«Cette année, nous allons au Mans pour apprendre», a répété Bruno Famin, le directeur technique de Peugeot Sport, dimanche en conférence de presse. «Nous ne nous considérons pas comme des outsiders d'Audi. Nous espérons effectuer le plus d'heures possibles, avec le moins de problèmes, en espérant boucler la totalité de la course».

Daniel Ortelli

«Cette année, nous allons au Mans pour apprendre», a répété Bruno Famin, le directeur technique de Peugeot Sport, dimanche en conférence de presse. «Nous ne nous considérons pas comme des outsiders d'Audi. Nous espérons effectuer le plus d'heures possibles, avec le moins de problèmes, en espérant boucler la totalité de la course».

«Les 24 Heures, cette année, seront pour nous une séance d'essais grandeur nature», disait déjà le directeur de l'équipe, Serge Saulnier, début février, quand le Québécois Jacques Villeneuve découvrait la 908. «Peugeot devrait faire un peu plus profil bas, parce que 2007 est vraiment une année pour se mettre en place, pour apprendre. Il faut laisser du temps au temps».

La première 908 a fait symboliquement ses premiers tours de roue le 31 décembre 2006, puis elle a été présentée à la presse le 10 janvier. Une demi-douzaine de séances d'essais ont eu lieu, la plupart sur deux ou trois jours, et tous les pilotes ont roulé, bouclant 4500 kilomètres en trois mois.

C'est environ la distance qu'il faudra parcourir au Mans en 24 heures, à la mi-juin. Avant la course mythique, il y aura deux répétitions générales de 1000 kilomètres, à Monza (Italie) le 15 avril et Valence (Espagne) le 6 mai, pour les deux premières manches des Le Mans Series (LMS).

«Fiabiliser l'auto»

«À ce jour, nous n'avons pas la fiabilité pour tenir 1000 kilomètres, reconnaît Saulnier. Les problèmes se règleront au fil des kilomètres et des courses». «L'objectif principal est de fiabiliser l'ensemble de l'auto. Nous ferons la même chose à Monza et Valence, qui seront deux séances d'essais grandeur nature», ajoute Michel Barge, le directeur de Peugeot Sport.

Heureusement pour Peugeot Sport, Audi ne participe pas à la série LMS, préférant se concentrer sur sa variante américaine (ALMS) et surtout les 24 Heures du Mans, que la R10 diesel a remporté en juin 2006, six mois après avoir été présentée à Paris. Six mois plus tôt, au Mans, Peugeot annonçait son retour en endurance. Depuis, le temps a passé et le retard s'est accumulé.

Alors les premières explications commencent à sortir, de la bouche même des responsables de Peugeot Sport: «Nous avons dû faire face à une diminution des effectifs de 30% au sein de Peugeot Sport après l'arrêt des rallyes WRC». Ou encore : «Nous avons dû revoir nos objectifs car le programme mis en place était très intensif. Notre équipe fait déjà un travail considérable. Il faut aussi prendre en compte la fatigue de l'équipe technique».

Face à l'ogre Audi, qui dépense sans compter, chaque année, pour gagner au Mans et le faire savoir, Peugeot a choisi une autre approche, plus lente, moins coûteuse, en phase avec son moteur diesel. Reste à savoir si, malgré ses moyens limités, la 908 pourra gagner au Mans, comme la 905 en 1992 et 1993. A l'époque de Jean Todt.