(Monza) Les Renault de Formule 1 s’appelleront l’an prochain Alpine et le bleu-blanc-rouge remplacera le jaune et noir, a annoncé dimanche le nouveau PDG du constructeur français, Luca de Meo.

Jean-Louis Doublet
Agence France-Presse

« Nous allons courir sous le nom Alpine avec des couleurs tricolores », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse en marge du Grand Prix d’Italie de F1 à Monza, qualifiant cette évolution de « grand changement ».  

Lui-même italien et passé entre autres par Volkswagen et Fiat, le nouveau patron de Renault a décidé de frapper un grand coup avec ce nouveau nom qui recouvre un changement de stratégie de Renault, actuellement en grandes difficultés.

La marque Alpine est célèbre dans l’histoire du sport automobile français et international pour s’être assuré de nombreux succès, notamment en rallye dans les années 1970.

Le premier Championnat du monde des rallyes en 1973 a notamment été remporté par une « berlinette » Alpine.

« La marque Alpine a un côté nostalgique, mais nous voulons regarder vers l’avenir », a précisé Luca de Meo.

« Renault est présent en F1 depuis 43 ans et le nom restera sur les moteurs », a-t-il toutefois précisé, en ajoutant que Cyril Abiteboul, actuel responsable de l’écurie Renault de F1, conservera ses fonctions qui seront élargies à l’ensemble du groupe Alpine.

Retour d’Alonso

Tout juste arrivé à la tête du constructeur français, il avait annoncé mercredi une réorganisation du groupe autour de quatre marques pour viser une meilleure qualité des produits et des marges plus élevées.

« Nos activités dans les sports mécaniques seront placées sous le nom Alpine pour assurer leur pérennité », a-t-il souligné dimanche.

L’Espagnol Fernando Alonso, double champion du monde avec Renault en 2005 et 2006, va faire son retour l’an prochain en F1 avec Renault qui portera donc le nom d’Alpine. L’autre pilote est le jeune Français Esteban Ocon.

« Alonso est une marque en lui-même, il représente un actif très important », a affirmé Luca de Meo en lançant : « il faut gagner dimanche et vendre lundi » et pour cela « nous voulons voir des résultats ».  

L’écurie Renault n’est pas encore montée sur un podium de F1 depuis son retour en 2016. Ses moteurs équipent actuellement également les McLaren, mais cette collaboration doit prendre fin à partir de 2021.

PHOTO MIGUEL MEDINA, AGENCE FRANCE-PRESSE

Daniel Ricciardo au volant d’une Renault.

Un nouveau règlement sur la conception des F1 doit entrer en vigueur en 2022 et un plafonnement progressif des dépenses autorisées sera introduit à partir de 2021.

« Redresser le groupe »

Cette nouvelle réglementation « nous donne une bonne chance de nous porter au même niveau » que nos concurrents, a estimé le PDG, confirmant que l’engagement du groupe français en F1 était garanti pour plusieurs années.

Fondée en 1954 par Jean Rédelé, Alpine était passée sous le contrôle de Renault en 1973. Un modèle sportif actuellement fabriqué par Renault porte ce nom.

« Alpine a toujours été un grand nom du sport automobile », a souligné dimanche Jean Todt, le président de la Fédération internationale de l’Automobile (FIA) en se félicitant de ce changement de nom. Il avait lui-même été co-pilote chez Alpine dans les années 1970 aux côtés de Jean-Pierre Nicolas.  

Les usines Alpine sont situées à Dieppe, mais Renault F1 est installée sur deux sites : à Enstone (Grande-Bretagne) pour la fabrication des châssis et à Viry-Châtillon, près de Paris, pour les moteurs.

Il n’est pas pour le moment question de changer cette structure, a précisé le PDG du groupe.

Interrogé sur le danger de ce changement de nom alors qu’Alpine reste une marque à la diffusion confidentielle, Luca de Meo a répondu : « nous existons en tant que Renault depuis 120 ans. Je ne pense pas que nous souffrons d’un manque d’identification dans le grand public ».

« Mon but est de redresser le groupe et je ne veux pas que la F1 devienne un fardeau pour l’ensemble du système », a-t-il conclu.