Peu de pilotes sont aussi sympathiques et avenants que Fernando Alonso. Toujours souriant, polyglotte, spectaculaire... et toujours aussi populaire à Montréal, où il a gagné en 2006. Comment oublier son bain de foule improvisé l'année dernière, à l'endroit où sa voiture avait rendu l'âme ?

Publié le 9 juin 2018
Jean-François Tremblay
Jean-François Tremblay LA PRESSE

Peu de pilotes également ont un palmarès aussi étoffé que l'Espagnol, avec ses deux titres de champion du monde. À tel point que l'on sent, parfois, que sa tête est ailleurs qu'en F1. L'an dernier, juste avant le Grand Prix du Canada, il roulait à l'Indy 500. Cette année, il cumule les doubles fonctions de pilote de F1 et d'Endurance, malgré les aléas du calendrier.

Par exemple, le week-end prochain, congé en F1, il participera aux mythiques 24 Heures du Mans. Le week-end suivant, il retrouvera son écurie McLaren pour le Grand Prix de France. Les repos seront très rares, et très courts, durant l'été.

« Je vais pratiquer mon français, s'est réjoui le pilote au sujet de ses trois courses d'affilée en territoires francophones. C'est un défi. Pour les fuseaux horaires, le calendrier, les déplacements, les simulateurs hors piste, la préparation. »

« C'est beaucoup de travail, mais j'aime conduire. Maintenant, je course chaque week-end ! »

- Fernando Alonso

Alonso s'est familiarisé avec la piste des 24 Heures du Mans la semaine dernière, pendant un rare moment libre. Déjà, sa saison d'Endurance est bien commencée, avec un triomphe à Spa-Francorchamps, en Belgique, en début de calendrier.

Photo Bernard Brault, La Presse

Fernando Alonso disputera à Montréal le 300e Grand Prix de F1 de sa carrière.

«La moitié de ma vie»

Alonso disputera à Montréal le 300e Grand Prix de F1 de sa carrière. « La moitié de ma vie », rappelle le pilote de 36 ans. Il terminera la saison à 314. La saison prochaine, il pourrait donc battre le record de 326 de Rubens Barrichello. Quand on évoque cette marque, sa réaction laisse planer le doute sur son avenir en F1.

« Quand Rubens est parti, j'ai cru que ce record était inaccessible. Peu de gens peuvent courir autant d'épreuves sans être trop fatigués, surtout en trouvant toujours une équipe pour le faire. À la fin de cette saison, je serai deuxième dans l'histoire. Je vais en parler à Rubens, et s'il me fait une offre pour garder le record, je vais écouter. »

Sous le couvert de l'humour, on comprend, peut-être, qu'il a tourné la page sur la F1. Ses diverses passions, cette volonté d'acquérir la triple couronne du sport automobile (GP de Monaco, Indy 500 et 24 Heures du Mans) pourraient l'éloigner de la discipline reine, où il a déjà tout gagné.

La question de relance, plus directe cette fois : « Pouvez-vous confirmer votre retour en F1 l'an prochain ? »

« Je ne sais pas. On verra. »