Le Néerlandais Max Verstappen, sur Red Bull, a dominé la première journée d’essais libres vendredi au Grand Prix du Canada. Le champion du monde en titre a bouclé son meilleur tour en 1 min 14,127 s pour devancer son plus proche rival, le Monégasque Charles Leclerc sur Ferrari, de 0,081 s.

Publié le 17 juin
Michel Marois
Michel Marois La Presse

Carlos Sainz (Ferrari), Sebastian Vettel (Aston Martin), Fernando Alonso (Alpine), Pierre Gasly (AlphaTauri), George Russell (Mercedes), Lando Norris (McLaren), Daniel Ricciardo (McLaren) et Esteban Ocon ont complété le top 10.

En début d’après-midi, dans des conditions plus chaudes, mais aussi très venteuses, c’est déjà Verstappen qui avait signé le meilleur temps en 1 min 15,158 s, près de 0,25 s devant Carlos Sainz, Fernando Alonso, Sergio Pérez, Charles Leclerc, George Russell, Lance Stroll, Lewis Hamilton, Sebastian Vettel et Daniel Ricciardo.

Sur un circuit où il n’a jamais été particulièrement à l’aise, Verstappen a connu une journée sans problème. Trouvant vite les réglages procurant un bon équilibre à sa voiture, il a d’abord signé quelques tours rapides, avant de se concentrer sur des séquences de plusieurs tours afin de préparer la course.

Photo Olivier Jean, LA PRESSE

Max Verstappen

Vraiment une bonne journée. Nous avons vite été à l’aise avec les pneus tendres et cela nous a permis de travailler à notre rythme, calmement, pendant les deux séances. Il y a encore du travail, bien sûr, mais je crois que nous sommes en très bonne position pour la suite du week-end.

Max Verstappen

Dominé par Leclerc en qualifications depuis quatre courses, Verstappen croit en ses chances ce samedi. « Nous avons trouvé quelques trucs pour grappiller du temps sur un tour et j’ai hâte de voir où nous en serons [samedi] face à Ferrari. Il y a bien sûr des possibilités de pluie, mais ce sera pareil pour tout le monde », a conclu le pilote de 24 ans avant de courir se mettre à l’abri, les premières gouttes d’un gros orage commençant à tomber sur les paddocks du circuit Gilles-Villeneuve.

Une pénalité qui coûte cher

De son côté, Leclerc était moins serein. Le pilote de Ferrari fait face à la possibilité de recevoir une pénalité de plusieurs places sur la grille de départ en raison d’un changement de moteur ; celui qui a causé son abandon à Bakou, dimanche dernier, étant irréparable.

Le Monégasque a déjà atteint la limite prescrite pour l’ensemble de la saison pour les différents éléments du groupe propulseur de sa Ferrari et, selon les éléments que lui et ses ingénieurs décideront de remplacer avant les qualifications, il pourrait être pénalisé de 10 places ou même devoir partir à l’arrière du peloton.

Photo Olivier Jean, LA PRESSE

Charles Leclerc

Nous avons encore plusieurs choses à évaluer afin de prendre la meilleure décision. Au-delà des qualifications, nous devons trouver la stratégie qui nous permettra d’obtenir le meilleur résultat possible dimanche, peu importe d’où nous partions sur la grille.

Charles Leclerc

La Ferrari numéro 16 a roulé pratiquement toute la journée chaussée de pneus tendres, une indication que Leclerc et son équipe envisagent une stratégie agressive pour grimper au classement lors des premiers tours du Grand Prix, dimanche.

Stroll 12e, Latifi 19e

Derrière les deux pilotes les plus en vue du début de saison, la surprise est venue de Sebastian Vettel, étonnant quatrième au volant de son Aston Martin. En gros progrès depuis quelques courses après l’introduction d’une version modifiée de la voiture, deux fois vainqueur au Canada en plus d’avoir terminé au premier rang en 2019 avant d’être relégué au deuxième rang, l’Allemand se plaît visiblement à Montréal et il pourrait faire bonne figure dimanche.

Son coéquipier Lance Stroll s’est contenté de la 12place, mais il a lui aussi montré un bon rythme, lors de la première séance en particulier.

Photo Olivier Jean, LA PRESSE

Lance Stroll

On a été très compétitifs comme équipe et c’est de bon augure pour la suite du week-end. Il va maintenant falloir maximiser nos chances aux qualifications.

Lance Stroll

Vettel et Stroll ont par ailleurs été convoqués par la direction de la course après les essais, avec le Français Pierre Gasly, pour ne pas avoir respecté une directive sur la manière de négocier l’échappatoire dans le virage 14 au bout de la ligne droite.

L’autre Canadien, Nicholas Latifi, a été moins convaincant sur sa Williams, ayant terminé la journée au 19rang, l’avant-dernier, en profitant du fait que le Finlandais Valtteri Bottas n’avait pu terminer un seul tour.

Le Torontois s’est montré réaliste : « Nos performances sont décevantes et nous devons encore beaucoup travailler afin de progresser un peu. C’est quand même très spécial de courir ici ce week-end. Je sens vraiment l’appui du public et j’espère m’en servir pour faire de mon mieux. »

Et le marsouinage ?

La FIA utilise les essais libres du Grand Prix pour amasser des données relatives au marsouinage des voitures, équipées de capteurs qui mesurent les vibrations et les mouvements verticaux des châssis. Il s’agit de la première étape du processus qui devrait mener à terme à l’adoption d’une limite précise.

Comme plusieurs observateurs l’ont signalé, il s’agit d’un processus complexe, car il y a une grande part de subjectivité dans l’évaluation d’une limite « acceptable » au-delà de laquelle la sécurité des pilotes est menacée. Les équipes et les pilotes sont partagés sur la question, et il faudra sans doute de longues discussions avant que tous s’entendent sur la nouvelle règle et son application.

Chose certaine, le phénomène est encore bien réel et plusieurs pilotes se sont plaints des bonds de leur voiture. Le Britannique Lewis Hamilton, dont les commentaires ont été à l’origine de l’intervention de la FIA, a ainsi estimé que sa Mercedes n’avait jamais été « aussi mauvaise ».

Pas sûr que les nouvelles règles vont l’aider beaucoup…