C'était jour de relâche, hier, à Monaco. Une longue tradition qui a à voir avec l'Ascension...

Christian Tortora LA PRESSE

Par contre, la journée de jeudi a été très animée... surtout avec Max Mosley dans les parages. La première visite du président de la FIÀ depuis les événements que l'on sait a posé un problème à tout le monde. Comme il habite à Monaco, c'était un peu difficile de lui interdire l'accès au circuit, mais le Prince a été clair. Il a bien précisé que Mosley n'avait aucune fonction officielle ce week-end et qu'il ne monterait pas sur le podium. Il fallait le voir passer dans la ligne des stands avec tout le monde qui se cachait pour ne pas être vu en sa compagnie! Il est persona non grata ici, surtout que la situation avec Bernie Ecclestone n'est pas au beau fixe.

Mosley a laissé entendre aux délégués - qui doivent voter le 3 juin - que s'ils ne lui renouvelaient pas leur confiance, la FIÀ était foutue et qu'elle disparaîtrait de la F1. D'après ce que j'ai appris, Bernie rêve qu'un jour la réglementation de la F1 soit confiée à une entreprise spécialisée, formée d'ingénieurs. Ils pourraient trouver des solutions pour que la F1 progresse, en tenant compte aussi des besoins des petites écuries. Tandis que la FIÀ est toujours fortement teintée de politique...

 

Sinon, outre le profil bas de Mosley, les essais libres ont fait beaucoup jaser. En raison de la disparition de l'antipatinage, on avait peur de voir beaucoup de voitures frapper les barrières. Eh bien, non! La séance a été fabuleuse. C'est là qu'on voit que les pilotes sont vraiment balèzes parce que ça glissait de tous bords tous côtés sur la piste. Et le pire: la météo n'est pas du tout optimiste pour le week-end. C'était glissant sur le sec, imaginez ce que ça sera sur le mouillé! C'est plutôt inquiétant pour demain.

 

Pour les pilotes, Monaco et Montréal risquent d'être les courses les plus difficiles sans aide électronique. Le pilotage sera aussi problématique à Montréal, sinon pire qu'à Monaco, à cause du freinage. L'électronique ne pourra plus répartir le freinage comme avant, ce qui empêchait les roues arrière de bloquer. Ça va partir dans tous les sens.

 

Ce week-end, on va honorer un grand monsieur de la F1, Frank Williams, qui va célébrer son 600e Grand Prix. Le paddock a un immense respect pour lui: pour son handicap, oui, mais surtout parce qu'il mène sa barque depuis tout ce temps. Tous les champions du monde qui ont gagné avec Williams, dont Jacques Villeneuve, l'ont félicité. Villeneuve, qui était d'ailleurs dans les puits jeudi, l'a remercié de lui avoir permis d'être champion du monde. Jacques semblait très heureux de sa victoire à Spa. Ça augure bien pour les 24 Heures du Mans... Sa bagnole est une merveille.

 

Propos recueillis par Stéphanie Morin.