(Montréal) Le Grand Prix du Canada de Formule 1 est-il de nouveau en péril ? Son organisateur, François Dumontier, s’est dit « optimiste, mais réaliste » quant à la perspective que sa course soit présentée sur le circuit Gilles-Villeneuve en 2021.

Alexandre Geoffrion-McInnis
La Presse Canadienne

La Formule 1 a en effet dévoilé son calendrier provisoire pour la saison prochaine avec pour le moment 23 courses au programme, un record depuis la création du Championnat, en 1950. Le Grand Prix du Canada y figure à sa date habituelle, soit le week-end des 12 et 13 juin.

La prudence de Dumontier n’est pas étrangère aux propos du patron de la Formule 1, Chase Carey, qui accompagnaient le communiqué annonçant le calendrier provisoire. Carey a notamment déclaré que « comme nous l’avons déjà dit, nous nous attendons à revoir des spectateurs dans les gradins lors de la saison 2021, et à ce que le calendrier ressemble à celui qui était initialement prévu pour la saison 2020 ».

Résiliation d’entente avec Formula One Management ?

« Oui, je suis optimiste, mais je suis réaliste en même temps. Il y aura une saison de Formule 1 en 2021, c’est sûr. Dix-sept courses, ce serait le minimum, et je reste optimiste que la saison prochaine sera un peu plus longue que l’actuelle. Vous savez, il y a eu quatre ou cinq courses avec des spectateurs dans les gradins en 2020, je pense au Portugal et à la Russie, notamment. Je crois donc qu’il y aura plus de courses avec des spectateurs en 2021 », a déclaré Dumontier en entretien avec La Presse Canadienne, mardi.

Le hic, c’est que si la Direction de santé publique maintient ses directives au sujet de la distanciation physique et de l’interdiction des rassemblements, comme c’est le cas actuellement à Montréal, alors Dumontier ne pourra accueillir de spectateurs dans ses gradins.

Cela pourrait permettre à Carey de résilier son entente avec Dumontier.

« Cette année, la pandémie a frappé. Là, on sait que ça existe, et qu’on peut vivre jusqu’à un certain point avec ça [le virus]. Il y aura un vaccin éventuellement, même si on ne sait pas quand. Il faut qu’on protège les années restantes à notre contrat, pour éviter de perdre notre course », a souligné Dumontier, en rappelant qu’il disposait d’un contrat valide avec la Formule 1 jusqu’en 2029.

Rupture de contrat et perte du Grand Prix

« Il faudra éviter qu’éventuellement survienne un bris de contrat, a poursuivi le patron d’Octane Management. Quand j’entends les commentaires de Chase Carey selon lesquels il s’attend à voir des spectateurs dans les gradins l’an prochain, je me dis que ce ne sera probablement pas possible de le faire dans certains pays. »

Selon les décisions qui seront prises par les gouvernements, il va falloir s’assurer de tenir les discussions nécessaires pour qu’on ne perde pas le Grand Prix du Canada. Il ne faut pas que la Formule 1 décide de présenter une autre course ailleurs [qu’à Montréal].

François Dumontier

Le Grand Prix du Canada n’a pas été présenté pour diverses raisons en 1987, 2009 et 2020.

Dumontier a rappelé que certains pays et certaines épreuves ont fait leur entrée au calendrier en 2020 à cause de la pandémie. Et que certains Grands Prix ont été présentés devant des spectateurs, dont ceux de Russie, à Sotchi, de Mugello, en Italie, et du Portugal, à Portimao. Des leviers dont pourrait se servir Carey dans ses négociations avec les organisateurs.

« Ce qui est bien important dans mon cas, et pour toute la communauté, c’est qu’il faut qu’on protège les années subséquentes du contrat », a-t-il répété.

Quant au fait que le Grand Prix du Canada dispose d’une réputation enviable auprès des dirigeants de la Formule 1, tout comme le Grand Prix de Monaco, Dumontier ne se berce pas d’illusions.

« Oui, Montréal fait partie des Grands Prix favoris [de la série], mais la business, c’est de la business », a-t-il résumé.

L’incertitude perdure

À ce sujet, Dumontier n’a pas voulu trop s’avancer sur la présence ou non de spectateurs sur le site du Grand Prix du Canada en 2021. Mais une chose est certaine, s’il doit se tenir à huis clos, alors le gouvernement devra intervenir.

« C’est évident que pour moi, pour que ce soit viable, il va falloir qu’il y ait un certain nombre de spectateurs [en 2021]. Si ça devait être à huis clos, ce qui n’est pas exclu, alors il faudra que j’aie une discussion avec les autorités locales pour recevoir une certaine aide financière. »

Dumontier est aussi demeuré très évasif quant à savoir à quel moment il compte mettre les billets du Grand Prix du Canada de 2021 en vente, et il s’est également gardé d’en préciser le nombre.

« C’est impossible de répondre à ça. Ça me prendrait une boule de cristal. Ce qui va influencer ça, ce seront les décisions de la Direction de santé publique. Pour le moment, même si le calendrier est sorti, nous ne mettrons pas nos billets en vente. Et ça ne viendra pas en 2020 », a-t-il dit.

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

François Dumontier

Évidemment, ces délais signifient que Dumontier et son organisation disposeront de moins de temps pour écouler les billets en vue du Grand Prix du Canada de 2021. Ce qui pourrait limiter sa capacité à les écouler.

« C’est vrai, mais il faut vivre avec la situation actuelle », a-t-il simplement admis.

Le coup d’envoi de la saison 2021 sera donné en Australie le 21 mars, et elle se terminera au début de décembre à Abou Dhabi. Une nouvelle course fait son apparition à Djeddah, en Arabie saoudite.

Une date reste à confirmer à la suite de l’annulation du Grand Prix du Viêtnam, le 25 avril, tandis que les courses en Espagne (Barcelone, 9 mai) et au Brésil (São Paulo, 14 novembre) ont un astérisque à côté de leur date puisqu’il reste à finaliser des détails avec les promoteurs locaux.

Le Grand Prix des Pays-Bas fait un retour pour la première fois depuis 1985, après avoir été annulé cette année, et il est prévu le 5 septembre.

Calendrier provisoire de la Formule 1 en 2021
21 mars – Australie (Melbourne)
28 mars – Bahreïn (Sakhir)
11 avril – Chine (Shanghai)
25 avril – À confirmer
9 mai – Espagne (Barcelone)*
23 mai – Monaco (Monaco)
6 juin – Azerbaïdjan (Bakou)
13 juin – Canada (Montréal)
27 juin – France (Le Castellet)
4 juillet – Autriche (Spielberg)
18 juillet – Royaume-Uni (Silverstone)
1er août – Hongrie (Budapest)
29 août – Belgique (Spa)
5 septembre – Pays-Bas (Zandvoort)
12 septembre – Italie (Monza)
26 septembre – Russie (Sotchi)
3 octobre – Singapour (Singapour)
10 octobre – Japon (Suzuka)
24 octobre – États-Unis (Austin)
31 octobre – Mexique (Mexico)
14 novembre – Brésil (São Paulo)*
28 novembre – Arabie saoudite (Djeddah)
5 décembre – Abou Dhabi (Abou Dhabi)