Si tout s’était déroulé comme prévu, Colton Herta serait à Miami en train de se préparer à disputer la cinquième course de sa carrière en Formule 1.

Publié le 3 mai
Jenna Fryer Associated Press

Le Californien âgé de 22 ans sera plutôt un spectateur ce week-end, lors du premier Grand Prix de Miami. Son patron attend toujours qu’on réponde à sa requête d’ajouter une équipe américaine — une vraie — à la grille.

Michael Andretti a échoué dans sa tentative d’acheter l’équipe Sauber l’automne dernier, à la suite d’un différend au sujet du contrôle de l’organisation. Il a cependant nié les rumeurs qui prétendaient qu’il n’avait pas les fonds nécessaires pour compléter l’achat de l’écurie.

« Non, à 1000 %, non, c’est faux, a-t-il assuré en entretien avec l’Associated Press mardi. Les négociations ont achoppé parce qu’ils ont soudainement changé les conditions de la vente et voulaient le plein contrôle de l’organisation. Ils voulaient un droit de veto sur chacune des décisions de l’entreprise. Ils ont tout chamboulé deux jours seulement avant qu’on ratifie l’entente. Je me fous donc de ce que les gens disent, nous n’allions jamais accepter une entente dans laquelle nous serions propriétaires, mais n’aurions aucun contrôle sur l’équipe. »

PHOTO PHIL LONG, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Colton Herta

En février, son père, Mario, le champion du monde de F1 en 1978, a révélé que son fils avait demandé à la F1 d’augmenter le nombre de voitures admises sur la grille, et d’accepter l’arrivée d’une équipe dirigée par Andretti.

Depuis, plus rien.

La FIA, la F1 et Liberty Media, l’entreprise américaine qui possède la série reine du sport automobile, ont très peu discuté publiquement de la requête d’Andretti.

En revanche, plusieurs équipes de F1 ont déclaré publiquement être contre l’ajout de voitures sur la grille, puisque les bourses deviendraient alors moins alléchantes. De plus, il semble qu’Andretti ne soit pas le seul à vouloir lancer sa propre équipe.

Andretti a mentionné qu’il n’avait pas les fonds personnels nécessaires pour fonder sa propre équipe — il faut verser 200 millions US pour inscrire son équipe au championnat —, mais a assuré que des groupes le soutenaient dans sa démarche. Parmi eux pourrait se trouver le groupe Guggenheim, auquel appartiennent les Dodgers de Los Angeles, et Andretti a précisé que ses partenaires d’affaires sont déjà impliqués dans l’univers du sport professionnel.

Techniquement, Haas est une équipe américaine. Elle appartient à l’homme d’affaires californien Gene Haas et possède une usine en Caroline du Nord. Ses pilotes, Kevin Magnussen et Mick Schumacher, sont toutefois Danois et Allemand, respectivement.

De plus, jusqu’à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les voitures Haas étaient commanditées par une entreprise russe, étaient peintes aux couleurs du drapeau russe et le volant de Magnussen appartenait au pilote russe Nikita Mazepin. Haas a depuis rompu ses liens d’affaires avec ses partenaires russes.