Alex Tagliani a occupé la position de tête sur la grille de départ du circuit de Trois-Rivières à plus d'une reprise au cours de sa carrière de pilote. Mais curieusement, il a rarement converti cet avantage en un couronnement. Cette année, il a l'ambition de monter sur la plus haute marche du podium de la course de Nascar Canadian Tire. Cette fois, est-ce réellement la bonne?

Sébastien Templier LA PRESSE

«J'échangerais une pole position contre une victoire», s'amuse à dire le pilote de Lachenaie. En remontant dans le temps, on comprend pourquoi. Elles sont loin, ses deux victoires acquises sur le circuit urbain de Trois-Rivières. Il faut remonter au siècle dernier. Mine de rien. À une époque où il pilotait en Formule Atlantique, « Tag » avait alors décroché la position de tête chaque fois.

En Nascar Canadian Tire, la première place sur la grille ne lui a jamais conféré un avantage. « Les trois dernières fois que j'ai couru en Nascar Canadian Tire ici, j'ai signé le record du tour et décroché aussi la pole position l'an dernier », rappelle-t-il. Cette position de tête était sa deuxième obtenue sur le circuit trifluvien en Nascar. Elle ne lui a pas rapporté grand-chose...

«Je me suis fait sortir au sixième tour par Dumoulin l'an passé. Cela a endommagé la voiture, je suis tombé dernier et je suis remonté jusqu'à la cinquième place avec une voiture qui était amochée.»

Tagliani n'a pas d'explication rationnelle à donner à son manque de réussite en Nascar à Trois-Rivières. Si ce n'est qu'une course de Nascar peut rapidement se terminer.

Le circuit de Trois-Rivières est redouté par les pilotes Nascar en raison de la proximité de ses murets de béton. « Quand tu pousses la voiture pour avoir un dixième par-ci, un dixième par-là, tu es tout le temps à la limite, tu n'as pas le droit à l'erreur. Ici, c'est un circuit urbain. Il te manque deux pieds et tu es dans le mur », témoigne Tagliani.

BONNE SAISON POUR «TAG»

Cette saison, au volant de sa Dodge, « Tag » s'est plutôt montré à son avantage. « En Nascar Canadian Tire, j'ai roulé sur un ovale pour la première fois depuis 2008 à Edmonton, il y a quelques semaines, précise-t-il. J'y ai décroché la position de tête et j'ai occupé la tête pendant 280 tours sur 300, jusqu'à ce que je me fasse sortir. J'ai fini cinquième dans l'Ouest. Cinquième également sur le circuit ICAR en juillet alors que l'on a cassé le moteur en qualification et que l'on est parti en 30e position. »

Tagliani nourrit des ambitions pour cette fin de semaine. Dispose-t-il pour autant de la voiture adéquate pour gagner ? « On est arrivé avec quelque chose de différent cette fin de semaine, répond le pilote. A-t-on l'auto pour gagner ? Je vais le dire demain [aujourd'hui] lors des essais. Et si c'est le cas, ce qui va faire la différence de toute façon, c'est de ne pas se faire sortir. Et de ne pas avoir une voiture endommagée pour être capable de batailler. »

«Si tu réussis à survivre et à éviter tous les pièges, tu te donnes une chance à la fin», conclut-il. On verra cela demain sur le coup de 17 h.

«TAG» EN NASCAR CANADIAN TIRE

EN CARRIÈRE (21 COURSES) : 

-1 victoire

-5 positions de tête

-6 top 5

CETTE SAISON : 

-Meilleure place : 5e

-1 position de tête

-Neuvième du classement général

-173 points

ET L'AVENIR?

Alex Tagliani a touché à un peu de tout cette année : Indy 500, Nascar Canadian Tire, Nationwide. «Dans toutes les catégories où je me présente, je suis compétitif, j'accumule des bons résultats», se félicite le pilote québécois. En Nationwide, il a récemment décroché une deuxième place sous les couleurs de l'écurie Penske. De quoi envisager une présence accrue dans cette série l'an prochain ?

«Je suis en discussion avec des équipes, ça va bien, nous a confié Tag hier. J'ai été appelé par une équipe de camions pour faire la course au Motorsport Park en Camping World Truck à la fin du mois d'août. Ceci grâce à ma deuxième place en Nationwide. Plus tu es bon en Nationwide, plus les gens regardent et s'aperçoivent que tu as ta place.» Mais pour en faire plus en Nationwide, Tagliani doit «travailler sur un plan de commandites». «Sans l'argent des commanditaires, on ne peut pas faire ce que l'on aime», rappelle-t-il, tout en précisant qu'il pense aussi à l'IndyCar.