Hier, la Fédération internationale de l'automobile a dévoilé son calendrier provisoire pour la saison 2008. Sur les 18 courses prévues, seul le Grand Prix du Canada est inscrit à titre provisoire (pour le 8 juin). Les courses de Singapour et de Valence sont conditionnelles à l'approbation du circuit par la FIA.

Stéphanie Morin

Hier, la Fédération internationale de l'automobile a dévoilé son calendrier provisoire pour la saison 2008. Sur les 18 courses prévues, seul le Grand Prix du Canada est inscrit à titre provisoire (pour le 8 juin). Les courses de Singapour et de Valence sont conditionnelles à l'approbation du circuit par la FIA.

Comme souvent en Formule 1, il flotte un certain mystère sur les raisons exactes qui valent au Grand Prix du Canada cette inscription provisoire. Chez GPF1, promoteur du Grand Prix, on refuse de commenter, prétextant que d'ici le dévoilement du calendrier définitif de la FIA, en octobre, plusieurs changements pouvaient encore être apportés.

Selon les informations recueillis par La Presse, deux facteurs pourraient expliquer la menace qui pèse sur le Grand Prix.

L'âge avancé des installations montréalaises fait sans doute partie des sujets litigieux. En juin, Bernie Ecclestone, grand manitou de la F1, avait déclaré que les organisateurs «devaient entreprendre un projet de rénovation pour le paddock.» «C'est impératif, disait-il. C'est une question de vie ou de mort pour l'événement.»

L'exiguïté de la salle de presse et des paddocks ont fait couler beaucoup d'encre cette année. Ecclestone a lui-même allumé la mèche en lançant que le circuit montréalais «donnait le mauvais exemple» pour les pays qui souhaitaient se joindre au grand cirque. À Silverstone, un circuit connu aussi pour ses installations vétustes, le pilote David Coulthard en avait rajouté une couche en déclarant au journal britannique The Sun: «Nous courons à des endroits comme le Canada et le Brésil qui sont de véritables trous.»

Improbable

Une autre source a expliqué à La Presse que des questions financières seraient à l'origine des incertitudes actuelles. Il faut savoir que le calendrier de base de la F1 compte 16 courses et que les frais de déplacements pour les courses supplémentaires reviennent à Ecclestone. En fait, la note devrait revenir à CVC Capital, le fonds d'investissement qui détient les droits commerciaux de la F1 et dont Ecclestone est l'exécutant. Ce qui ne change rien au pouvoir de Bernie dans les paddocks...

Or, Ecclestone souhaiterait refiler la facture de ces frais de transport à Normand Legault. Avec la disparition du Grand Prix des États-Unis, les écuries doivent payer le gros prix pour traverser en Amérique du Nord et ce, pour une seule course.

La perte de l'épreuve américaine constitue toutefois une carte majeure dans le jeu de Normand Legault. Plusieurs écuries, dont Honda et BMW, ont décrié que la F1 tourne le dos à un marché aussi lucratif que celui des États-Unis.

Malgré le statut provisoire du Grand Prix du Canada, les chances de voir rouler les F1 sur l'île l'an prochain sont excellentes. Un calendrier de F1 sans la moindre course en Amérique du Nord semble bien improbable...