Qui - et quoi - surveiller pendant le Grand Prix de France, 8e manche du Championnat du monde de Formule 1, dimanche au circuit Paul-Ricard, à 40 km de Marseille, près du village du Castellet, en Provence.

Publié le 21 juin 2018
AGENCE FRANCE-PRESSE

Cocorico !!! Trois cousins chez eux

Romain Grosjean a fait ses débuts dans la catégorie reine en 2009, soit un an après le dernier GP de France.

Il va enfin connaître à 32 ans le plaisir de courir à domicile en F1. Le pilote Haas pourrait pourquoi pas inscrire son premier point cette saison au Castellet.

Même si les incertitudes sur l'avenir de Force India continuent, Esteban Ocon est lui bien revenu au classement après un début difficile.

Et Pierre Gasly (Toro Rosso) tentera de s'emparer de la 10e place du classement des pilotes, appartenant actuellement au Danois Kevin Magnussen, coéquipier de Grosjean.

Romain Grosjean. Photo AP

Red Bull, après son divorce avec Renault

Red Bull va donc divorcer de Renault après douze ans de relation pour épouser Honda l'an prochain.

Mais pas question pour autant de privilégier le développement à haut risque de la voiture de la saison à venir au détriment de celui de la monoplace actuelle. «Nous sommes concentrés sur 2018, avec une chance importante de bien figurer dans les deux championnats», assure le directeur général Christian Horner. «Nous avons remporté deux Grand Prix jusqu'ici, nous sommes troisième chez les constructeurs, et il y a encore un long chemin à accomplir», rappelle-t-il.

L'écurie basée à Milton Keynes, en Angleterre, n'a pas le même fournisseur d'essence et d'huile que Renault et cela complique apparemment l'adoption de la dernière spécification en date du moteur de la marque au losange. Ce problème ne devrait pas être résolu en France, ce qui pourrait diminuer les espoirs de victoire.

Christian Horner reste concentré sur la saison 2018, même en compagnie du mannequin Bella Hadid avant le GP de Monaco le 27 mai. Photo Reuters

Renault jouera à domicile... et devant le patron

La seule écurie française du plateau aborde le premier GP organisé dans l'Hexagone depuis 2008 avec la question épineuse de la poursuite de sa collaboration avec Red Bull, enfin tranchée.

Son patron, Cyril Abiteboul, n'est pas mécontent en réalité de ne plus être motoriste de Red Bull en 2019 : il pourra se concentrer sur Renault F1 et peut-être faire regretter son choix à son futur ex-partenaire. 

Quatrième au classement des constructeurs mais à bonne distance de Mercedes, Ferrari et Red Bull, Renault est à la bagarre avec McLaren, un autre de ses clients. Si l'objectif de lutte pour le titre en 2020 reste toujours d'actualité, Abiteboul aimerait sans doute, dans un premier temps, que son duo de pilotes composé de Nico Hülkenberg et Carlos Sainz Jr termine ensemble dans les points dimanche, comme lors des deux précédentes courses. Surtout que le patron de Renault, l'exigeant Carlos Ghosn, veut une progression vers le haut et sera sans doute présent pour voir comment avance son investissement dans la F1.

Carlos Ghosn, le patron de Renault descend d'un coupé sport Alpine A110 avec le ministre des Finances Bruno Le Maire avant l'inauguration d'une chaîne de montage à l'usine Renault de Dieppe, en Normandie le 14 décembre 2017. Photo Reuters

Red Bull (surtout Daniel Ricciardo) a le moteur Honda à l'oeil

Avec l'engagement de Red Bull pour 2018 et 2019, les performances du moteur Honda équipant les Toro Rosso seront encore davantage scrutées qu'elles ne l'étaient déjà à chacune des 14 courses qu'il reste à disputer cette saison.

Le bloc propulseur du motoriste nippon est bien plus solide que celui qui équipait l'an passé les McLaren (ce qui n'est pas difficile). 

Mais son déficit chronique de vitesse de pointe semble également en voie d'être réglé : «Nous sommes arrivés à la conclusion que Honda a fait de gros progrès au niveau de la performance et de la fiabilité», indique Christian Horner. 

«Il s'agit d'une pression et d'une responsabilité immenses pour nous», admet Masashi Yamamoto, directeur général de la division sports mécaniques de Honda. 

L'Australien Daniel Ricciardo, en fin de contrat chez Red Bull, sera évidemment attentif aux résultats de l'écurie soeur, avant de décider de son avenir.

Daniel Ricciardo doit décider s'il reste avec Red Bull l'an prochain. La performance du moteur Honda avec l'écurie-soeur Toro Rosso aura un impact sur son choix. Photo AP

Ah, les pittoresques (petites) routes de Provence...

Pour son retour au calendrier, le circuit du Castellet, qui n'a pas accueilli de course de F1 depuis 1990, doit prouver qu'il répond aux normes les plus modernes.

À l'époque, le transfert du GP de France vers Magny-Cours avait été facilité par l'aspect un peu désuet de la structure créée par Paul Ricard, le magnat des spiritueux en 1970. 

Devenu principalement un circuit d'essais et de tests, il abrite également une école de pilotage. 

Dès la confirmation en décembre 2016 du retour du GP de France au circuit éponyme de Paul Ricard, les organisateurs se sont penchés sur l'épineux problème des accès.

Les petites routes provençales font craindre de gros bouchons et la décision de limiter à 65 000 le nombre maximum de spectateurs dimanche relève d'une prudence assez élémentaire.

Les petites routes de Provence sont magnifiques. Mais on craint des bouchons lors du GP de France. Photo Jean-Marc Charron-Aubin, La Presse.