(Paris) Après sa pire saison depuis 40 ans, Ferrari pourrait encore être loin de Mercedes et Red Bull en 2021 et vise déjà 2022, année d’un important changement réglementaire qui doit redistribuer les cartes en Formule 1.

Olivier LEVRAULT
Agence France-Presse

Le Monégasque Charles Leclerc et son nouveau coéquipier espagnol Carlos Sainz Jr, arrivé cet hiver en provenance de McLaren, vont sans doute devoir s’armer de patience dans leur quête de la couronne mondiale, accaparée par le septuple champion du monde Lewis Hamilton (Mercedes) ces dernières années.

« Objectif » 2022

« En 2021, nous nous concentrerons sur le développement de la voiture de 2022. Ce sera l’objectif principal et nous ne passerons donc pas beaucoup de temps sur la voiture de 2021 pendant la saison », a expliqué vendredi le patron de l’écurie italienne Mattia Binotto lors d’une conférence de presse virtuelle, accompagné de ses deux pilotes.  

« Il y a toujours un équilibre, c’est un choix que nous devons faire. 2022 représente un important changement […] donc une grande partie de l’effort y sera consacrée », a continué Binotto.

Déjà absent des circuits lors de plusieurs courses l’an passé, le dirigeant a indiqué qu’il allait manquer d’autres Grands Prix - laissant la place au directeur sportif français Laurent Mekies - afin de rester à Maranello, siège de la Scuderia, pour se focaliser sur la saison prochaine.  

Problème de vitesse réglé

En attendant, la monoplace de 2021 (la SF21), qui sera présentée le 10 mars, sera une évolution de la précédente, une grande partie des développements étant gelés par mesure d’économie face à la crise du coronavirus.  

Binotto, comme ses pilotes, assurent toutefois qu’elle sera de meilleure facture, même s’ils attendent les essais de pré-saison à Bahreïn du 12 au 14 mars et la première course sur le même circuit le 28 mars pour évaluer leurs progrès à l’aune de ceux de la concurrence.

« Nous pensons que la voiture est plus efficace tant du point de vue aérodynamique que du moteur », a assuré le directeur sportif, affirmant que le manque de vitesse en ligne droite qui posait problème l’an dernier a été corrigé.

Son équipe s’est classée sixième chez les constructeurs en 2020, à 442 points du champion Mercedes. « L’écart avec les premiers était conséquent », a consenti l’ingénieur italien, ajoutant que « ça n’est pas quelque chose qu’on peut corriger en un hiver. »

Leclerc/Sainz, duo prometteur

Cette année, le grand changement pour l’écurie au cheval cabré s’appelle finalement Carlos Sainz Jr. À 26 ans, le fils du double champion du monde des rallyes Carlos Sainz vit déjà un « rêve » et n’oubliera « jamais » son premier jour sur la piste d’essais de la Scuderia, le circuit de Fiorano, en décembre.

Sainz, sixième du championnat en 2020, soit deux places devant Leclerc, confirme avoir une « bonne relation » avec le Monégasque de 23 ans. Ils forment le plus jeune duo de pilotes pour la Scuderia depuis 1968. « Je n’ai jamais eu de problèmes avec mes coéquipiers, donc je ne vois pas pourquoi j’en aurais avec Charles », dit-il.

« Carlos veut me battre, je veux le battre aussi, mais le plus important c’est de réussir à séparer ce qui se passe sur la piste et en dehors », explique pour sa part Leclerc, qui attaque sa troisième saison en rouge.  

« Nous devons travailler ensemble pour faire avancer l’équipe au niveau du développement », exhorte-t-il. Et atteindre enfin l’objectif ultime des leurs : mettre fin à l’attente de titres qui dure depuis 2007 chez les pilotes (Kimi Räikkönen) et 2008 chez les constructeurs.