Après deux années de disette, le double champion du monde de Formule 1, l'Espagnol Fernando Alonso, se montre ambitieux quant à ses chances de remporter le titre en 2009, au volant d'une Renault au potentiel enfin retrouvé.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Lors d'un entretien récemment accordé à une télévision espagnole, dans lequel on lui demandait d'évaluer ses «possibilités d'être champion» en 2009, sur une échelle de dix, le pilote a répondu «sept».

Il a également estimé à cinq sur dix ses chances de remporter le premier Grand Prix de la saison, à Melbourne en Australie le 29 mars.

«Je suis beaucoup plus optimiste que l'année dernière, sans aucun doute», a déclaré Alonso. En 2008, «après les deux ou trois premières courses, je pensais que ce serait une année de vacances, pour voir les circuits et découvrir les villes», avait-il raconté lors d'essais à Barcelone.

«La voiture n'allait pas mal, mais il nous manquait un moteur», avait-il rappelé. Au bout de dix courses, l'Espagnol n'avait inscrit que 13 points, une moyenne indigne de son rang.

Mais «au final, on a fait de bons résultats, grâce au travail de l'équipe», s'était souvenu Alonso. En inscrivant 48 points en huit courses, dont deux victoires et une deuxième place, il s'était classé 5e du championnat. Un tel rythme, s'il l'avait tenu sur l'année, lui aurait permis de remporter le titre.

«A sept dixièmes»

Tout les espoirs sont donc permis, puisque la Renault R29 (modèle 2009) a «un moteur amélioré» par rapport à la mouture précédente et qu'elle se montre «facile à conduire» et «performante», dixit l'Espagnol.

«Cette année, le point de départ est meilleur, constate-t-il. Nous ne sommes pas si loin, à une seconde et demi des meilleurs (comme l'an dernier), mais à sept dixièmes, très près. L'important, ce sont les évolutions. Si nous évoluons aussi bien que l'année dernière, on aura plus d'espoir.»

Ces sept dixièmes représentent toutefois un écart conséquent. D'autant que, par rapport à 2008, où McLaren-Mercedes et Ferrari avaient raflé quatorze des dix-huit Grand Prix, la concurrence s'annonce fournie pour le championnat à venir. «Il y aura plus de bataille», analyse-t-il.

«BMW Sauber est favori pour l'Australie, Ferrari et Brawn GP aussi, et Toyota va vite. Ils sont constants», dit Fernando Alonso.

Interrogé en Catalogne, le double champion du monde se montrait aussi très impressionné par l'écurie Brawn GP, issue du rachat de Honda F1 par l'ancien directeur technique Ross Brawn.

Méthode Coué ou bluff maîtrisé

«Brawn GP, on ne sait pas combien d'essence ils transportent, mais nous, même en roulant sans essence, nous n'arriverions pas à faire leurs temps. Ils sont un pas devant nous», jugeait-il.

Derrière ces quatre écuries, et devant McLaren-Mercedes, Alonso se poste donc en attente. «Cette année, les temps au tour sont très proches. On ne peut pas se relâcher. Peut-être qu'en trouvant quelque chose (au niveau technique), on peut passer de quatrième équipe à première», observait-il.

Lundi 16 mars, aux essais de Jerez de la Frontera (sud de l'Espagne), Alonso a même signé le meilleur chrono du jour. Mais son temps était supérieur de près d'une demi-seconde à celui signé par Jenson Button sur Brawn GP le lendemain, et presque une seconde plus lent que celui de Kazuki Nakajima (Williams) trois jours plus tard.

Méthode Coué ou bluff maîtrisé, Alonso sera confronté à son ambition affichée dès le Grand Prix d'Australie dimanche prochain.