L’Institut de sport Dynastie, de Saint-Jean-sur Richelieu, rejoint The Grind Session, une prestigieuse ligue qui rassemble des dizaines de grandes prep schools de l’Amérique du Nord.

Katherine Harvey-Pinard
Katherine Harvey-Pinard La Presse

Les joueurs de l’Institut de sport Dynastie auront une motivation additionnelle en vue de la prochaine saison. Deux ans après avoir vu le jour, le programme a été accepté au sein de la prestigieuse ligue américaine The Grind Session. Une première pour une formation québécoise.

En janvier, La Presse racontait l’histoire de l’Institut de sport Dynastie, le premier établissement francophone privé et indépendant en Amérique du Nord. Situé à Saint-Jean-sur-Richelieu, il forme la jeune élite francophone du basketball afin de l’aider à percer dans le sport et à obtenir des bourses universitaires.

Jusqu’à maintenant, l’Institut évoluait au sein de la ligue pancanadienne National Preparatory Association (NPA), participant à quatre évènements – aussi appelés sessions – par année. En se joignant à The Grind Session, Dynastie ajoutera 6 évènements aux États-Unis à son calendrier, pour un total de 10 entre novembre et mars. Il sera donc en action une fin de semaine sur deux.

Ladite ligue est composée de plusieurs dizaines de grandes prep schools de l’Amérique du Nord.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

Alexandre Victor

On parle de plus de 150 coachs universitaires qui sont là à chaque évènement. Pour nos jeunes, c’est énorme. Souvent, quand des coachs recrutent nos jeunes, ils ne savent pas quel est le niveau de compétition. Dans cette ligue-là, si nos jeunes performent, ils peuvent mieux évaluer leur talent.

Alexandre Victor, président de l’Institut de sport Dynastie

Plus de 1800 joueurs ont évolué dans les rangs universitaires ou professionnels après leur passage dans ce circuit. Entre autres, Luguentz Dort, DeAndre Ayton et LaMelo Ball. Pour y être accepté, l’Institut a dû passer par un processus de sélection rigide.

« Il faut que tu montres ta valeur, que tu as les joueurs et une méthodologie pour avoir une pérennité, explique Alexandre Victor. Au Québec, on est 8 millions d’habitants, donc c’est quoi, notre plan, pour s’assurer qu’on ait assez de talent chaque année, notre structure d’entreprise et financière, notre équipe d’entraîneurs… Il faut plus qu’être bon au basket. »

Dépenses supplémentaires

L’Institut Dynastie participera donc à des évènements au Minnesota, à Phoenix, en Floride et à New York. Logiquement, ces déplacements engendreront des coûts supplémentaires. Alexandre Victor indiquait en janvier qu’il se donnait « trois ans de pertes conséquentes ». « Après on essaie d’équilibrer. »

« Oui, c’est de l’argent supplémentaire qu’on va devoir dépenser, mais aussi, je pense que c’est beaucoup plus inspirant pour des entreprises, fait-il valoir. Notre philosophie, c’est qu’on veut voir grand pour inclure tout le monde dans notre rêve. »

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

Alexandre Victor, président de l’Institut de sport Dynastie, parle d’un risque financier qui vaut la peine d’être tenté : « C’est un pari, mais nos jeunes sont ambitieux, donc il faut qu’on le soit, nous aussi. »

L’Institut, qui souhaite « porter le flambeau de la francophonie », est donc en processus actif de recherche de partenaires.

« C’est un pari, mais nos jeunes sont ambitieux, donc il faut qu’on le soit, nous aussi. Il faut qu’on soit prêts à mettre les bouchées doubles. C’est du travail. Le stress augmente un peu parce que tu viens d’augmenter le budget de 50 000 $ pour l’année. Il faut qu’on soit capables de trouver ces fonds-là à travers des collectes de fonds, des commanditaires, différentes manières… »

Un rêve devenu objectif

L’Institut Dynastie compte actuellement 14 joueurs. L’an prochain, ce sera 20. Il formera donc une « équipe A » et un « groupe de développement », fait savoir Alexandre Victor.

Aux dires de ce dernier, le niveau de motivation et d’engagement des jeunes à l’entraînement a déjà augmenté, depuis qu’ils ont appris que l’équipe rejoignait The Grind Session.

Quand tu donnes aux joueurs une occasion comme ça, le rêve se transforme en objectif parce qu’ils sentent qu’ils ont la piste de course pour se faire voir, pour performer.

Alexandre Victor.

« Quand c’est un rêve qui est lointain, ajoute-t-il, te lever à 6 h le matin et faire les extras, c’est difficile parce que tu ne vois même pas comment tu vas te rendre à ton objectif. Quand c’est vraiment un objectif précis qu’ils peuvent atteindre, on voit que les jeunes augmentent leur discipline, sont plus réceptifs au coaching, plus prêts à faire des sacrifices. »

Il a bon espoir que l’équipe saura faire sa place et bien faire au sein de la ligue, même si son groupe de joueurs sera un peu plus jeune l’an prochain.

« Je suis très confiant, dit-il. Si je regarde nos jeunes, il y en a au moins sept ou huit qui vont avoir une bourse universitaire, selon moi. Le potentiel est là. »

« Il y a quelques équipes qui sont hors pair dans le circuit contre qui ça va être vraiment difficile, mais je pense qu’on ne va pas être dans le bas de peloton, ajoute-t-il. On va être dans le milieu de peloton et on va se battre pour monter. »