(Washington) L’enquête du FBI ouverte après la découverte d’un nœud coulant dimanche dans le garage de Bubba Wallace à Talladega, en Alabama, a déterminé que le seul pilote noir titulaire en NASCAR n’avait « pas été la cible » d’un acte raciste, a annoncé le championnat automobile américain mardi.

Agence France-Presse

Le FBI a conclu, grâce à des preuves photographiques, que « la corde accrochée à la porte du garage en forme de nœud coulant avait été placée là dès l’automne dernier », a expliqué la NASCAR dans un communiqué.

« L’enquête a prouvé, grâce à une vidéo authentifiée par la NASCAR, que le nœud était dans le garage numéro 4 dès octobre 2019 », a confirmé la police fédérale américaine, qui avait envoyé 15 agents au circuit de Talladega.

« Nous sommes reconnaissants au FBI pour son enquête rapide et profonde et sommes heureux d’apprendre que ce n’était pas un acte raciste intentionnel contre Bubba », a ajouté la NASCAR.

La découverte dimanche de cette corde avait provoqué un vif émoi, dans un contexte de tensions raciales aux États-Unis. Les cordes en forme de nœud coulant rappellent les lynchages visant les populations noires aux États-Unis pendant les périodes esclavagiste et ségrégationniste.

« Cela ne me brisera pas », avait déclaré Bubba Wallace. « Je ne renoncerai pas, et je ne reculerai pas ».

Les autorités fédérales s’étaient emparées de l’affaire.

« Symbole de haine »

L’ensemble du monde de la NASCAR, un sport très populaire parmi les conservateurs blancs du Sud américain, avait apporté son soutien à Wallace, dont la voiture avait été poussée par les pilotes jusqu’à la ligne de départ avant la course.

Après l’annonce des conclusions du FBI, Bubba Wallace a déclaré mardi soir à la chaîne de télévision CNN que ce qu’il avait vu était bien une corde en forme de nœud coulant, qu’il ait été visé ou pas.

« L’image que j’ai vue de ce qui pendait dans mon garage n’était pas une poignée de porte de garage », a dit le pilote. « Ce n’était pas dirigé contre moi, mais quelqu’un a fait un nœud coulant ».

Il y a deux semaines, toujours dans la foulée de la mort de George Floyd, la NASCAR avait annoncé qu’elle interdisait les drapeaux confédérés, que l’on pouvait retrouver brandis à ses courses dans le public.

Exhiber ce drapeau « va à l’encontre de notre engagement à fournir un environnement accueillant et inclusif » aux admirateurs et aux concurrents, avait expliqué l’instance organisatrice de ce championnat automobile.

« C’est un symbole de haine, et ça me rappelle tellement de mauvais souvenirs. Il n’y a rien de bon avec ce drapeau », avait expliqué Bubba Wallace, 26 ans, sorti d’un relatif anonymat ces dernières semaines en exprimant son indignation après la mort de George Floyd. Ce dernier est décédé lors de son interpellation par un policier blanc à Minneapolis le 25 mai.

Avant que Wallace ne gagne un volant en 2017, il n’y avait plus eu de pilote noir depuis onze ans dans la catégorie. Et il n’y en a eu qu’une poignée après Wendell Scott, le premier à courir en NASCAR (1961-1973) et le seul à y avoir décroché une victoire, en 1963 à Jacksonville (Floride).  

À 16 ans, il a intégré le programme « Drive for Diversity » de la NASCAR, qui offre des opportunités aux pilotes issus des minorités, et s’est frayé un chemin jusqu’en élite, au sein de l’écurie du légendaire Richard Petty. Non sans encaisser sur le chemin des insultes racistes.

Floqué du N.43, il a terminé deuxième du prestigieux Daytona 500 en 2018. Son meilleur résultat à ce jour.