(Sakhir) Prémonitoire ou illusoire ? Red Bull a signé le meilleur temps des essais d’avant-saison de Formule 1 à Bahreïn, dimanche, mettant sous pression Mercedes, écurie sept fois championne du monde en titre, deux semaines avant le premier Grand Prix.

Olivier LEVRAULT
Agence France-Presse

Deuxième l’an passé, Red Bull semble encore la mieux placée pour contester l’hégémonie de Mercedes et de Lewis Hamilton. Avec Max Verstappen, qui a signé le meilleur tour en 1 min 28,960 s, et Sergio Pérez, sa recrue hivernale, l’écurie a fait forte impression lors des trois petits jours d’essais hivernaux.

Entre problèmes de boîte de vitesses, tête-à-queue d’Hamilton et train arrière récalcitrant, qualifié d’« impitoyable » par son deuxième pilote Valtteri Bottas, Mercedes a au contraire montré un visage inhabituel.

L’écurie a signé le cinquième temps avec Hamilton (1 min 30,025 s) et le neuvième avec Bottas (1 min 30,289 s) et a peu roulé. Alors que les essais délocalisés à Bahreïn ne duraient que trois jours, contre six ou huit ces dernières années à Barcelone, Hamilton et Bottas n’ont tourné « que » 304 fois autour du tracé de 5,412 kilomètres dans le désert.

« Un animal différent »

En comparaison, Red Bull a fait rouler ses monoplaces 371 tours, et AlphaTauri et Alfa Romeo, 422, le plus grand total d’un week-end commencé sous la chaleur et une tempête de sable et achevé avec des conditions clémentes.

Mais voilà, à la veille d’une saison où aucun gros changement technique des monoplaces n’est possible en raison d’un gel des développements quasi total décidé par mesure d’économie face à la crise de la COVID-19, Mercedes peut-elle vraiment être menacée ?

Je ne pense pas que nous soyons les favoris.

Max Verstappen

« Si Mercedes remporte autant de championnats d’affilée [tous depuis 2014], je pense que c’est toujours la même chose qu’avant notre arrivée aux essais », indique le Néerlandais, troisième derrière les deux intouchables Mercedes en 2020, mais vainqueur du dernier Grand Prix en décembre, à Abou Dabi.

Pour Hamilton, qui vise un huitième titre de champion du monde record, devant Michael Schumacher, Red Bull va être « un animal différent » cette année avec « deux pilotes très forts et une très bonne voiture ».

« C’est génial de voir que McLaren semble également fort tout comme Renault [l’écurie française est désormais nommée Alpine]. Je suis impatient, car cela signifie plus de plaisir », a ajouté le Britannique.

Peloton

McLaren, qui a remplacé son moteur Renault par un Mercedes, a en effet été en belle forme avec sa recrue australienne Daniel Ricciardo, transfuge de Renault, et le Britannique Lando Norris, même s’ils ne figurent pas parmi les meilleurs temps finalement.

Au volant d’Alpine, on a vu le pilote de 39 ans Fernando Alonso de retour dans une Formule 1 après deux ans d’absence.

PHOTO MAZEN MAHDI, AGENCE FRANCE-PRESSE

Fernando Alonso, de l’écurie Alpine

Coéquipier d’Esteban Ocon, l’Espagnol, sacré en 2005 et 2006 avec Renault, ne sera pas le plus âgé, laissant cet honneur à un autre ancien champion du monde (2007) : Kimi Räikkönnen. À 41 ans, le pilote Alfa Romeo a toujours les crocs, comme on a pu le voir lors du tout dernier tour de piste, quand il s’est écharpé avec Carlos Sainz fils, de Ferrari.

À l’autre bout du spectre des âges, Yuki Tsunoda, 20 ans, a fait une belle entrée en Formule 1, signant le deuxième temps final (1 min 29,053 s). Le Japonais accompagnera le Français Pierre Gasly chez AlphaTauri, écurie sœur de Red Bull également motorisée par Honda.

Juste derrière, Sainz fils complète le trio de tête (1 min 29,611 s). Si ce temps se confirme en piste, Ferrari, sixième l’an passé, son pire classement en 30 ans, peut revenir dans le jeu avec son nouveau moteur pour jouer le podium, comme beaucoup d’écuries.

« Il n’y a plus de milieu de peloton, il y a un peloton », annonce le directeur exécutif d’Alpine, Marcin Budkowski.

« Et je pense que c’est la bonne direction pour l’avenir : que tout le monde lutte pour les victoires, les podiums. C’est ce qu’on espère pour l’année prochaine [2022] en tout cas. »

En 2022, les voitures vont être repensées, avec l’entrée en vigueur d’un nouveau règlement qui doit amener une révolution en Formule 1, devenue monotone avec les victoires de Mercedes.

Résultats de la 3e journée

1. Max Verstappen (P.-B. /Red Bull-Honda) 1:28,960 (64 tours)
2. Yuki Tsunoda (JPN/Alpha Tauri-Honda) 1:29,053 (91 tours)
3. Carlos Sainz Jr (ESP/Ferrari) 1:29,611 (79 tours)
4. Kimi Raïkkonen (ITA/Alfa Romeo-Ferrari) 1:29,766 (166 tours)
5. Lewis Hamilton (G.-B. /Mercedes) 1:30,025 (54 tours)
6. George Russell (G.-B. /Williams-Mercedes) 1:30,117 (158 tours)
7. Daniel Ricciardo (AUS/McLaren-Mercedes) 1:30,144 (76 tours)
8. Sergio Pérez (MEX/Red Bull-Honda) 1:30,187 (49 tours)
9. Fernando Alonso (ESP/Alpine-Renault) 1:30,318 (78 tours)
10. Charles Leclerc (MON/Ferrari) 1:30,486 (80 tours)
11. Lando Norris (G.-B. /McLaren-Mercedes) 1:30,661 (56 tours)
12. Pierre Gasly (FRA/Alpha Tauri-Honda) 1:30,828 (76 tours)
13. Esteban Ocon (FRA-Alpine/Renault) 1:31,310 (61 tours)
14. Nikita Mazepin (RUS/Haas-Ferrari) 1:31,531 (67 tours)
15. Mick Schumacher (G.-B. /Haas-Ferrari) 1:32,053 (78 tours)
16. Valtteri Bottas (FIN/Mercedes) 1:32,406 (86 tours)
17. Sebastian Vettel (G.-B./Aston Martin-Mercedes) 1:35,041 (56 tours)
18. Lance Stroll (CAN/Aston Martin-Mercedes) 1:36,100 (80 tours)