Robert Kubica ne roule pas sur une Ferrari ou une McLaren-Mercedes, il ne fait pas beaucoup parler de lui mais ses performances et sa constance sur une BMW Sauber un ton en-dessous en font pourtant l'un des acteurs de tout premier plan du Championnat du monde de Formule 1.

Marc-Antoine Baudoux AGENCE FRANCE-PRESSE

Dimanche à Monaco le premier pilote de F1 polonais de l'Histoire est une nouvelle fois monté sur le podium, son troisième cette saison après la Malaisie (deuxième déjà) et Bahreïn (troisième).

Pour la cinquième fois consécutive il a ramené de gros points et avec 32 points, il est quatrième au Championnat du monde pilotes derrière Lewis Hamilton (McLaren-Mercedes, 38 pts) et les deux pilotes Ferrari Kimi Raikkonen (35 pts) et Felipe Massa (34 pts).

«Pour être honnête je pense que si j'en suis là c'est parce que je suis le plus constant au championnat, estime Kubica. Je fais de mon mieux pour arriver à tirer le maximum de la voiture à chaque course même si à Monaco elle n'était pas au niveau où je l'attendais. D'ailleurs je ne pensais pas qu'elle serait assez rapide pour me permettre de finir deuxième.»

Les BMW Sauber ont en effet tutoyé les McLaren-Mercedes voilà quelques semaines, notamment en Malaisie et à Bahreïn. Depuis elles sont un tout petit peu en-dessous des Ferrari et McLaren-Mercedes.

«Il faut voir aussi qu'en Australie si j'avais fini la course j'aurais au moins six points de plus, et que mon pire résultat serait une quatrième place: je crois que ce n'est pas mal», reprend le Polonais.

Revanche à Montréal ?

Melbourne reste en effet sa seule fausse note quand il avait été percuté par Kazuki Nakajima (Williams) alors que les deux hommes roulaient derrière la voiture de sécurité.

Le Polonais est par ailleurs en train de tuer toute concurrence au sein de l'écurie BMW Sauber, où il a pris un sérieux ascendant sur son coéquipier Nick Heidfeld. Ce dernier s'est accroché avec Fernando Alonso (Renault) et est reparti bredouille de Monaco. Il est dorénavant relégué à 12 points de son coéquipier, imperturbable quelles que soient les conditions.

«Comme toujours Robert est resté très calme malgré les mauvaises conditions et même au pire moment où il n'y avait plus de visibilité il n'a commis aucune erreur», se félicitait Willy Rampf, le directeur technique de BMW Sauber après le quatrième podium de l'écurie cette saison.

Celui que ses concurrents considèrent comme l'un des pilotes les plus difficiles à dépasser n'est pas sorti de la piste une seule fois depuis le début de l'année, ni en course ni en essais. Il a décroché la première pole position de sa carrière à Bahreïn et il ne lui manque plus à présent qu'une victoire en course pour affirmer un peu plus son statut naissant de prétendant au titre.

Si tout allait dans son sens, Robert Kubica pourrait d'ailleurs prendre la tête du championnat dans deux semaines au Canada. Ce serait une belle revanche pour lui après son très spectaculaire accident à Montréal l'an passé.