(Montréal) François Dumontier n’a pas caché qu’il aurait aimé recevoir plus de soutien de la part des divers paliers de gouvernement, alors qu’il tentait d’assurer la présentation du Grand Prix du Canada de Formule 1 en 2020.

Alexandre Geoffrion-McInnis
La Presse canadienne

En ce sens, il a notamment reproché lors de la conférence de presse annonçant l’annulation de l’épreuve, vendredi, qu’il n’avait toujours pas reçu de nouvelles des gouvernements locaux concernant son plan.

« Pour le moment, on sait que l’interdiction des évènements sportifs ou culturels est valide au Québec jusqu’au 31 août. Est-ce que ce sera prolongé ? On ne le sait pas encore, a-t-il dit.

Ce que je trouve dommage, c’est que nous avons travaillé pendant des semaines sur un plan, étoffé, après avoir consulté les plans d’organisations américaines et européennes, mais que nous n’avons reçu aucun accompagnement local pour le faire.

François Dumontier, promoteur du GP du Canada

Plus tôt cette semaine, l’organisation responsable de la présentation de l’Indianapolis 500, qui se déroulera à la fin du mois d’août, avait notamment dévoilé son plan sanitaire de 95 pages. Dans celui-ci, on mentionnait que les gradins – qui comptent un total de 350 000 sièges – ne seraient remplis qu’à 25 % de leur capacité lors de l’évènement, et que les spectateurs devraient tous porter un couvre-visage, sans exception.

Des mesures qui étaient envisageables pour Dumontier, même s’il aurait préféré avoir des gradins remplis à pleine capacité autour du circuit Gilles-Villeneuve cet automne.

« Ce que je déplore, c’est qu’en date d’aujourd’hui, personne ne m’a rappelé pour me dire que le plan était bon ou non, pour faire des recommandations ou pas. Et ceci va ajouter à l’occasion ratée », a-t-il confié.

Retombées fiscales perdues

Le patron d’Octane Management a également laissé entendre que l’administration de la mairesse Valérie Plante n’avait pas remué ciel et terre afin de venir en aide au plus grand évènement sportif au pays, en termes de retombées économiques. En 2010, le ministère des Finances du Québec prévoyait d’ailleurs que les retombées fiscales du Grand Prix de Montréal seraient de l’ordre de 18 millions.

Mais tout ça, c’est du passé. Les problèmes de la métropole, présentement, sont bien réels, a-t-il rappelé.

« Encore cette semaine, les gens parlent des difficultés du centre-ville de Montréal – il n’y a pas d’activités, les hôtels sont pratiquement vides –, et je crois qu’une course en octobre aurait pu remettre Montréal sur la map. La F1 se déplace avec tout de même 2000, 2200 personnes chaque week-end de course, donc c’est 2200 chambres d’hôtel qui auraient pu être louées pendant ce temps-là. Ç’aurait été une belle occasion de faire la promotion de Montréal », a-t-il dit.

Interrogé sans relâche sur l’offre des divers paliers de gouvernement pour venir en aide à son organisation pendant la pandémie, Dumontier a confirmé qu’Ottawa et Québec avaient présenté une offre. Quant à Montréal, il a simplement rétorqué : « vous leur demanderez, à quelqu’un du niveau municipal ».

« Elle (l’offre) était néanmoins nettement insuffisante pour couvrir les coûts de transport », a-t-il mentionné, en précisant qu’ils étaient de l’ordre d’une dizaine de millions de dollars cette année en raison de la pandémie de la COVID-19.

Quant à savoir si le Grand Prix du Canada retrouvera sa place habituelle au calendrier de 2021, c’est-à-dire au début du mois de juin, Dumontier est demeuré évasif.

« J’espère que la situation va s’améliorer avec un vaccin, ou un médicament. Oui, c’est 2021, mais il va falloir que tout le monde collabore. Si les frontières restent fermées pendant un an, on reviendrait à la même situation. Ce n’est pas ce qu’on souhaite », a-t-il conclu.