(Paris) Mercedes a retiré jeudi son appel contre les conditions controversées du sacre de Max Verstappen (Red Bull), devenu champion du monde de F1 devant le Britannique Lewis Hamilton dimanche, mais l’écurie s’estime toujours « lésée », selon son patron Toto Wolff.

Publié le 16 déc. 2021
Raphaëlle PELTIER Agence France-Presse

Le Néerlandais pourra donc installer sans crainte chez lui le trophée qui doit lui être décerné lors du gala de remise des prix de la Fédération internationale de l’automobile (FIA) jeudi soir à Paris.

Ni Hamilton, deuxième du classement des pilotes, ni Wolff, champion des constructeurs avec Mercedes, ne seront là pour le voir, tous deux ayant décidé de boycotter la cérémonie.

« Devant une juridiction normale, nous serions presque assurés de gagner, mais le problème avec la Cour d’appel internationale, c’est que la FIA ne peut pas noter son propre travail », a justifié le patron autrichien de Mercedes lors d’une conférence de presse virtuelle.

Wolff a néanmoins salué l’initiative de l’instance dirigeante du sport auto d’ouvrir une enquête sur les évènements qui ont conduit à la victoire et au sacre de Verstappen au terme du Grand Prix d’Abou Dabi dimanche.  

Il n’attend « pas seulement des mots, mais des actions » et des « mesures avant le début de la saison prochaine » pour éviter qu’une telle situation se reproduise.

« Le sport doit primer sur le divertissement », a-t-il martelé, dénonçant une « série de décisions incohérentes » de la part de la direction et des commissaires de course qui ont « provoqué des polémiques inutiles » et « polarisé » pendant toute la saison.

Hamilton « désabusé »

Interrogé sur l’état d’esprit de son pilote vedette, qui ne s’est pas exprimé depuis dimanche, l’Autrichien n’a pas caché qu’il était « désabusé ». Il veut toutefois croire qu’Hamilton « verra dans son cœur qu’il doit continuer (en F1, NDLR) parce qu’il est au sommet de sa forme, mais qu’il faudra dépasser la douleur parce qu’il est un homme avec des valeurs fortes. »

Mercedes avait déposé deux réclamations immédiatement après le GP, remporté par Verstappen devant Hamilton grâce à un choix controversé du directeur de course. Ces réclamations avaient été rejetées par les commissaires et Mercedes avait alors déclaré son intention de faire appel, avant de se rétracter jeudi, la date butoir pour le faire.

Jeudi à la conférence de presse avant la remise des prix, Verstappen a déclaré avoir eu le droit à « une double célébration », après la course et après la décision des commissaires.  

« Depuis ce moment, je n’ai pas vraiment parlé de ça (de l’appel, NDLR), a continué Verstappen, ce matin quand j’ai appris la nouvelle j’étais content, mais je m’y attendais ».

« C’est la course, ces choses-là peuvent arriver », a assuré le Néerlandais, qui ne voit « aucune raison pour laquelle (Hamilton) devrait s’arrêter là », alors qu’il peut « encore se battre l’an prochain pour un huitième titre record ».  

« Nous avons eu l’impression que beaucoup de choses ont joué contre nous (cette saison), mais la situation a tendance à s’équilibrer au cours de l’année », a estimé le patron de l’écurie Red Bull Christian Horner à ses côtés.

« Regarder l’ensemble de l’année »

Un point de vue partagé par le président de la FIA Jean Todt, qui achève vendredi son troisième et dernier mandat : « Max a été très chanceux sur le dernier tour, mais il faut regarder l’ensemble de l’année. A-t-il été chanceux à Silverstone (abandon après accrochage avec Hamilton, NDLR), en Azerbaïdjan (accident après problème pneumatique, NDLR), à Budapest (9e après avoir été percuté, NDLR) ? Non ».  

À Abou Dabi, la victoire, synonyme de sacre, car les deux pilotes se présentaient à égalité avant cette dernière manche, apparaissait promise au septuple champion du monde britannique jusqu’à l’accident de Nicholas Latifi à six tours de l’arrivée.

Le temps de dégager la Williams du Canadien, la course a été neutralisée derrière la voiture de sécurité. C’est la manière dont cette neutralisation s’est terminée que contestait le constructeur allemand.  

D’après le point du règlement de la F1 qu’il invoquait, le redémarrage se serait produit un tour trop tôt, avant la 58e et dernière boucle. Or Verstappen a doublé Hamilton dans ce dernier tour, pour décrocher son premier titre.

Sans cela, le GP se serait terminé derrière la voiture de sécurité, sans possibilité de doubler, et le pilote Mercedes aurait été sacré.