(Istanbul) Un nouveau record à portée de volant : Lewis Hamilton (Mercedes) a une première occasion d’égaler les sept titres mondiaux de l’Allemand Michael Schumacher lors du Grand Prix de Turquie de F1, dimanche, sur le circuit de l’Istanbul Park.

Raphaëlle PELTIER
Agence France-Presse

Après 2008 avec McLaren et 2014, 2015, 2017, 2018 et 2019 avec Mercedes, le Britannique est tout proche d’être sacré en 2020, mais il « n’y pense pas vraiment ».

« Gagner la course, c’est toujours l’objectif. Avec les années, j’ai appris à ne pas ajouter de pression inutile. Il reste quatre GP, pas la peine de tout miser sur un week-end », explique-t-il.

« C’est peut-être pour ça, d’ailleurs, que c’est parfois un choc. Ça vous tombe dessus et vous ne savez pas vraiment ce que vous ressentez ni quoi dire. »

Je serais incroyablement fier d’égaler une icône telle que Michael. Mais ce qui m’importe le plus, c’est le message que cela enverrait : qu’il faut rêver plus grand et ne laisser personne dire que ce n’est pas possible.

Lewis Hamilton

Avant la 14e course (sur 17), le pilote Mercedes a 85 points de plus que son dauphin et équipier Valtteri Bottas, son dernier rival pour le sacre. Pour ceindre la couronne, il lui faut conserver 78 points d’avance après la course (26 par GP restant).

« Retarder son titre »

Hamilton sera donc champion s’il termine devant Bottas. Pour l’en empêcher, le Finlandais doit marquer au moins huit points de plus que lui. Or, il ne l’a battu qu’à trois reprises cette saison.

Les voyants sont donc au vert pour que la vedette de la Formule 1 égale un nouveau record de la légende Schumacher, après avoir battu celui des victoires (93 contre 91), des podiums (162 contre 155) et des pole positions (97 contre 68).

« On essaye de faire le meilleur travail possible sans trop penser aux points, mais, bien sûr, j’essaye de retarder son sacre autant que possible », promet malgré tout Bottas.

Cette semaine ou les suivantes, Mercedes, pour sa part, est promise à un 7e titre des pilotes d’affilée depuis 2014, qui s’ajoutera à la 7e couronne des constructeurs coiffée consécutivement lors de la manche précédente.

De quoi conforter encore les Flèches d’argent dans leur position d’écurie la plus récompensée de l’histoire de la F1 sur une période donnée. Mieux que Ferrari dans les années Schumacher (cinq titres des pilotes et six des constructeurs entre 1999 et 2004) !

« Inconnues »

L’Istanbul Park (comme le Mugello, le Nürburgring, Portimao et Imola plus tôt dans la saison) ne figurait pas au calendrier initial de 2020. La pandémie a orchestré les retrouvailles, à huis clos, entre la catégorie reine du sport automobile et un circuit qu’elle a visité à sept reprises entre 2005 et 2011.

« La F1 revient en Turquie pour la première fois depuis neuf ans, ce qui signifie que nous serons à nouveau confrontés à un certain nombre d’inconnues au début du week-end », rappelle le patron de Mercedes, Toto Wolff.

Si une grande partie de la grille découvrira le tracé en essais libres vendredi, certains de ses grands noms s’y sont illustrés par le passé : Hamilton en 2010, l’Allemand Sebastian Vettel en 2011 et le Finlandais Kimi Räikkönen en 2005.

Ceux qui ont pratiqué ce circuit de 5,378 km et ses 14 virages (dont le célèbre N.8, longue courbe en dévers vers la gauche que les F1 devraient prendre à 270 km/h environ) vous diront tous la même chose.

« Ça va très vite. […] C’est très physique et nos cous s’en souviendront à la fin du week-end », en raison des forces importantes subies par les pilotes, prévient le Mexicain Sergio Pérez [Racing Point]. Mais, ajoute Vettel [Ferrari], « ceux qui ne sont jamais venus ici auparavant vont tout de suite apprécier ».