Le pilote beauceron croit que son changement d’écurie pourrait lui ouvrir des portes.

Frédérick Duchesneau
Frédérick Duchesneau La Presse

Raphaël Lessard est occupé par les temps qui courent. Entre deux entraînements, il n’avait que 10 minutes de libres pour cet entretien lundi midi.

Il faut dire que le Beauceron a au moins deux raisons de vouloir entreprendre du bon pied son aventure avec GMS Racing, écurie de la série NASCAR Camping World (NCWTS) – celle des camionnettes – avec qui il a signé en novembre.

D’abord, parce que GMS Racing compte cinq pilotes, plutôt que trois chez Kyle Busch Motorsports, avec qui il courait l’an dernier. La compétition à l’interne risque donc d’être farouche.

« C’est sûr que ça met un peu de pression, ce sera différent. Mais la plupart de mes coéquipiers ont plus d’expérience que moi, donc je vais pouvoir me baser sur eux un peu. Je sais qu’ils vont être très compétitifs, très rapides, et je vais pouvoir apprendre d’eux », relativise le pilote de 19 ans, qui a pris le chemin de la Caroline du Nord la semaine dernière.

En 2020, GMS Racing a placé trois de ses cinq membres sur le podium du classement général. Sheldon Creed et Zane Smith, premier et deuxième, sont de retour avec l’écurie présidée par Mike Beam.

La deuxième raison a moins à voir avec la course, mais elle pourrait tout de même avoir une incidence sur sa saison. Sur sa fin de saison, en fait.

L’entente préalable avec GMS Racing portait sur une douzaine de courses, mais elle a été étendue à l’ensemble du calendrier – 22 épreuves –, a annoncé la semaine dernière l’équipe du Québécois.

Sauf que le budget pour la saison entière n’est pas encore bouclé. Canac et Quincaillerie Richelieu ont renouvelé leur partenariat avec celui qui conduira le Silverado numéro 24, mais le compte n’y est pas pour autant.

Alors, Lessard est-il vraiment 100 % certain de participer à la totalité des épreuves, indépendamment du financement ?

« J’espère ne pas avoir à le savoir. Il y a toujours un risque », répond-il franchement.

Mais il enchaîne en se montrant optimiste.

On travaille très fort et on a de bonnes nouvelles qui s’en viennent. On a beaucoup de rencontres, de négociations qui se font en ce moment et qui sont très positives. Aussi, je pense que les bons résultats vont amener de la visibilité et du nouveau monde autour de moi. Donc, je vais me concentrer sur mon pilotage et être prêt pour avoir les meilleurs résultats possibles.

Raphaël Lessard

Son début d’année ne cause pas de soucis, indique-t-il.

« C’est plus pour finir la saison qu’on doit essayer d’aller chercher de nouveaux partenaires en cours d’année. »

« Un changement peut faire du bien »

Raphaël Lessard a donc à la fois changé d’écurie et de constructeur. D’un moteur Toyota avec Busch, il passe à Chevrolet chez GMS.

« On avait une bonne relation, moi et Kyle. J’appréciais ses conseils et tout ce qu’il faisait pour moi. Mais il fallait que je regarde ce qui était le plus avantageux pour ma carrière à long terme. Et je pense que Chevrolet m’ouvrait un peu plus de portes. J’ai regardé les deux côtés de la médaille et, des fois, un changement peut faire du bien, fait valoir Lessard. On ne recule pas d’un pas, je dirais qu’on avance. »

PHOTO AL WHEELER, FOURNIE PAR GMS RACING

Raphaël Lessard

La première course de la saison aura lieu le 12 février, sur le super speedway de Daytona, type de circuit sur lequel il a triomphé l’an dernier à Talladega, en Alabama.

Mais, en raison de la pandémie, les pilotes ne connaissent pas encore les conditions exactes qui entoureront cette première épreuve. Ni les suivantes, d’ailleurs.

« On n’en entend pas trop parler. Il y en a plusieurs qui disent qu’il n’y aura pas de pratiques. D’autres qui disent que pour la première course de la saison, il y aura des pratiques et des qualifications, mais pas pour les suivantes. D’autres encore disent qu’il y aura des pratiques pour quelques courses dans la saison, mais qu’on ne sait pas lesquelles », énumère le Québécois.

Daytona sera le théâtre d’une autre course le week-end suivant, cette fois sur circuit routier.

En 28 départs en camionnettes NCWTS – série qui s’appelait l’an dernier NASCAR Gander RV & Outdoors –, Lessard a remporté une victoire, terminé quatre fois dans le top 5 (deux podiums) et neuf fois dans le top 10.