«J'étais tanné en Champ Car de ne pas savoir ce que j'allais faire de course en course, a raconté le jeune pilote de 20 ans. Là, j'ai un contrat pour toute la saison et je suis vraiment content.»

Guy Robillard

«J'étais tanné en Champ Car de ne pas savoir ce que j'allais faire de course en course, a raconté le jeune pilote de 20 ans. Là, j'ai un contrat pour toute la saison et je suis vraiment content.»

Sa première course pour l'équipe ontarienne Jacombs Racing sera disputée à Canuya Park, tout près d'Hamilton.

À vrai dire, Ranger n'a pas eu à choisir puisque rien ne débouchait en Champ Car, où il a passé les deux dernières années. On pourrait considérer ce changement de décor comme un recul dans sa carrière, mais il préfère voir les choses autrement.

«Je vois ça comme un nouveau départ», dit-il.

Et s'il devait aboutir un jour en série Busch ou à la coupe Nextel, on ne pourra effectivement pas parler de recul.

Comme l'a d'ailleurs souligné Alexandre Tagliani, le stock car a le vent dans les voiles actuellement.

Ranger a aussi insisté pour rappeler ses racines en stock car. Son père a couru pendant quelque 25 ans sur terre battue et lui-même a commencé à le faire dès l'âge de 15 ans et a disputé près d'une dizaine de courses.

Ce sera différent sur l'asphalte et sur de plus grandes pistes, mais Ranger n'a guère d'inquiétude: «Je regarde ce qu'a fait Montoya, il n'a pas eu beaucoup de problèmes avec ça», dit-il en parlant du pilote passé avec succès directement de la Formule 1 et des circuits routiers à la coupe Nextel et aux pistes ovales.

Ranger pourrait quant à lui prendre part à la course de la série Busch qui sera présentée cet été sur l'île Notre-Dame, voire même à la course Champ Car de Mont-Tremblant.

«Toutes les portes sont ouvertes», a reconnu son agent Alan Labrosse. Mais la priorité demeure la saison de stock car, ont dit tour à tour le pilote et l'agent.

Ranger avoue une certaine frustration de ne pas avoir pu trouver de volant en Champ Car. Il savait que l'argent était le nerf de la guerre dans le sport qu'il a choisi mais c'est encore pire qu'il pensait.

«J'ai eu des résultats, rappelle-t-il. J'étais dans une équipe qui n'avait pas beaucoup d'argent mais j'ai quand même fait un podium et j'ai terminé régulièrement dans le top 10, ce que personne n'avait pu faire avant, même pas Justin Wilson.»

Malgré tout et même si tous semblent s'entendre sur son talent, aucune équipe n'a voulu l'engager.

Ranger était à Montréal avec Tagliani jeudi pour participer à une conférence de nouvelles au cours de laquelle on a annoncé que les deux pilotes québécois seront commandités par Wal-Mart Canada et Proctor & Gamble, ce qui était déjà le cas pour Ranger.

Les deux pilotes deviennent aussi porte-parole du «Tour du vainqueur», une campagne de financement pancanadienne au profit du Réseau Enfants-Santé, dont fait partie l'organisme québécois Opération Enfant Soleil, qui prodigue des soins médicaux, effectue de la recherche et fournit de l'éducation préventive pour aider des enfants à vaincre la maladie et les blessures.

À sa cinquième année d'existence, le Tour du vainqueur a amassé l'an dernier 209 000 $, incluant les sommes recueillies lors de la vente exclusive de billets chez Wal-Mart pour l'épreuve de Montréal.