitures sera dévoilé après la qualification. On pourra deviner plus aisément le niveau d'essence (donc la stratégie) de chacun.

Règlements technologiques

Après 10 ans de rainures, c'est le retour du pneu lisse, qui offrira un maximum d'adhérence. Bridgestone va désormais fournir quatre types de gommes : deux gammes de pneus secs, intermédiaires et mouillés.

Une véritable révolution aérodynamique est amorcée. L'objectif : favoriser les dépassements en diminuant les appuis aérodynamiques (on parle de 50%). L'aileron avant est plus large et plus près du sol. L'aileron arrière, plus étroit, est installé en hauteur. Les châssis sont aussi plus épurés : plusieurs pièces superflues (comme des déflecteurs, des ailettes ou des cheminées) sont désormais interdites. Le look final est un brin étrange, mais s'il permet de doubler plus facilement...

Le système de récupération de l'énergie cinétique (le SREC ou KERS pour les anglos) va faire son apparition chez certaines écuries. Cette innovation permet de transformer l'énergie stockée lors des freinages pour une plus grande accélération. L'avantage pourrait être énorme: 80 chevaux supplémentaires qui pourront servir pendant un peu moins de sept secondes par tour. On estime que le SREC pourrait retrancher quelques dixièmes de seconde sur un tour... Le pilote aura le contrôle total de ce nouvel outil : c'est lui qui décidera en appuyant sur un « boost button « situé sur le volant du moment où il voudra libérer ces précieux chevaux. Un formidable défi d'ingénierie : les écuries planchent là-dessus depuis des mois.

Chaque pilote est maintenant limité à huit moteurs par saison (plus quatre moteurs par équipe pour les essais libres). Les écuries peuvent gérer leurs moteurs comme bon leur semble, mais une fois les huit utilisés, chaque changement vaudra une perte de 10 places sur la grille pour le pilote. Les moteurs passent de 19 000 à 18 000 révolutions/minute, pour accentuer leur fiabilité.

C'est la fin des essais libres pendant la saison. Et les souffleries ne devront pas fonctionner plus de 40h par semaine. Les nouveautés en milieu de saison se feront plus rares...

 

Dommage...

Sans doute inspirés par le NASCAR, les dirigeants de la F1 ont décidé qu'il était temps de rendre les pilotes plus disponibles. Dorénavant, Alonso, Raikkonen et compagnie devront être disponibles pour signer des autographes dans la ligne des puits lors de la journée d'essais libres du vendredi. À Montréal, les gradins étaient déjà bondés avec les pilotes cachés dans les garages... Imaginez le succès monstre que ça aurait été.

 

CALENDRIER 2009

29 mars GP d'Australie Melbourne

5 avril GP de Malaisie Sepang

19 avril GP de Chine Shanghai

26 avril GP de Bahreïn Sakhir

10 mai GP d'Espagne Barcelone

24 mai GP de Monaco Monte Carlo

7 juin GP de Turquie Istanbul

21 juin GP de Grande-Bretagne Silverstone

12 juillet GP d'Allemagne Nurburgring

26 juillet GP de Hongrie Budapest

23 août GP d'Europe Valence, Espagne

30 août GP de Belgique Spa-Francorchamps

13 septembre GP d'Italie Monza

27 septembre GP de Singapour Singapour

4 octobre GP du Japon Suzuka

18 octobre GP du Brésil Interlagos

1er novembre GP d'Abou Dhabi Yas Marina

 

 

Sur la grille en 2009

Un seul nouveau nom parmi les pilotes de F1 cette année: celui du Suisse Sébastien Buemi, sixième l'an dernier lors du championnat de GP2.

McLaren (MP4-24)

1 Lewis Hamilton Grande-Bretagne

2 Heikki Kovalainen Finlande

Ferrari (F60)

3 Kimi Raikkonen Finlande

4 Felipe Massa Brésil

BMW-Sauber (F1.09)

5 Robert Kubica Pologne

6 Nick Heidfeld Allemagne

Renaud (R29)

7 Fernando Alonso Espagne

8 Nelsinho Piquet Brésil

Toyota (TF109)

9 Jarno Trulli Italie

10 Timo Glock Allemagne

Toro Rosso (STR4)

11 Sébastien Buemi Suisse

12 Sébastien Bourdais France

Red Bull (RB5)

14 Mark Webber Australie

15 Sebastian Vettel Allemagne

Williams (FW31)

16 Nico Rosberg Allemagne

17 Kazuki Nakajima Japon

Brawn GP (BGP-001)

18 Jenson Button Grande-Bretagne

19 Rubens Barrichello Brésil

Force India (VJM02)

20 Adrian Sutil Allemagne

21 Giancarlo Fisichella Italie