Leur rivalité remonte à quelques années déjà. Ron Dennis, le patron de l’écurie McLaren, et Max Mosley, le président de la Fédération Internationale de l’Automobile (la FIA) se détestent cordialement depuis que le premier a tenté de monter un championnat parallèle à la Formule 1, au sein duquel il a tenté de rallier tous les grands constructeurs – c’était l’aventure du GPMA, le Grand Prix Manufacturers Association. Le but, alors, était uniquement financier : Ron Dennis voulait que les écuries obtiennent une part des droits télévisés plus importante que celle qu’il avait pourtant lui-même acceptée en signant, en 1997, les fameux «Accords Concorde».

Luc Doumenjoz

Leur rivalité remonte à quelques années déjà. Ron Dennis, le patron de l’écurie McLaren, et Max Mosley, le président de la Fédération Internationale de l’Automobile (la FIA) se détestent cordialement depuis que le premier a tenté de monter un championnat parallèle à la Formule 1, au sein duquel il a tenté de rallier tous les grands constructeurs – c’était l’aventure du GPMA, le Grand Prix Manufacturers Association. Le but, alors, était uniquement financier : Ron Dennis voulait que les écuries obtiennent une part des droits télévisés plus importante que celle qu’il avait pourtant lui-même acceptée en signant, en 1997, les fameux «Accords Concorde».

Dans un premier temps, Ron Dennis semblait avoir réussi son pari, avant que Bernie Ecclestone, le détenteur des droits commerciaux de la Formule 1, ne parvienne à récupérer Ferrari dans son giron, puis à convaincre Renault, ce qui a alors provoqué l’éclatement du GPMA. Ron Dennis avait perdu.

Max Mosley en a toutefois gardé un profond ressentiment à son égard, attendant la première occasion de lui porter un coup fatal.

Une occasion qui semble désormais se présenter en beauté avec l’affaire de l’espionnage entre Ferrari et McLaren. Depuis le début du scandale, en juillet dernier, Ron Dennis a martelé que seul son ingénieur, Mike Coughlan, était au courant des informations confidentielles qu’avait transmises le traître de l’écurie Ferrari.

Ron Dennis était alors plus qu’affirmatif : à l’en croire, personne, chez McLaren, n’avait eu connaissance de ces informations. Faute de preuves suffisantes, le conseil mondial de la FIA, le 26 juillet dernier, a blanchi l’écurie.

La semaine dernière pourtant, un informateur inconnu a prévenu la FIA que tout le monde, chez McLaren, était bien au courant de ces informations confidentielles, et que Pedro de la Rosa (l’essayeur de l’écurie) avait échangé avec Fernando Alonso un courriel détaillant les réglages des Ferrari.

Du coup, Max Mosley a obligé les pilotes McLaren, Fernando Alonso, Lewis Hamilton et Pedro de la Rosa, à dévoiler ce qu’ils savent de l’affaire, sous peine du retrait de leur licence. Et en leur promettant l’immunité s’ils avouaient la vérité – un procédé éminemment critiquable qui tient des méthodes de la Gestapo.

C’est leur réponse qui a constitué les «éléments nouveaux» qui ont convaincu la FIA de rejuger l’affaire devant son conseil mondial, jeudi prochain. Ron Dennis ayant manifestement menti, on ne voit pas comment l’écurie pourrait cette fois échapper à une lourde sanction – son exclusion de plusieurs Grands Prix, voire du championnat 2007 tout entier.

À Monza, dans une ambiance plombée, la rumeur veut que ce soit Fernando Alonso lui-même qui ait dévoilé l’existence de ce courriel à la FIA, dans le but de se défaire de son contrat 2008 avec McLaren. L’Espagnol, en effet, n’a plus qu’une chose en tête : quitter au plus vite l’écurie anglaise. Vendredi, entre les deux séances d’essais, alors que Lewis Hamilton revoyait ses réglages avec ses ingénieurs, Fernando Alonso a passé plus d’une heure, seul, attablé à la fenêtre du motorhome de l’écurie, comme dans un autre monde.

Ce qui ne semble pas affecter ses performances, puisqu’il a signé hier sa première pole-position depuis le Grand Prix de Monaco, juste devant ce diable de Lewis Hamilton par qui sont venus tous ses maux… Car si le jeune Britannique n’était pas son coéquipier, Fernando Alonso se plairait bien au volant de la voiture la plus rapide du plateau…