(Paris) « Des leçons importantes ont été tirées de l’enquête (sur l’accident de Romain Grosjean) qui feront progresser notre mission d’améliorer la sécurité en Formule 1 et dans le sport automobile », a assuré le président de la Fédération internationale (FIA) Jean Todt vendredi.

Agence France-Presse

Cette déclaration fait suite à l’examen du rapport sur l’accident qui a provoqué l’incendie de la monoplace de Grosjean, le 29 novembre à Bahreïn, et dont les conclusions (avec celles de 18 autres rapports en 2020) ont permis à la FIA d’identifier une série de pistes pour renforcer encore la sécurité sur les circuits.

Il s’agit notamment d’améliorer la résistance au feu des gants des pilotes (Grosjean ayant été brûlé aux deux mains), le fonctionnement des extincteurs placés dans les cockpits, les extincteurs dont sont munis les véhicules de secours ou encore la formation aux incendies des intervenants locaux sur les circuits.

Les barrières de sécurité, dans lesquelles la monoplace du Français s’est encastrée, sont également examinées.

Toutefois, remarque Todt dans un communiqué, « l’engagement durable de la FIA, en particulier du Département sécurité, pour la réduction des risques liés au sport automobile a permis à Romain Grosjean de garder conscience et de survivre à un accident de cette ampleur ».

En effet, l’ensemble de son équipement de sécurité et de celui de sa monoplace « ont fonctionné comme prévu pour protéger l’espace vital du pilote et limiter les forces subies pendant l’impact » évalué à 67g (soit 67 fois son poids), indique la FIA.

27 secondes

Pour ce qui est de l’accident, intervenu au virage 3 quelques secondes après le départ du Grand Prix, le rapport confirme que Grosjean roulait à 241 km/h quand il a perdu le contrôle de sa monoplace après un contact entre sa roue arrière droite et la roue avant gauche du Russe Daniil Kvyat.

Au moment de l’impact dans les barrières, sa vitesse était de 192 km/h. La barrière du milieu a cassé, celles du haut et du bas se sont déformées, son cockpit s’est encastré.

La « cellule de survie » (qui entoure le pilote à l’avant des F1) et la partie moteur (à l’arrière) se sont séparées et la batterie a été sectionnée. « La trappe d’inspection du réservoir de carburant sur le côté gauche du châssis a été délogée et le raccord d’alimentation du moteur a été arraché de la “vessie de sécurité” du réservoir », permettant l’évacuation du carburant.  

« L’incendie a pris dans les derniers instants de l’impact, commençant par l’arrière de la cellule de survie et progressant vers l’avant en direction du pilote au fur et à mesure que le feu s’intensifiait. »

Grosjean est parvenu à s’extirper de son véhicule en 27 secondes, malgré la barrière et des dommages dans son cockpit qui restreignaient ses mouvements, avec notamment un pied coincé.

Il a alors été pris en charge par le personnel de la voiture médicale de la F1, présent lors de tous les GP et qui coordonne les opérations de secours, arrivé sur place en 11 secondes en prenant un raccourci identifié au préalable.