(Los Angeles) Le président des Raptors de Toronto, Masai Ujiri, a dénoncé le racisme dont il a été victime de la part d’un shérif adjoint, en juin 2019, tout juste après le sacre de son équipe contre les Warriors du Golden State en finale de la NBA.

Agence France-Presse

« La vidéo montre malheureusement à quel point j’ai été horriblement traité par un agent des forces de l’ordre l’an dernier », a déclaré Ujiri dans un communiqué jeudi, deux jours après la diffusion d’images attestant qu’il n’était pas l’agresseur, mais l’agressé lors de cette altercation.

Sur cet enregistrement, provenant d’une caméra corporelle, on voit le dirigeant des Raptors se frayer un chemin vers le parquet de l’Oracle Arena d’Oakland, en Californie, tentant de rejoindre les joueurs des Raptors pour célébrer le titre avec eux.

À ce moment-là, le shérif adjoint du comté d’Alameda, Alan Strickland, l’attrape par sa veste de costume, le repousse et lui crie de reculer. Après un échange de mots, Ujiri, bien que brandissant son accréditation, est de nouveau repoussé avec plus de force, avant de lui-même repousser l’adjoint du shérif, en lui martelant qu’il est « le président des Raptors ».

« Ce fut un moment de réussite exaltant pour notre club, pour nos joueurs, pour notre ville et pour moi […]. Pourtant, malheureusement, on m’a rappelé à ce moment-là […] qu’il y a certaines personnes, y compris celles qui sont censées nous protéger, qui verront toujours et seulement en moi une personne qui n’est pas digne d’être traitée avec respect », a écrit Ujiri.

« Et il n’y a qu’une seule raison indiscutable à cela : c’est parce que je suis noir », a-t-il déploré.

Sa plainte fait office de contre-attaque puisqu’il a, le premier, fait l’objet d’une plainte de la part d’Alan Strickland en février, lequel affirme qu’Ujiri l’a agressé, lui causant des blessures corporelles et psychologiques durables.

Dans son dossier déposé au tribunal de district d’Oakland, il accuse notamment Strickland d’avoir falsifié son rapport, tentant de dépeindre Ujiri comme « l’agresseur initial et un individu intrinsèquement violent ».

« Ce qui m’attriste le plus dans cette épreuve, c’est que j’obtiens la justice que je mérite seulement grâce à mon succès. Parce que je suis président d’une équipe de la NBA, j’ai eu accès à des ressources qui m’ont permis de me battre », a déploré Ujiri.

« Tant de mes frères et sœurs n’ont pas eu et n’ont toujours pas accès à ces ressources… C’est pourquoi “Black Lives Matter” », a-t-il conclu en invoquant le mouvement de lutte contre l’injustice raciale.